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MÉZIERE, HENRY-ANTOINE
(Pseud.: Aussi Henri)
(1771-après 1819).

Journaliste, né à Montréal.

Il fait ses études au Collège de Montréal (1782-1788). A sa sortie, il s'associe à l'imprimeur-libraire Fleury Mesplet chez qui il apprend à apprécier les principes républicains. Il travaille à la Gazette de Montréal où il publie ses premiers textes. A l'été de 1791, il est nommé secrétaire de la Montreal Society United for Free Debate. La même année, il aurait rédigé une brochure politique publiée sous le titre de La Bastille septentrionale, réquisitoire contre l'emprisonnement de trois jeunes de Trois-Rivières.

En mai 1793, il quitte Montréal, se rendant à New York d'abord, puis à Philadelphie où il entre en contact avec Genêt, ambassadeur de la France républicaine aux États-Unis; il rédige à son intention deux mémoires sur la situation politique du Canada. En octobre de la même année, il part à bord d'un navire français ayant pour mission d'envahir le Canada, mais le projet n'est pas mis à exécution, et le navire retourne en France.

En 1794, Mézière prépare un Mémoire sur la situation du Canada qu'il présente à d'Albarède, Ministre de la Marine. Jusqu'à la restauration de la monarchie en 1815, il occupe divers postes dans l'administration à Bordeaux, ville natale de sa femme.

De retour en Amérique en 1816, il enseigne le français pendant quelques mois; la même année, le gouvernement du Bas-Canada lui permet de revenir à Montréal après lui avoir fait signer une déclaration de loyauté. En février 1817, il s'associe à Charles Pasteur, rédacteur du Spectateur canadien, mais l'association est de courte durée.

Le 1er août 1818, il lance une revue littéraire, L'Abeille canadienne, qui reproduit surtout des textes de revues françaises. Après le numéro du 15 janvier 1819, la revue disparaît. La même année, suite à l'insuccès de ses périodiques, il retourne à Bordeaux où sa femme vient d'hériter d'un oncle. On perd alors toute trace de Mézière.

Imbu des idées nouvelles inspirées par les encyclopédistes, Henri Mézière présente une image bien sombre de la situation politique du Canada à la fin du 18e siècle. Il aurait été un des rares à s'associer directement à l'oeuvre de la France révolutionnaire.

OEUVRES

La Bastille septentrionale, ou Les Trois sujets britanniques opprimés, Montréal, Fleury Mesplet, [1791?], 32 p. Préface de l'auteur. (Paru aussi dans Benjamin Sulte, Chevalier de Niverville, Mémoires de la Société royale du Canada, vol. 3, 1909, p. 43-72).

Articles

«A la jeunesse. Sur l'utilité de la science»  (poésie),La Gazette de Montréal, no 12, 20 mars 1788, p. 4.

«L'Amour de la patrie»  (poésie),La Gazette de Montréal, no 13, 27 mars 1788, p. 3-4.

«A l'imprimeur»  (lettre),La Gazette de Montréal, no 9, 4 mars 1790, p. 3-4. signée «Anonyme».

«Mémoire sur la situation du Canada et des États-Unis (janvier 1794)», Bulletin des recherches historiques, vol. 37, 1931, p. 193-201.

ÉTUDES

Mason Wade, «Quebec and the French Revolution of 1789; The Missions of Henri Mezières», Canadian Historical Review, vol. 31, no 4, 1950, p. 345-368.

Claude Galarneau, La France devant l'opinion canadienne, Québec, Presses de l'Université Laval, 1970, p. 52-53, 121-122, 174-179.

Claude Galarneau, «Henri-Antoine Mézière», Dictionnaire biographique du Canada, t. 5, 1983, p. 650-651.

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