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PAPINEAU, LOUIS-JOSEPH
(1786-1871).

Orateur, épistolier et homme politique, né à Montréal.

Il étudie au Collège de Montréal, puis au Séminaire de Québec de 1798 à 1804. Pendant ses deux années de philosophie, le jeune Papineau lit avec passion les livres d'histoire et les récits de voyage qu'il trouve à la Bibliothèque de Québec et dans la riche bibliothèque de son père, notaire, membre de l'Assemblée législative, un des chefs de file du parti canadien. Il fait sa cléricature chez son cousin Denis-Benjamin Viger et est admis à la pratique du droit en 1810. Il participe à la guerre de 1812 en qualité de capitaine.

Revenu à Montréal, il acquiert, en 1814, la maison de son père, rue Bonsecours, et, en 1817, la Seigneurie de la Petite-Nation (Montebello). En 1818, il épouse Julie Bruneau, fille de Pierre Bruneau, marchand et député de Québec.

Dès sa jeunesse, il s'intéresse à la politique active. Il se fait élire député de Kent à l'été de 1808 et, le 29 janvier 1809, date de l'ouverture du cinquième parlement, il commence une carrière politique qui durera près d'un demi-siècle: député de Kent (1809-1814) et de Montréal-Ouest (1814-1838) à l'Assemblée législative du Bas-Canada; député de Saint-Maurice (1848-1851) et des Deux-Montagnes (1852-1854) à l'Assemblée législative du Canada-Uni. Nommé président («orateur») de l'Assemblée en janvier 1815, il occupera ce poste jusqu'en 1838, date de la suspension de la constitution. Appelé au Conseil exécutif en 1820, il n'y siège qu'en 1823 et n'assiste qu'à cinq réunions, convaincu de ne pas pouvoir y jouer un rôle efficace.

En 1823, il part pour l'Angleterre en compagnie de John Neilson, pour présenter au gouvernement britannique les pétitions contre le projet d'union du Haut-Canada et du Bas-Canada. En 1827, le parti canadien devient le parti patriote dont le porte-parole est La Minerve, journal dirigé par Ludger Duvernay. A cause de son radicalisme et de ses discours enflammés, Papineau éloigne du parti patriote quelques-uns de ses fidèles tels Charles Mondeleten 1832 et John Neilson en 1833. L'année suivante, les 92 résolutions présentées à l'Assemblée divisent encore davantage les députés. La rupture entre le gouvernement et les Patriotes amène le mouvement insurrectionnel de 1837. Hésitant, Papineau s'enfuit aux États-Unis, puis il passe en France où il demeurera jusqu'en 1845.

Il rentre au pays après huit ans d'exil à la suite d'une amnistie décrétée par le gouvernement. Il sera encore député pendant six ans (1848-1854), fidèle à ses idées d'autrefois mais ne jouant plus qu'un rôle secondaire. Toujours farouchement opposé à l'Union, il entrevoit la possibilité d'une annexion aux États-Unis.

Anticlérical et résolument libéral, il est pourtant fortement attaché au système seigneurial. Révolutionnaire à plusieurs égards, il reconnaît cependant l'importance des institutions britanniques tel le parlementarisme. Malgré son nationalisme sincère, il reste dans sa pensée des incohérences et des ambiguïtés. Après une série d'altercations avec Hippolyte LaFontaine et Wolfred Nelson au sujet de sa fuite en 1837, Papineau renonce à la politique active et se retire à son manoir de Montebello où il vit paisiblement dans sa vaste et pittoresque seigneurie, jusqu'à sa mort survenue en 1871.

Il reste de lui l'image d'un personnage engagé, le plus dynamique de son époque. Pendant une cinquantaine d'années, il a participé à tous les mouvements d'idées qui avaient cours au Bas-Canada. Les journaux de l'époque contiennent de nombreuses interventions de Papineau. Sa correspondance, en majeure partie inédite, conservée aux archives de Québec, de Montréal et d'Ottawa, révèle un épistolier important.

Partout dans ses écrits - manuscrits, brochures, manifestes, articles de journaux - Papineau discute de la situation du Québec. Souvent contesté, il demeure l'homme clef dont l'esprit a fortement marqué la pensée politique québécoise de la première moitié du XIXe siècle.

Fernand Ouellet écrit à ce sujet: «S'il eut tendance à présenter son action sous le signe du désintéressement le plus absolu, du patriotisme le plus pur et de l'obéissance rigide à des principes sacrés, il n'était pas moins enclin à donner l'image du grand libéral démocrate en lutte contre l'obscurantisme, la corruption et l'oppression de colonisateurs réactionnaires et avides de s'enrichir. C'est pour cette cause qu'il aurait volontairement accepté de sacrifier sa tranquilité et son bonheur».

OEUVRES

Compte par recette et dépense, pour l'ouverture du chemin de communication, entre le faux-bourg Ste. Marie, et la côte de la Visitation, Montréal, Imprimé par Joseph Victor Delorme, 1817, 21 p.

Letter from J.L. [sic] Papineau and J. Neilson, Esqs. addressed to His Majesty's under secretary of state on the subject of the proposed union of the provinces of Upper and Lower Canada, London, Printed by W. Clowes, Northumberland-Court, 1824, 81 p.

Motions que Mr Papineau se propose [...] en amendement à la motion de Mr Taschereau pour «Qu'une aide soit accordée à Sa Majesté», [s.I., s.é.], 1824, [portefeuille].

Adresse à tous les électeurs du Bas-Canada par un loyal Canadien, Montréal, De l'imprimerie du Spectateur canadien, 1827, 27 p.; Réédition-Québec, 1968. (Édition en fac-similé de l'édition de 1827).

Speech of Louis J. Papineau Esqr. On the Hustings, at the Opening of the Election for the West Ward of the City of Montreal, on the 11th of August, 1827, and his Reply to Peter McGill, Esqr. to which are added the Speech of His Excellency the Earl of Dalhousie, Governor in Chief &c., &c., &c. to the House of Assembly on Proroguing the Provincial Parliament, 7th March, 1827, and the Address of Certain Members to their Constituents in consequence of that speech, &c., Montreal, Printed by Ludger Duvernay at the Office of the Canadian Spectator, 1827, 48 p. Préface du traducteur.

Address of the Hon. L. J. Papineau to the Electors of the West Ward of Montreal, Montreal, Fabre, Perreault & Co., 1834, 17 p.

Address to the House of Commons, London, 1st of March 1834, [s.l., s.é.], 1834, 14 p.

Aux honorables chevaliers, citoyens et bourgeois, les Communes du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et d'Irlande, assemblés en Parlement, Québec, [s.é.], 1834, 14 p.

[Les Quatre-vingt-douze résolutions proposées à la Chambre par Bédard, vendredi, 21 février 1834: suivies d'une discussion sur l'«État de la province», et d'une pétition «Aux honorables chevaliers, citoyens et bourgeois, les Communes du Royaume-Uni de la Grande Bretagne et d'Irlande assemblées en parlement»], [Québec?, s.é., 1834?], 24, [42], 14 p. (Signée L.-J. Papineau, samedi, I mars 1834).

Procédés de l'assemblée des électeurs [suivi de] Discours de L'Honorable L.-J. Papineau, prononcé à l'Assemblée du Comté de Montréal, tenue à Saint-Laurent le 15 mai 1837, Montréal, Imprimé par ordre du Comité central et permanent du Comté de Montréal, 1837, 20 p.

Histoire de l'insurrection du Canada par L.-J. Papineau, orateur de la ci-devant Chambre d'Assemblée du Bas-Canada en réfutation du rapport de Lord Durham. Première partie, Burlington, Vt., Publiée par Ludger Duvernay, à l'imprimerie du Patriote canadien, 1839, 35 p.; Montréal, Éditions d'Orphée, 1963, 74 p.; 1968, 70 p.; [Montréal], Leméac, 1968, 104 p. Introduction par Hubert Aquin; Montréal, Réedition-Québec, 1968, 35 p. (Édition en fac-similé de l'édition de 1839).

Adresse aux électeurs des comtés de Huntingdon et de St-Maurice, Montréal, [s.é.], 1847, 1 p.

Adresse de l'Honorable Louis-Joseph Papineau aux électeurs de la cité de Montréal, Montréal, [s.é.], 1851, 2 p. (Adresse du 24 nov. 1851).

Discours de l'Hon. Louis-Joseph Papineau à l'occasion du 23e anniversaire de la fondation de l'Institut canadien, 17 décembre 1867, Montréal, Le Pays, 1868, 20 p.

Papineau. Extraits de sa correspondance intime, Montréal, Gebhardt-Berthiaume, 1891, 25 p. Publié par A.D. DeCelles.

Catalogues of books. Being the Complete Library of Late Hon. L. J. Papineau. To Be Sold Without Reserve by Order of the Heirs at Public Auction, Commencing Saturday 4th March 1922 and Monday 6 March, Montréal, Fraser Bros., 1922, [n.p., 48 p.].

La Tête à Papineau, Montréal, Éditions Jean Lebel, 1958, 24 p.

Textes, Québec, Presses de l'Université Laval, 1959, 103 p. Ill. Choisis et présentés par Fernand Ouellet; 1970.

Articles

«Lettres de Louis-Joseph Papineau à Louis Guy (1823)», Bulletin des recherches historiques, vol. 34, no 2, 1928, p. 81-104.

«Lettre à Sir James McKentosh (1828)», Bulletin des recherches historiques, vol. 34, no 4, 1928, p. 236-241.

«Lettres à Robert Christie (1854-1856)», Bulletin des recherches historiques, vol. 34, nos 5-6, 1928, p. 296-317, 347-377.

«Lettre à Hector-S. Huot (1835)», Bulletin des recherches historiques, vol. 38, no 5, 1932, p. 282-293.

«Lettre à John Neilson (1828)», Bulletin des recherches historiques, vol. 38, no 7, 1932, p. 440-442.

«Lettre à John Neilson (1825)», Bulletin des recherches historiques, vol. 38, no 9, 1932, p. 574-576.

«Lettre à J.-J. Girouard (1855)», Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 6, no 4, 1953, p. 564-570.

«Lettres à sa femme (1820-1862)», Rapport de l'archiviste de la Province de Québec, 1953-1955, p. 187-442.

«Lettres à Pierre Margry (1852-1853)», Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 14, no 3, 1960, p. 441-450; aussi dans Lettres à Pierre Margry de 1844 à 1886, présentées par Ls. P. Cormier, Québec, Presses de l'Université Laval, 1968, p. 1-11.

«Lettre au ministre de la Marine (1843)», Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 17, no 4, 1964, p. 565-568.

«[Diverses lettres de Papineau et à Papineau]», Ruth L. White,Louis-Joseph Papineau et Lamennais. Le Chef des Patriotes canadiens à Paris, 1839-1845. Avec correspondance et documents inédits, Montréal, Hurtubise HMH, 1983, 643 p.

ÉTUDES

[Clément Charles Sabrevois de Bleury], Réfutation de l'écrit de Louis-Joseph Papineau, ex-orateur de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada, intitulé Histoire de l'insurrection du Canada, Montréal, Imprimerie de John Lovell, 1839, 136 p.

L.-A. Dessaulles, Papineau et Neilson; blanc et noir... Et la lumière fut faite, Montréal, Des Presses de l'Avenir, 1848, 83 p.

[Résumé impartial de la discussion Papineau-Neilson, sur les evénements de Saint-Denis en 1837], Montréal, [s.é.], 1848, 16 p.

L.-O. David, Les Deux Papineau, Montréal, E. Senécal & Fils, 1896, 120 p.

Alfred-D. DeCelles, Papineau 1786-1871, Montréal, Beauchemin, 1905, ii, 243 p.

Éva Circé-Côté, Papineau, son influence sur la pensée canadienne. Essai de psychologie historique, Montréal, Regnault, 1924, vii, 252 p.

Norah Story, «Papineau in exile», Canadian Historical Review, vol. 10, no 1, 1929, p. 43-52.

«Documents sur la famille Papineau», Bulletin des recherches historiques, vol. 39, no 7, 1933, p. 391-413.

Robert Rumilly, Papineau, Paris, Flammarion, 1934, 309 p.; Montréal, Valiquette, 1944, 281 p.

Lionel Groulx, «Les Idées religieuses de Louis-Joseph Papineau», Notre maître le passé, 2e série, Montréal, 1936, p. 167-212.

Montarville Boucher de la Bruère, «Louis-Joseph Papineau de Saint-Denis à Paris», Cahiers des Dix, vol. 5, 1940, p. 79-106.

Lionel Groulx, «L'Évolution de Papineau sous l'union», Notre maître le passé, 3e série, Montréal, 1944, p. 245-253.

«Bibliographie - Louis-Joseph Papineau 1786-1871», Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 1, no 1, 1947, p. 148-151.

Jean Bruchési, «Lettres d'un exilé (Papineau 1837-1839)», Cahiers des Dix, vol. 16, 1951, p. 63-82.

Lionel Groulx, «Papineau et le Péril irlandais 1848», Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 4, no 1, 1951, p. 512-520.

Bernard Dufebvre, «Un pamphlet et sa réfutation, Louis-Joseph Papineau et Sabrevois de Bleury», Revue de l'Université Laval, vol. 8, no 9, 1954, p. 820-828.

Jean-Jacques Lefebvre, «La Vie sociale du grand Papineau», Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 11, no 4, 1958, p. 463-516.

Fernand Ouellet, «Le Destin de Julie Bruneau-Papineau (1796-1862)», Bulletin des recherches historiques, vol. 64, no 12, 1958, p. 7-63.

Fernand Ouellet, «Papineau et la Révolution de 1837-1838», Canadian Historical Association Report, 1958, p. 13-34.

Fernand Ouellet, «Papineau et la Rivalité Québec-Montréal (1820-1840)», Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 13, no 3, 1960, p. 311-327.

Fernand Ouellet, Louis-Joseph Papineau: un être divisé, Ottawa, Canadian Historical Association, 1961, 24 p.

Lilian F. Gates, «A Canadian Rebel's Appeal to George Bancroft», New England Quaterly, vol. 41, no 1, 1968, p. 96-104.

Claude Thibault, «Papineau, Durham and the United States, 1838», Revue du Centre d'études du Québec, no 2, 1968, p. 2-12.

Roger Le Moine, «Un seigneur éclairé, Louis-Joseph Papineau», Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 25, no 3, 1971, p. 309-336.

Roger Le Moine, «Le Manoir de Monte-Bello», Asticou, no 9, 1972, p. 212.

Fernand Ouellet, «Louis-Joseph Papineau», Dictionnaire biographique du Canada, t. 10, 1972, p. 619-632.

Jean Éthier-Blais, «Le «Papineau» de Robert Rumilly», Le Devoir, vol. 69, no 47, 25 févr. 1978, p. 37 ; no 53, 4 mars 1978, p. 37.

Willie Chevalier, «Une grande étude historique sur Papineau», Le Devoir, vol. 70, no 209, 8 sept. 1979, p. 5.

Dominique Clift, «Louis-Joseph Papineau et l'Idée d'indépendance», Le Devoir, vol. 71, no 103, 8 mai 1980, p. 7.

Martial Dassylva, «A Saint-Eustache. Un petit «son et lumière» sur les patriotes», La Presse, 99e année, no 169, 23 juillet 1983, p. C-4.

Yvan Lamonde, «Papineau en exil», Le Devoir, vol. 74, no 286, 10 déc. 1983, p. 25.

Ruth L. White, Louis-Joseph Papineau et Lamennais. Le chef des Patriotes canadiens à Paris, 1839-1845 avec correspondance et documents inédits, Montréal, Hurtubise HMH, 1983, 643 p.

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