BAnQ - Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Collections

GUÈVREMONT, GERMAINE
[Pseud.: La Passante, La Femme du Postillon]
(1893-1968).

Romancière, conteuse et journaliste, née à Saint-Jérôme (Terrebonne), de l'écrivain Joseph-Jérôme Grignon (frère de Claude-Henri et d'Edmond, «Vieux Doc») et de Valentine Labelle (parente du célèbre curé Labelle).

Elle fait ses études chez les Soeurs de Sainte-Croix à Sainte-Scholastique, et chez les Soeurs de Sainte-Anne à Saint-Jérôme et à Lachine. Pendant une année de séjour à Toronto, elle étudie l'anglais et le piano au Loretto Abbey. Mariée à Hyacinthe Guèvremont en 1916, elle habite Ottawa pendant quatre ans, puis demeure à Sorel jusqu'en 1935.

Elle commence, en 1926, une carrière de journaliste comme correspondante du quotidien montréalais The Gazette, puis collabore au Courrier de Sorel, métier qu'elle abandonne en 1935, alors qu'elle se fixe à Montréal et travaille aux Assises criminelles. Elle retourne au journalisme en 1938 et publie dans la revue de Françoise Gaudet-Smet, Paysana (1938-1945), des interviews, des articles sur la culture et l'histoire, des contes et un roman-feuilleton, Tu seras journaliste. Elle collabore aussi à L'Oeil, La Revue moderne, La Revue populaire, Le Nouveau Journal.

En 1942 paraît En pleine terre, recueil de contes régionalistes dont la plupart se déroulent déjà dans le décor des îles de Sorel si important dans l'oeuvre de G. Guèvremont. C'est un demi-succès, et Alfred DesRochers lui suggère de s'essayer au roman. Elle publie Le Survenant en 1945 chez Beauchemin et chez Plon, à Paris. Cette fois, c'est la fête: elle reçoit le prix Duvernay en 1945, le prix David et le prix Sully-Olivier de Serres, de l'Académie française, en 1946; la critique est très louangeuse. «Écrivant dans un genre usé jusqu'à la corde, elle a réussi cette gageure de le renouveler entièrement», écrit Rita Leclerc. Marie Didace (1947) est un prolongement du Survenant. La traduction des deux livres reçoit le prix du Gouverneur général (1950), et répand la réputation de la romancière au Canada anglais, aux États-Unis et en Angleterre.

Germaine Guèvremont est élue à l'Académie canadienne française en 1949 et à la Société royale du Canada en 1961, et elle reçoit des doctorats honorifiques des universités Laval et d'Ottawa. En outre, elle a écrit des pièces, des contes et des adaptations pour la radio et la télévision, en particulier celle du Survenant qui passe à CKVL et CBF de 1952 à 1955, et est repris à CBFT de 1954 à 1957, et en 1959-1960. La romancière a commencé à écrire ses souvenirs, Le Premier Miel, dont deux chapitres ont paru dans Châtelaine et Le Devoir. Germaine Guèvremont reste un des meilleurs auteurs régionalistes du Canada français.

OEUVRES

«Tu seras journaliste»  (roman-feuilleton),Paysana, vol. 2 et 3, avril 1939 à octobre 1940 (18 épisodes).

En pleine terre. Paysannerie. Trois contes, Montréal, Les Éditions Paysana ltée, 1942, 159 p.; En pleine terre. Paysana, 1946, 157 p. Ill. de Cécile Chabot; Montréal/Paris, Fides, 1955, 127 p. Gravures sur linoléum de Maurice Petitdidier. «Rêve et vie»; 1957; Montréal, Les Éditions Fides, 1976, 140 p. Ill. de André Bergeron. «Goéland».

Le Survenant. Roman, Montréal, Éditions Beauchemin, 1945, 262 p.; Paris, Librairie Plon Les petits-fils de Plon et Nourrit, 1946, 246 p. «L'Épi»; 1948; 1954; 1955; Montréal/Paris, Fides, 1959, 198 p. Ill. «Nénuphar»; 1962, 286 p. «Alouette bleue»; Le Survenant, 1966, 248 p. «Bibliothèque canadienne-française»; Montréal, 198 p. Chronologie, bibliographie et jugements critiques. «Nénuphar»; 1968; Le Survenant. Roman, Toronto, Copp Clark Publishing Company, 1969, xvi, 283 p. Préface et introduction d'Anthony S. Mollico et Gilles P. Deslauriers. Édition scolaire préparée par Anthony S. Mollico et Gilles P. Deslauriers; Le Survenant, Montréal, Fides, 1970, 248 p. Précédé d'une chronologie, d'une bibliographie et de jugements critiques. «Bibliothèque canadienne-française»; Le Survenant. Roman, 1974, 213 p. Version définitive. «Nénuphar»; 223 p. Version définitive. Roman précédé d'une chronologie, d'une bibliographie et de jugements critiques. «Bibliothèque canadienne-française»; Le Survenant, 1977, [n.p., 93 p.]. Lithographie d'André Bergeron. (Tirage limité dans un portefeuille en bois recouvert de velours); 1982, 233 p. Chronologie, bibliographie et jugements critiques d'Aurélien Boivin. «Bibliothèque québécoise»; Montréal, Presses de l'Université de Montréal, 1989, 369 p. Édition critique établie par G. Yvan Lepage. «Bibliothèque du Nouveau Monde». Traduction anglaise de Le Survenant et de Marie Didace, par Eric Sutton: Monk's Reach, London, Evans Brothers Limited, 1950, 320 p.; The Outlander, Toronto, McGraw-Hill Company of Canada Limited, 1950, 290 p. «New Canadian Library»; New York/London/Toronto, McGraw-Hill Book Company, Whittlesey House; Toronto, McClelland and Stewart, 1978, xvii, 290 p. Introduction d'Anthony Mollico.

Marie Didace. Roman, Montréal, Éditions Beauchemin, 1947, 282 p.; Montréal/Paris, Fides, 1947, 210 p. «Nénuphar»; Paris, Plon, 1949, 241 p.; 1953, 282 p.; 1956, 210 p. Ill. «Nénuphar»; 1958; 1965; 1969; 1971; Marie Didace. Roman, Montréal, 1980, 229 p. Chronologie, bibliographie et jugements critiques d'Aurélien Boivin. «Bibliothèque québécoise». Traduit en anglais avec Le Survenant

Articles

«Du plomb dans l'aile», Cahiers de l'Académie canadienne-française, no 5, 1959, p. 69-75.

ÉTUDES

Roger Duhamel, «Le Survenant», L'Action nationale, vol. 26, sept. 1945, p. 64-68.

André Langevin, «Nos écrivains. Madame Germaine Guèvremont», Notre Temps, vol. 2, no 39, 12 juillet 1947, p. 1-3.

Marc-André Perron, «Marie Didace», L'Action nationale, vol. 30, no 4, déc. 1947, p. 313-317.

Bruno Lafleur, «Le Survenant et Marie Didace», La Revue dominicaine, vol. 54, no 1, janv. 1948, p. 5-19.

Jean-Marie Gaboury, «Triomphe féminin; deux romans de Germaine Guèvremont: Le Survenant. Marie Didace», Lectures, t. 4, no 2, mars 1948, p. 65-69.

Jean-Paul Pinsonneault, «Germaine Guèvremont, peintre de l'âme paysanne et poète terrien», Lectures, t. 10, no 3, nov. 1953, p. 97-107.

Rita Leclerc, Germaine Guèvremont, Montréal/Paris, Fides, 1963, 189 p. Ill. «ECA».

Victor Barbeau, «Germaine Guèvremont», La Face et l'Envers, Montréal, les Publications de l'Académie canadienne-française, 1966, p. 76-79. Réjean Robidoux et André Renaud, «Le Survenant et Marie Didace», Le Roman canadien-français du vingtième siècle, Ottawa, Éditions de l'Université d'Ottawa, 1966, p. 49-57.

Louis Pelletier-Dlamini, «Germaine Guèvremont, rencontre avec l'auteur du «Survenant», Châtelaine, vol. 8, no 4, avril 1967, p. 32-33, 84, 86, 88.

Jean-Paul Lamy, «L'Univers romanesque de Germaine Guèvremont». Mémoire de maîtrise. Ottawa, Université d'Ottawa, 1968, 142 f.

Gabrielle Roy, «Germaine Guèvremont (1900-1968)», Mémoires de la Société royale du Canada, 4e série, vol. 7, section 2, 1968, p. 75-77.

Renée Cimon, Germaine Guèvremont, Montréal, Fides, [1969], 56 p. «DDLC».

Benoît Renaud, «Les Techniques littéraires de Germaine Guèvremont». Mémoire de maîtrise. Ottawa, Université d'Ottawa, 1971, 126 p.

Jean-Pierre Duquette, Germaine Guèvremont, une route, une maison, Montréal, Presses de l'Université de Montréal, 1973, 81 p.

Jean-Pierre Duquette, «Germaine Guèvremont. En pleine terre», Livres et auteurs québécois, 1976, p. 34-38.

Guy Robert, «Chez Fides, un somptueux «Survenant», Le Devoir, vol. 69, no 17, 21 janv. 1978, p. 35.

E. Vaucheret, «Deux conceptions du «Survenant» chez Jean Giono et Germaine Guèvremont», Études canadiennes, no 8, 1980, p. 47-60.

Adrien Thério, «Le Survenant de Germaine Guèvremont», Lettres québécoises, no 28, hiver 1982-1983, p. 25-28.

Pierre Girouard, Germaine Guèvremont et son oeuvre cachée, Saint-Ours (Québec), Les Éditions De Neveurmagne, 1985, 64 p. Carte.

Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Vous avez une question?

Demandez à un bibliothécaire ou à un archivisteNous joindre