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LE VIEUX DU BAS-DU-FLEUVE

roman de Richard Lévesque

Premier roman de Richard Lévesque, le Vieux du Bas-du-Fleuve reproduit une interview imaginaire que l'auteur, sous les traits d'un journaliste, a réalisée auprès d'un vieux qui accepte de se dire sans ambages dans une langue populaire, celle de la conversation intime. Âgé de près de quatre-vingts ans, le Vieux fait le procès de la civilisation moderne, qu'il ne manque surtout pas de comparer avec la société traditionnelle qu'il a connue dans le fond de son arrière-pays. C'est ainsi, par exemple, qu'il s'apitoie sur le sort des citadins qui ne savent pas, selon lui, profiter de la vie et qui se tuent à tuer le temps et à courir après lui. À la ville, qu'il présente sous des traits aliénants, voire avilissants, il oppose la campagne bienfaisante qui ragaillardit l'homme et le renouvelle. S'il plaint les citadins, il s'en prend encore aux Américains qui contrôlent l'économie du Québec, écorche plus d'une fois les politiciens qui se contentent de viles promesses pour influencer le vote et qu'ils ne remplissent jamais, ou presque, condamne les syndicats qui pactisent trop souvent avec le pouvoir, s'en prend à la mode, à la finance, au système d'éducation qui prépare mal les jeunes à exercer leurs fonctions et qui les aliène. Il évoque encore quelques souvenirs dans un but didactique : prouver ses énoncés. Il fait preuve de gros bon sens et se transforme, ici et là, en philosophe tout en revivant quelques beaux moments de sa longue existence.

D'aucuns jugeront le Vieux de Lévesque quelque peu réactionnaire. Il faut plutôt le voir, avec l'auteur, comme quelqu'un de foncièrement honnête, doté d'une forte conscience sociale et qui rêve d'un meilleur sort pour les siens, entendons ceux de son coin de pays auquel il est resté fidèlement attaché.

La confession du Vieux est pleine de vie. La langue est belle car elle reproduit le parler des gens du peuple qui n'ont d'autres préoccupations que de se faire comprendre mais elle n'en est pas moins très imagée. On trouve, à la fin du volume, un lexique susceptible d'éclairer les non-initiés. Si l'œuvre a suscité peu de commentaires de la part de la critique, il faut en chercher les raisons du côté de sa diffusion : le roman a été édité en dehors des grands circuits et a ainsi échappé aux commentateurs et analystes.

Aurélien Boivin

OEUVRES

LE VIEUX DU BAS-DU-FLEUVE. Roman,

[Rivière-du-Loup], Castelriand mc, [1979], 160 p.

ETUDES

[Anonyme] « Parutions récentes », le Nouvelliste, 15 janvier 1980, p. 16.

Maurice Arguin « le Vieux du Bas-du-Fleuve », Québec français, octobre 1980, p. 10.

Monique Chartier « Lévesque (Richard), le Vieux du Bas-du-Fleuve », Nos livres, avril 1982, n" 172.

Marie-Andrée Hamel «Mon vieux... », le Livre d'ici, 20 février 1980. —

Richard Lévesque « Autoportrait. Richard Lévesque », Québec français, octobre 1980, p. 60-61.

R[éginald] M[artel] « Lettres et Livres du Bas-du-Fleuve », la Presse, 15 décembre 1979, p. B-2.

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