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À L'OMBRE DES TABLEAUX NOIRS

récit de Normand Rousseau

Troisième roman de Normand Rousseau, À l'ombre des tableaux noirs est le récit de l'enfance et de l'adolescence d'un narrateur dont le lecteur ne connaîtra jamais le nom, mais seulement le surnom : Poilu. Bien qu'ils se donnent comme fictifs, ces souvenirs correspondent au modèle que propose la littérature intime. Les courts chapitres constituent autant de fragments que le lecteur s'attend à trouver dans ce genre d'œuvre : les premiers jours à l'école et les années de collège, la découverte de l'amour... Certaines anecdotes sont propres au Québec des années 1940 et 1950 : une soirée de lutte, la vie religieuse, un larcothon, un pissothon, un concours d'art oratoire... Le ton n'est toutefois pas celui de la nostalgie, car plusieurs des fragments sont placés sous le signe de l'échec ou de la mort. Même si l'action se déroule à Montréal, la vie sociale reste dominée par le modèle villageois. La bande d'enfants, la putain (Moëlla) et la vieille fille (Marie-Mouise), la famille immédiate, tous les personnages évoluent dans une géographie unique, le quartier. Ce qui est extérieur à la communauté est connoté négativement : les « Anglas » et les « étranges » sont ouvertement l'objet de remarques racistes, comme les « Noirs » d'ailleurs. À mesure qu'il grandit, Poilu, « fils de la soumission et de la pauvreté », prend conscience de la situation économique de sa famille et de l'histoire de son peuple. Tout au long du récit, il tente de montrer que son aventure personnelle a aussi valeur collective. Sa jeunesse est celle de la « génération étouffée » qui a difficilement découvert sa véritable identité, en passant du Canada français au Québec.

La critique a accueilli fort diversement ce roman, prix Jean-Béraud-Molson 1977. Pour Jacques Godbout, il est d'une « discrétion émouvante » alors qu'André Vanasse en parle comme d'un livre « fort captivant », malgré quelques difficultés stylistiques. Michel Beaulieu et René Lapierre, pour leur part, ne lui reconnaissent aucune qualité d'écriture. Le premier s'écrie : « Quel beau gaspillage ! », et le second : « [Rjien n'arrive à me faire oublier cet horrible texte... ».

Benoît Melançon

OEUVRES

À L'OMBRE DES TABLEAUX NOIRS. Roman,

Montréal, Pierre Tisseyre, [1977], 254 p.

ETUDES

[Anonyme] « Normand Rousseau décroche le prix ]ean-Béraud », le Droit, 30 novembre 1977, p. 34 ;

« Une rencontre avec Rousseau », le Droit, 7 décembre 1977, p. 28 ;

« le Prix Esso (ancien Cercle du livre de France) », Lettres québécoises, février 1978, p. 33 ;

« Prix Jean-Béraud-Molson », Vient de paraître, mars 1978, p. 26 ;

« Dans le monde des livres », le Québec en. bref, septembre-octobre 1978, p. 20-22 [v. p. 20].

Jacques Beauchamp-Forget « À l'ombre des tableaux noirs », Nos livres, mars 1978, n° 99.

Michel Beaulieu « Prix Jean-Béraud du CLF. Une vie d'enfant de l'aprèsguerre », le Livre d'ici, n°22 (8 mars 1978).

Jacques Godbout « l'École de la tendresse. Une discrétion émouvante », l'Actualité, août 1978, p. 55.

René Lapierre « Normand Rousseau, À l'ombre des tableaux noirs », LAQ, 1977, p. 83-85.

Murray Maltais «le Prix Jean-Béraud n'est qu'un début», le Droit, 10 décembre 1977, p. 17. —

Gabrielle Poulin « A l'ombre des tableaux noirs, de Normand Rousseau. L'un des meilleurs romans de l'année », le Droit, 10 décembre 1977, p. 18.

Normand Rousseau Hobo/Québec, printemps-été 1981, p. 49.

André Vanasse « les Prix littéraires Esso et Molson du Cercle du livre de France. Les Cercles concentriques de Simone Piuze. À l'ombre des tableaux noirs de Normand Rousseau », Lettres québécoises, février 1978, p. 8-10. —

Robert Viau les Fous de papier, p. 240, 248, 253-254.

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