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POING COMMUN suivi de COURIR LA GALIPOTE

recueil de poésies de Gaëtan DOSTIE

Né à Sherbrooke le 18 mai 1946 de Germain Dostie, entrepreneur en déménagement, et de Raymonde Morin, Gaétan Dostie fait ses études classiques au Séminaire de Sherbrooke où il obtient un baccalauréat es arts (1968). Il poursuit ses études à l'Université de Sherbrooke où il complète une licence es lettres (1971) et à l'Université du Québec à Montréal où il s'inscrit à la maîtrise es arts. Dès le début de ses études, il collabore à plusieurs périodiques dont Perspectives, le Quartier latin, la Tribune, le Devoir et le Jour où il est critique littéraire du début à la fin du journal. Professeur à Magog, à Pierrefonds et au cégep de Rosemont, il participe à la Nuit de la poésie au Gesù, en mars 1970, et organise une nuit semblable, le ler1 er mai 1970 à Sherbrooke. Après avoir été secrétaire général des Éditions de l'Hexagone (1973), il travaille avec Hubert Aquin aux Éditions la Presse. Il fonde Media-Teq (1976) et organise le Solstice de la poésie québécoise qui deviendra une exposition, des vidéo-grammes et un catalogue en collaboration avec le Musée d'art contemporain de Montréal. Il participe également à un collectif de travail d'une Anthologie de la poésie québécoise des origines à nos jours. Président, directeur général des Éditions Parti pris à partir de 1977, secrétaire des Messageries littéraires des Éditeurs Réunis à partir de 1978 et président du Groupe d'Éditeurs littéraires francophones d'Amérique du Nord inc. à partir de 1980, il a été membre du Conseil d'administration de l'Association des éditeurs canadiens (1982-1983)

Comme beaucoup d'autres écrivains et intellectuels québécois, Gaétan Dostie a été emprisonné, en octobre 1970, lors de la promulgation de la loi des « Mesures de guerre ». La couverture du recueil, Poing commun suivi de Courir la galipote, paru en 1974, reproduit sa photo de détenu à la prison Parthenais (Montréal) avec son numéro d'identification (Unité 223). La première partie, qui donne son titre au recueil, est une série de poèmes de prison, où les événements, l'armée, les otages, la peur, obligent à lever le poing en signe de colère, un poing qui devrait (devait) être commun. Mais non final. Car il s'agit d'une poésie de révolte et d'humiliation collective; les titres des poèmes y renvoient presque tous: «le Flanc du régime»; « Nuits des otages » ; « la Peur délire » ; « le Poème étuvé ». Le lexique est à la fois militaire (débandade, guerre, cliquetis, résistance, croix, cerveau, mouchard, torturés, bastonnade, barreaux) et il n'a de contrepartie que dans un lexique du pays rêvé (manitous et maskinongés, le bois enrobé de verglas, les premières haleines du printemps) et de ses habitants réels (frères des trottoirs et de l'arrière-saison, gagne-petits qui jonglent avec leurs paiements). Le futur, seul refuge dans ces temps troublés, reste aussi doux que problématique : «CE SERA BIENTÔT LE TEMPS0 D'ENTAILLER LES ÉRABLES » (« Poème de l'écorce sauvage »)

Courir la galipote pourrait être la suite de la première aventure où le poète se retrouve désemparé devant l'amour et la vie retrouvée. Il est un «être qui légendifie et futurise»; «à courir/courir la galipote l'aiguillon l'a orbite0 loin de toute passerelle de volupté» («Aiguillons»). Dans cet état de vide et d'attente, tout n'est que «clarté furtive », «vaille que vaille », et « boomerang»

La troisième série de poèmes, « le Froid de l'os », évoque la mort des amis du poète, Gaston Gouin et Claude Gauvreau, qui sont cités en épigraphe (avec Jacques Brault) et à qui sont dédiés des poèmes. Cette fois, le thème unificateur devient celui du départ, des voyages lointains, qui sont des sortes de trajets symboliques dans tous les sens de la vie. Au bout, le poète ne trouve qu'une interrogation sur lui-même: «Je pars ° où es-tu» («Croiser sa joie »). Le dernier espoir serait de « surgir dans la bordée des survivants» («la Toune du Grand Josse »)

Clément MOISAN

OEUVRES

POING COMMUN suivi de Courir la galipote. Poèmes

[Montréal], l'Hexagone, [19741, 65 p

ETUDES

[Anonyme] « En toutes lettres. Dostie : poésie et liberté » le Jour 7 décembre 1974, p. 14

« Poing commun suivi de Courir la galipote » le Livre canadien avril 1975

A[ndré] G[AULIN] « Poing commun suivi de Courir la galipote » Québec français février 1975, p. 9

Jacques Lemieux «Dostie/Forgues à l'Hexagone» le Devoir 7 décembre 1974, p. 14

François PIAZZA «Chacun témoigne à sa façon» Montréal-matin 10 novembre 1974, p. 29

Jean ROYER « Gaëtan Dostie, Poing commun suivi de Courir la galipote» LAQ 1974, p. 141-142

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