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CE MAUDIT LARDIER

drame de Guy DUFRESNE

Dans la lignée des Traitants* publiés en 1969, Ce maudit Lardier renoue avec la tradition, chère à Guy Dufresne, de faire revivre au théâtre le passé de la Nouvelle-France. Tirée des textes dramatiques de la première saison (1972-1973) du téléroman «les Forges du Saint-Maurice» présenté sur les ondes de Radio-Canada, cette adaptation pour la scène s'inspire de l'histoire de la première industrie de la colonie. L'auteur, qui a eu recours aux documents historiques, s'appuie sur des faits véridiques et met en scène des personnages réels. Toutefois, il ne prétend pas expliquer l'histoire : son drame en deux actes n'a rien de didactique. Au contraire. Les faits fournissent ici matière à créer une œuvre dramatique forte et cohérente. Les intrigues imaginaires et les comportements fictifs mais vraisemblables des personnages révèlent les mœurs et les conditions de vie de la société canadienne avant la Conquête

À l'été 1737, au village des Forges, l'arrivée d'un nouveau fondeur sème l'inquiétude chez les Godard, une famille impliquée dans la contrebande avec les Abénakis et les Anglais d'Albany. Après avoir échoué à persuader Lardier de retarder le travail des forges qui risque de compromettre son commerce illicite, François Godard, le fils, sabote le haut fourneau. Soupçonné par de Vézin, le maître des Forges, de complicité avec les Godard, le fondeur qui a séduit Véronique, la sœur de François, se voit offrir en dot le huitième des bénéfices de la contrebande. Véronique et Lardier partent alors à la rencontre des Abénakis dans les îles de Sorel où ils font le guet pendant plusieurs jours avant d'être assaillis par des soldats français

Au deuxième acte, Lardier, de retour aux Forges, signifie à de Vézin son intention d'entreprendre les opérations de la fonderie. Mais un nouvel acte de sabotage dirigé par François, resté à l'écart du village par crainte de représailles, amène le maître des Forges à faire écrouer le fondeur. Devant les difficultés de lutter de bonne guerre, ce dernier conçoit un plan machiavélique qui le vengera de son adversaire et de son maître. Pendant que de Vézin fait surveiller la maison des Godard, il prend la fuite après avoir soutiré à Véronique qu'il a saoulée le secret de la cache où son frère a déposé les écus de la contrebande. Harcelée par de Vézin et François, qui ont tous deux intérêt à retrouver le déserteur, Véronique, souffrante, avoue que Lardier est en route pour la Nouvelle-Angleterre, mais elle ment quant à la route qu'il aurait empruntée. Une chasse à l'homme est ouverte, mais en vain, au grand soulagement de l'héroïne

Dufresne a su développer avec un sens dramatique achevé le conflit qui oppose les Godard, instigateurs de la contrebande, et de Vézin, défenseur des intérêts des sociétaires à l'époque où la colonie s'engage vers une politique d'autarcie. L'ambivalence du héros, qui hésite entre l'enracinement au pays et la désertion, illustre bien le tiraillement intérieur d'une société coincée entre la sédentarité et le nomadisme. L'intrigue amoureuse de Véronique et de Lardier, la rivalité de François et du fondeur contribuent à la progression dynamique de l'action dramatique dont le dénouement est habilement préparé par des personnages fortement campés. Soucieux de vraisemblance historique, l'auteur a trouvé un juste équilibre entre le patois et le français classique dont l'écart reflète ajuste titre le clivage entre les colons et la classe dirigeante. La pièce, composée d'une quarantaine de tableaux rappelant ainsi l'influence du médium télévisuel dont elle est issue, a été diffusée le 4 juin 1976, à la radio MF de Radio-Canada dans le cadre de l'émission « Première » réalisée par Ollivier Mercier-Gouin

Marcel Fortin

OEUVRES

CE MAUDIT LARDIER

[Montréal], Leméac, [1975], 165 p

ETUDES

[Anonyme] « Ce maudit Lardier» Ici Radio-Canada / radio 29 mai 1976, p. 6

«Ce maudit Lardier» le Livre canadien septembre 1976

Aurélien BOIVIN et Lucie Robert «Bibliographie de Guy Dufresne» VI automne 1983, p. 59-81 [v. p. 68, 76-77]

Maurice FILION Présentation de la pièce p. VII-XIII. [Sur la première saison (1972-1973) du téléroman « les Forges du Saint-Maurice » on lira :]

[Anonyme] «En cours de production : < les Forges du Saint-Maurice > de Guy Dufresne » Ici Radio-Canada 3-9 juin 1972, p. 9

«Rivalité entre les familles Chaput et Godard » Ici Radio- Canada 23-29 septembre 1972, p. 5

«le Bailleur de fonds des Forges vient constater les dégâts» Ici Radio-Canada 21-27 octobre 1972, p. 4

«Il y a bal aux Forges dans un décor somptueux» Ici Radio-Canada 19-25 janvier 1973, p. 8-9

Fernand CÔTÉ «Guy Dufresne nous dévoile la petite histoire des < Forges du Saint-Maurice > » Ici Radio-Canada 17-23 février 1973, p. 7

Claude Daigneault « Des Plouffe... aux < Forges du Saint-Maurice > » le Soleil 9 septembre 1972, p. 16-17

Réjean Legault «<les Forges du Saint-Maurice > : une histoire non forgée » T.V. Hebdo 18-24 avril 1970, p. 16-17

Guy Lessonini «< les Forges du Saint-Maurice>: ce n'est pas une histoire à l'eau de rosé» T. V. Hebdo 24-30 janvier 1971, p. 12-16

Yolande RIVARD « Branle-bas sur les lieux de tournage des < Forges du Saint-Maurice» Ici Radio-Canada 5-11 août 1972, p. 8

[Joseph] Rudel-Tessier « Guy Dufresne : l'auteur qui ne se fait pas la vie facile » la Presse (supp. Télévision), 15-22 juillet 1972. p. 3, 9, 13

«Cette histoire des (Forges du Saint-Maurice) ne s'arrêtera que dans... 143 ans» la Presse (supp. Télévision), 21-28 octobre 1972, p. 25-29

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