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LES VIOLONS DE L'AUTOMNE

comédie dramatique de Jacques Languirand

On distingue dans l'œuvre théâtrale de Jacques Languirand les cycles de l'incommunicabilité et de la communication, un « avant » et un « après » Klondyke *. Les Violons de l'automne, sixième pièce du dramaturge, font partie du premier cycle. Influencé par Eugène lonesco, Samuel Beckett et le Jean-Paul Sartre de Huis clos, Languirand met en scène un couple âgé qui vient de se marier : Lui (Eugène), rêve d'une vieillesse « toute simple, toute banale », d'un bonheur un peu plat ; Elle (Marie-Rose), ne croit plus au bonheur quotidien et préfère se jouer la comédie de l'éternelle jeunesse. Dès la nuit de noces, c'est l'affrontement, dans la chambre d'Eugène, lieu unique de l'action. Avant que l'union ne soit consommée, arrive l'Autre, également nommé Eugène, prétendant qu'il y a eu erreur de l'agence matrimoniale et que c'est lui qui aurait dû épouser Marie-Rose. Celle-ci refusant de choisir entre Eugène I et Eugène 11, qui se révélera avoir été son amant pendant quarante ans, on décide de consulter l'agence. Après trois mois d'attente vaine, Eugène I, tourmenté et malade, se laisse étrangler par Eugène il. La dernière réplique est de l'Autre à Marie-Rose : « Nous avons vécu intensément... À notre âge, c'était inespéré... »

La plupart des thèmes chers à Languirand sont présents dans les trois actes des Violons de l'automne. La fatalité dirige chaque personnage : malgré la réunion finale des amants, Eugène i ne peut se convaincre de l'inutilité de son attente ; il doit rester jusqu'à la fin. Le rêve (déçu) est omniprésent : durant quarante ans, Marie-Rose a espéré avoir Eugène II à elle seule; Eugène I rêve de gagner à la loterie ; l'Autre croit que la comédie qu'il joue avec Marie-Rose peut les rendre heureux. Tout, pourtant, mène à l'échec de la communication et de l'amour. Représentant les deux visages d'un même homme, Eugène I et Eugène il ne parviennent jamais à l'Unité, au Tout; leurs querelles ne font que les distraire de l'attente de la mort. Hésitant entre le tragique et le comique, la pièce, composée principalement de brèves répliques, est d'un ton tantôt badin, voire absurde, tantôt grinçant

Créée au Théâtre-Club de Montréal le 3 mai 1960, dans une mise en scène de Jan Doat et un décor de Jean-Claude Rinfret, la pièce reçoit un accueil mitigé. Elle remporte malgré tout le prix du Gouverneur général lors de sa publication en 1962. Une production parisienne aura moins de chance en 1963. Pierre Marcabru, de Paris-Presse, titre : « Un crincrin funèbre ». Pastichant les vers de Paul Verlaine qui donnent son titre à la pièce, l'article des Échos commence par « Bercent le spectateur d'une langueur plus que monotone ». Force ouvrière, Arts, Libération, les Nouvelles littéraires et le Monde abondent dans le même sens. À Montréal, Yerri Kempf et Victor Barbeau profitent de l'occasion pour dénoncer l'octroi de subventions à la pièce. Le second est vitriolique : la pièce est « crasseuse, pénible et stérile », le sujet, « ignoble » et « malodorant », l'atmosphère, « irrespirable », le métier, « inexistant ». Bref, un « cas patent de bassesse ». Les historiens de la littérature (Tougas) et les critiques (Godin, Hamelin) porteront toutefois des jugements plus nuancés

Benoît Melançon

OEUVRES

LES VIOLONS DE L'AUTOMNE [précédés de] les Insolites

Montréal,le Cercle du livre de France Itée, [1962], 211 p. [v. p. 105-211] [deux éditions la même année] ;le Cercle du livre de France Itte, [1974]. [Un extrait parut dans la Presse, 23 avril 1960, p. 35.]

ETUDES

[ANONYME] « Au Centre social. Un auteur insolite » le Quartier latin 18 février 1960, p. 8

« Nouvelle Pièce de Languirand. Création prochaine des Violons de l'automne» la Presse 8 avril 1960, p. 33

« Nouvelle Pièce de Jacques Languirand : Violons de l'automne » le Devoir 23 avril 1960, p. 12

« le Théâtre. Les Violons de l'automne, pièce de Jacques Languirand au Théâtre-Club » Bulletin du Cercle juif mai 1960, p. 3

«Aux feux de la rampe » la Patrie (du dimanche) 1er mai 1960, p. 118:

« Dans les Violons de l'automne. Des vieillards tenteront de revivre leur jeunesse » le Petit Journal 1er mai 1960, p. 101

« « J'ai l'impression de tourner en rond ici » — Languirand » le Devoir 18 mai 1960, p. 9

« les Livres » Bulletin du Clercle juif décembre 1962, p. 3

« Spectacles, La Comédie de Paris présente les Violons de l'automne » Combat 26 mars 1963, p. 10

«Première à la Comédie de Paris des Violons de l'automne. J. Languirand : un Canadien qui veut « tuer Maria Chapdelaine » » France-Soir 26 mars 1963

« les Violons de l'automne » les Échos (Paris), 5 avril 1963

« la Petite Hutte dans un asile de vieillards » Arts (Paris), 10-16 avril 1963

« Jacques Languirand joué aux É.-U. » le Devoir 5 août 1964, p. 6

« Une pièce de Languirand en Israël » le Quartier latin 15 septembre 1964, p. 7

«le Théâtre [...] Languirand sera joué en Israël » Bulletin du Cercle juif juinjuillet 1965, p. 2 [reproduit dans l'Action, 2 juillet 1965, p. 18]

«le Deuxième « Carrefour » du théâtre d'amateurs débute a Vaudreuil » le Soleil 22 juin 1968, p. 43

«« les Beaux Dimanches »» Ici Radio-Canada 15-21 septembre 1979, p. 18

« « les Beaux Dimanches ». Les Violons de l'automne » Ici Radio-Canada 26 janvier-1er février 1980, p. 8-9

Marc AUDET «le Théâtre canadien-français » Thèse de maîtrise ès arts (sociologie) Québec, université Laval, 1965, 53 f. [v. f. 33-45]. –

Victor Barbeau la Face et l'Envers p. 91-93

Guy Beaulne «le Théâtre en 1962» LAC 1962, p. 32-37 [v. p. 36-37]

«le Théâtre de langue française» Canadian Annual Review 1963, p. 483-493 [v. p. 492]

« Vient de paraître » les Cahiers de l'ACTA n° 2 (1963), p. 23

Gérard Bessette Lucien GESLIN et Charles Parent Histoire de la littérature canadienne-française p. 671-677

Jacqueline Cartier « Cinq spectateurs et moi pour les Violons de l'automne » France-Soir 16 avril 1963

Jean-Albert Cartier « les Violons de l'automne de Jacques Languirand à la Comédie de Paris » les Beaux-Arts (Bruxelles), 26 avril 1963. –

Georges-Henri D'AUTEUIL «le Théâtre. En attendant les vacances » Relations juin 1960, p. 150-151 dans Pierre de Grandpré [éditeur], Histoire de la littérature française du Québec t. IV, p. 212-218

Maurice Desjardins «New Languirand Play at Théâtre Club » The Gazette May 6, 1960, p. 12

Pierre-R Desrosiers « la Nouvelle Dramaturgie québécoise » Culture vivante n° 5 (1967), p. 71-77 [v. p. 76-77]. –

Paule-France DUFAUX « les Violons... de Languirand » le Soleil 13 avril 1963, p. 6

J.-C Dumoulin « le Théâtre. Les Violons de l'automne (à la Comédie de Paris) » Libération 6 avril 1963. —

Jean Éthier-Blais «Romans et Théâtre» UTQ July 1963, p. 500-511 [v. p. 511]

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Paul Gay « Lecture » Lectures octobre 1962, p. 39 ALC t. V, p. 513-530

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Jean-Cléo GODIN et Laurent Mailhot le Théâtre québécois [I] p. 173-190 [v. p. 181-183]

Jacques DE GRANDPRÉ « Paris. Pleins Feux [...] Les Violons de l'automne de Jacques Languirand présentée [sic] aux Parisiens » la Patrie 18-24 avril 1963, p. 31

Sylvia Dionisia GUINDON « la Conversion radicale dans la dramaturgie de Jacques Languirand» M. A. Thesis Kingston, Queen's University, 1975, v,200 f

Jean Hamelin « Jacques Languirand et le Culte de l'insolite » le Devoir 3 novembre 1962, p. 12

Gilles HÉNAULT « Languirand : « Si 5000 personnes viennent voir ma pièce, il n'y a pas de crise du théâtre » » le Devoir 30 avril 1960, p. 9

« la Pièce de Languirand au Théatre-Club. Une danse macabre au son des Violons de l'automne » le Devoir 7 mai 1960, p. 9

François Hertel [pseudonyme de Rodolphe Dubé] « Languirand joué à Paris » le Soleil 25 mai 1963, p. 6

Georges-Marcel, dit Yerri Kempf « Chroniques du temps perdu. Hauts et bas d'une fin de saison chargée » Cité libre août-septembre 1960, p. 31-32 [reproduit dans les Trois coups à Montréal, p. 345-346]

« Chroniques du temps perdu. Quand Claudel prend le veau d'or pour Pégase » Cité libre avril 1963, p. 30-31 [v. p. 31] [reproduit dans les Trois coups à Montréal, p. 337-339]

J[acques] L[EMARCHAND] « les Violons de l'automne de Jacques Languirand. À la Comédie de Paris » le Figaro littéraire 13 avril 1963, p. 20

Normand Leroux «la Littérature québécoise contemporaine 1960-1977. III. Le Théâtre » Études françaises octobre 1977, p. 339-363 [v. p. 347]

Jacqueline Leulliot « Cette semaine, Paris va découvrir la pièce insolite d'un journaliste de la TV canadienne : les Violons de l'automne » l'Aurore 25 mars 1963, p. 8

Bertrand Lombard [pseudonyme d'Emile BÉGIN] « la Vie des livres. Les Insolites et les Violons d'automne [sic]» l'Action 21 septembre 1963, p. 4 [reproduit dans RUL, novembre 1963, p. 256-273 [v. p. 266-268], sous le titre «Si vous avez le temps de lire »]

Laurent Mailhot dans Dossier-Québec p. 256

Pierre Marcabru « les Violons de l'automne. Un crincrin funèbre » Paris-Presse 4 avril 1963

G[abriel] M[ARCEL] « les Violons de l'automne » les Nouvelles littéraires 11 avril 1963, p. 12

Julien MORISSETTE « Une stupidité de Jacques Languirand » Notre Temps 14 mai 1960, p. 14

Jean Paré « Pour couvrir le bruit de la vie, des gens râclent les Violons de l'automne » la Presse 6 mai 1960, p. 30-31

Lise Payette « Une pièce de Languirand à Paris [Entrevue] » la Presse (supp.), 16 mars 1963, p. 21

François PIAZZA « Notre critique au théâtre [...] Les Violons de l'automne » Échos-Vedettes 6 juillet 1968, p. 28

B[ertrand] P[OIROT-]D[ELPECH] « À la Comédie de Paris. Les Violons de l'automne de Jacques Laneuirand » le Monde 4 avril 1963, p. 14

Alain PONTAUT Dictionnaire critique du théâtre québécois p. 96-99

André Renaud «D'un continent à l'autre» l e Droit 20 avril 1963, p. 8

Édouard-G RINFRET le Théâtre canadien dexpression française t. II, p. 297

Réjean ROBIDOUX « Lettre à Jacques Languirand » Incidences janvier 1964, p. 46-51

Lucille Roy Hewitson «Notes et Documents. Jacques Languirand, de la nostalgie à l'impuissance» Études françaises mai 1969, p. 207-216

Lawrence Sabbath «On the French Stage. New Languirand Play » The Montréal Star May 6, 1960, p. 26

Pierre Saucier « Au Théâtre-Club. Les Violons de l'automne » la Patrie 8 mai 1960, p. 122

Gérard TOUGAS Histoire de la littérature canadienne-française 1964, p. 253-254

Lucien VIEVILLE «À gaga... » Force ouvrière (Paris), 24 avril 1963

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