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TREIZE

recueil de poésies de Richard LÉVESQUE

Richard Lévesque naît à Saint-Hubert (comté de Témiscouata) le 30 mai 1944, de Camil-J. Lévesque, marchand général, et de Maria Morin. Il fait ses études au Séminaire des pères marisles, à Sillery (1957-1959), au Collège de Hauterive, où il obtient son baccalauréat en 1965, et à l'université Laval, qui lui décerne une licence es lettres en 1968. Professeur au Collège de Hauterive (1968-1969) et au CEGEP de Rivière-du-Loup (1960-1970), puis agent d'information (1971-1974), il reprend son enseignement en 1974. Membre de l'Union des écrivains québécois et de VAssociation des auteurs de l'Est, il collabore à l'Aquilon (Hauterive) et au Saint-Laurent, en plus de diriger la revue Ratures (1967-1968), de même que les Éditions Castelriand de Rivière-du-Loup (1976-1979) et les Éditions la Maison de la page qui tourne à l'lsle-Verte depuis 1980. Il est le conjoint d'Andrée Côté, infirmière et professeure au CEGEP de Rivière-du-Loup

Le premier recueil de Richard Lévesque, Treize suivi de «Ophélia», paraît en 1965. L'auteur y chante son goût de vivre, son besoin d'amour, son souci de participer à la vie contemporaine. Les textes, en vers libres et en prose, sont regroupés en trois parties d'égales longueurs. La première est une présentation du poète, de son milieu et de ses ambitions. Il ne ressent aucun besoin de rendre hommage au passé et laisse ainsi peu de place au souvenir: «Arrachons au vieux Temps ses attributs divins ° Arrachons de nos yeux l'horizonfermeture» («le Chant de l'homme»). Le Saint-Laurent, présent dans plusieurs poèmes, marque bien l'ambivalence entre le sang et l'immobilité, le paradoxe de la «race ardente» qui construit dans la terre de Caïn un monde qui fera plaindre Abel !

La deuxième partie en appelle à l'amour, un amour toujours déçu, que le poète associe à la souffrance et à la mort, plutôt qu'à la douceur ou à la nature car « La sacro-sainte nature ne [lui] dit rien à [lui]». Le désir amoureux concrétisé serait la rencontre fougueuse de deux êtres, et sa célébration s'apparenterait au jazz où le corps de la femme se ferait guitare et la jouissance, un cri dans la nuit délivrée du romantisme («Marie»). Mais jamais l'amour ne survit aux obstacles

Le dernier groupe de poèmes comprend des textes qui révèlent des projets d'amour et de passion où la femme est à la fois muse et absence. Comme dans les autres parties du recueil, l'auteur fait part de sa volonté d'aimer, de ses désirs passionnés et de ses rêves d'intensité et d'absolu. Rien n'est pourtant réalisé: il s'agit bien d'espoir et d'aspirations

Le court texte surréaliste en prose, qui clôt le livre, raconte qu'un jeune homme visitant la morgue d'un hôpital devient amoureux d'une morte dont il emporte le cadavre chez lui. À la fin du récit, se promenant sur un pont, la jeune fille se jette à l'eau. Dans un cri pour la retenir, l'homme prononce enfin le nom de la morte fiancée, Ophélia. Comme dans tous les autres textes, l'objet d'amour se dérobe, devient inaccessible, et l'amoureux reste seul et malheureux

Le recueil Treize, tiré à six cent quinze exemplaires, s'accompagne de belles illustrations. Il témoigne, dans son style souvent moderne, de la solitude du poète et d'une quête de l'amour autant que d'une recherche du sens poétique : « Collée sur mes désirs comme ° Mon bras collé sur mon épaule ° Sa tête renversée pour boire ° Le vin, le vent ou mon destin ° — Qui est-elle?»

Louis-Michel NOËL

OEUVRES

TREIZE suivi de « Ophélia »

Hauterive. Éditions Viking, [1965], 67 p

ETUDES

José AUNIA « Treize» le Soleil 19 mars 1966. p. 19

Pierre MATHIEU « Treize de Richard Lévesque» LAC 1965, p. 83

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