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ALLER-RETOUR

roman de Denis Lord

Fils de Jeffrey Lord, menuisier, et d'Yvonne Bourbonnais, Denis Lord naît à Lachine le 4 avril 1926. Bachelier es arts (1947) du collège du Sacré-Cœur à Beauport, il s'inscrit à l'Université de Montréal, où il complète un baccalauréat en pharmacie (1951). Pharmacien de profession, il exerce sa profession à Saint-Constant (comté de Laprairie) jusqu'en 1980. Membre de la Société des écrivains canadiens, il collabore à la Revue de pharmacie et au Pharmacien. Il est le conjoint de Gemma Garant, peintre

La première œuvre publiée de Denis Lord, Allerretour, tient plus de l'autobiographie que du roman. Dans une courte préface, l'auteur dévoile d'ailleurs ses intentions : « Le mot roman est mal choisi, car les événements que je vais raconter ici sont véridiques et aucune addition n'a été faite pour embellir ou farder la vérité. Certains chapitres ont été écrits au jour le jour, à mesure que se déroulait ma vie, d'autres ont été composés postérieurement, puis, condensés, recoupés et incorporés à ce récit. »

Grâce à l'héritage que lui lègue son grand-père, un ivrogne invétéré, le jeune René T... peut entreprendre ses études de médecine. Ses relations tendues avec son père, qui espérait entrer en possession du « magot », l'obligent à quitter le toit familial. Un an avant l'obtention de son diplôme, il succombe, en dépit d'une promesse qu'il s'était faite, à l'attrait de l'alcool lors d'un bal organisé à l'occasion de la mi-carême. C'est alors que commence pour le jeune médecin « la descente à l'abîme». Devenu alcoolique, il néglige sa profession, s'endette et met en danger son mariage avec Clarence. Comme un malheur n'arrive jamais seul, voilà que sa femme, après un accouchement douloureux, tombe malade, puis meurt du cancer, suivie peu de temps après de sa fillette, frappée de leucémie. C'en est trop pour le médecin. Avili par l'alcool depuis des années, il tombe à son tour dans un état de névrose en s'accusant d'être à la fois « un meurtrier et un infanticide ». Après une longue cure dans une clinique psychiatrique, il se réveille de son cauchemar en apprenant la cause profonde de tous ses malheurs : la peur « irraisonnée et instinctuelle » de son père, une peur si grande qu'elle l'a « empêché d'aimer sa mère » !

Ainsi se termine ce court récit, écrit sous le signe de la loi du père. Denis Lord raconte plus l'évolution clinique d'un cas que la vie d'un homme aux prises avec ses délires alcooliques. Les troubles morbides de René touchent rarement le lecteur, tant ils sont décrits sous la dictée de la pratique médicale. Mais l'auteur avait déjà prévenu son lecteur, dans sa préface, de la manière dont il allait romancer sa vie : « Mon style, mes manières de penser, mes phrases, mes comparaisons même se rapportent toujours, directement ou indirectement, à la médecine. »

Guildo Rousseau

OEUVRES

ALLER-RETOUR Roman

Montréal, Éditions Beauchemin, 1962, 173 p

ETUDES

G K « les Livres. Aller et Retour [sic] par Denis Lord [...] » Bulletin du Cercle juif mai-juin 1962, p. 2

Michèle A Mailhot « Faisons place aux hommes » Châtelaine juillet 1964, p. 58

Paule Saint-Onge « Aller-retour de Denis Lord » LAC 1962, p. 23

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