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AÏE! AÏE! AÏE! et IL N'Y A PLUS D'INDIENS À HOCHELAGA

recueils de poésies de Pierre PÉTEL

Pierre Pétel naît à Montréal le 21 avril 1920. Il étudie au collège Sainte-Marie où il complète son baccalauréat (1941), s'inscrit à l'École du Meuble et y obtient un diplôme (1944) puis fréquente l'École des Beaux-Arts (Montréal) pendant quelques années. Il s'adonne à la peinture et expose dans plusieurs villes, notamment à Montréal, New York, Ottawa et Québec. Il devient cinéaste à l'Office national du film (1944-1950) et compose de nombreuses chansons, — paroles et musique, interprétées par divers artistes et utilisées comme trame sonore dans des films. Réalisateur d'émissions de variétés pour Radio-Canada (1952-1954), il est publicitaire pour les agences Grant Advertising (1955) et Foster Advertising (1958). De retour à Radio-Canada (1963) comme chef du service des variétés, il est nommé peu après conseiller à la direction des programmes

PARU en 1962, le premier recueil de Pierre Pétel, Aïe! Aïe! Aïe!, rappelle, par son allure excentrique, les élucubrations de la «génération perdue » des « beatniks ». « Des bonbons acidulés. Prévert à la mode de chez nous », lance Gilles Marcotte, à propos d'une quarantaine de poèmes sans forme fixe, sans ponctuation, que l'auteur désigne, sur la page de garde, de l'euphémisme « Divertissements ». Le ton humoristique prévaut dans la majorité des textes, mais il s'agit d'un humour plutôt superficiel, fondé sur des effets faciles, tels le calembour (dans « Jeux de maux » ou « Double Sens »), le pastiche (« Poème-digeste ») ou l'irrévérence (« Et où », « Liturgie »). Dans cette veine, les poèmes les mieux réussis font un pied de nez à la société de consommation (« les Cours du marché », « Petites Annonces », « Outrage »). Des « Chansons », sur le thème ronsardien de « cueillez dès aujourd'hui les rosés de la vie », côtoient des écrits d'une certaine gravité sur la femme, l'amour (« les Oiseaux ni les fleurs ») ou la mort (« À la Ste-Anne »)

En 1968, poursuivant sa recherche sur les aspects inusités du langage poétique, Pétel publie un recueil d'une trentaine de textes intitulé // n'y a plus d'lndiens à Hochelaga. Cette fois, il accorde plus d'espace à la critique sociale, comme le laissent entendre le titre du recueil et le poème du même nom. À travers les yeux d'un ancien « gamin du quartier», il commente l'histoire du Québec (« Goéland n ») et la menace d'une bombe thermonucléaire (« Hurrah Hurray », « Instantané »). Quelques écrits humoristiques subsistent, sous le couvert d'une ironie grinçante (« la Guerre ») ou d'une satire politico-sociale (« The Queen and I »). La plupart du temps, c'est une poésie du quotidien qui revient comme un leitmotiv. Un « Blues pour un vieil homme » et une visite banale « Chez le coiffeur » dénotent une préoccupation marquée pour des choses terre à terre. L'écrivain ne se fait pas d'illusions sur sa poésie (« l'Épée dans l'eau ») même si ses écrits prennent un caractère de plus en plus engagé (« Poète mon ami »). Dans le dernier poème du recueil (« Poésie inc. »), il souhaite, sur un ton mi-badin, mi-sérieux, la syndicalisation des poètes

Membre d'aucune école ni d'aucun groupe poétique, Pierre Pétel se sent solidaire du mouvement de contestation amorcé pendant les années 1950. Cependant, il avoue candidement : « Je suis un poète ° De la Beat Génération [...] ° Sans les écœuranteries ° Le dégoût le dégueulage verbal ° Des Kerouac Ginsberg and Co ° Sans leur génie non plus » (« Beat Génération »)

Kenneth Landry
  • OEUVRES

    AÏE ! AÏE ! AÏE !

    Montréal, les Éditions À la Page, [1962], [47] p
  • OEUVRES

    IL N'Y A PLUS D'INDIENS À HOCHELAGA Poèmes

    [Montréal], Ferron, [1968], 61 p

ETUDES

André-G BOURASSA Surréalisme et Littérature québécoise p. 89-90

Pierre DE GRANDPRÉ Histoire de la littérature française du Québec t. III, p. 142-143

Gilles Marcotte «les Livres. Critique et poésie » la Presse (supp.), 22 décembre 1962, p. 8 [Aïe ! Aïe ! Aïe !]

G[uy] R[OBERT] «Aïe! Aïe! Aïe! de Pierre Pétel » LAC 1962, p. 43

Jean-Guy Pilon « Humour, Tendresse, Économie » le Devoir 11 janvier 1969, p. 15 [Il n'y a plus d'Indiens à Hochelaga]

« Pierre Pétel et la poésie de chaque jour » Digeste éclair février 1969, p. 20-22

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