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MONSIEUR BIGRAS

roman de Geneviève De La Tour Fondue

QUELQUE temps après son arrivée au pays, Geneviève de La Tour Fondue s'attarde à suivre, entre les deux guerres, la quête de Florimond Bigras, jeune Québécois ambitieux qui, au décès de son père, choisit d'aller vivre à Montréal plutôt que de rester au service de son frère qui a hérité de la ferme de Verchères

Des emplois de fortune permettent au rustre Florimond d'acquérir, à défaut de sécurité matérielle, une expérience de la vie dans ce nouveau décor, au milieu des ouvriers. Le hasard le fait aboutir chez Hermas Jolicœur, quincaillier de Saint-Henri et, grâce à son initiative et à son travail, il s'attire le respect de son patron et l'amour d'Herminie, sa fille unique, instruite et gâtée. Rapprochés par un même rêve d'ascension sociale, Herminie et Florimond s'épousent. Mais un incendie détruit la quincaillerie et provoque la mort de Jolicœur. Les jeunes époux héritent ainsi de la pénible tâche de rebâtir une entreprise florissante. Audacieux, Florimond décide d'établir son commerce rue Sainte-Catherine où, chef d'une famille de deux fils, il atteint bientôt une renommée enviable, consacrée par les nécessités nouvelles de la Deuxième Guerre mondiale. Entièrement absorbé par son travail, il perd de vue son épouse qui, du haut d'Outremont, joue la grande bourgeoise et, dans l'oisiveté, devient hypocondriaque. La solitude est, dès lors, le lot des époux jusqu'au décès d'Herminie qui laisse Florimond plus seul encore, puisque, dans son ascension rapide, il a oublié ses fils. Enclin à la nostalgie, il retourne à Verchères sur le vaste domaine attenant à celui de son frère. Désabusé malgré sa conquête, il se prépare une retraite au pays de son enfance

L'auteur présente cette ascension sociale comme un mirage dont le couple est la victime. Cherchant à donner de la couleur locale à ses descriptions, il se laisse parfois séduire par les anglicismes, cause directe de certains effets douteux, parce qu'un peu plaqués. Mais le vocabulaire varié et les descriptions d'un Montréal en plein essor confirment le talent d'un écrivain qui, tenté par le roman à thèse, cherche ses modèles dans la vie des gens simples, vulnérables, jouets d'un destin écrit à l'avance

Léonce Cantin

OEUVRES

MONSIEUR BIGRAS Roman

Montreal, Editions Beauchemin, 1944,251 p

ETUDES

[Anonyme] « Monsieur Bigras» la Tribune 17 juin 1944, p. 4 [reproduit dans le Canada, 19 juin 1944, p. 9]

« Échos » le Devoir 23 juin 1944, p. 9

Émile BÉGIN « Notes de lecture. Monsieur Bigras » l'Enseignement secondaire au Canada février 1945, p. 354-355

G C « Livres récents. Geneviève de La Tour Fondue, Monsieur Bigras» les Carnets viatoriens janvier 1946, p. 68-69

Solange Chaput-Rolland «la Critique des livres. Monsieur Bigras par Geneviève de La Tour Fondue » Amérique française juillet 1949, p. 78-79

Rex Desmarchais « Livres et Revues » l'École canadienne octobre 1945, p. 94-95

Roger Duhamel «Vie de l'esprit. Courrier des lettres. Monsieur Bigras» l'Action nationale octobre 1944, p. 151-153

N. D E « les Livres. Geneviève de La Tour Fondue, Monsieur Bigras» le Canada français décembre 1944, p. 306

Alexis GAGNON «Monsieur Bigras par Geneviève de La Tour Fondue» le Devoir 7 octobre 1944, p. 8

Henri Girard « Un homme et ses vertus. Monsieur Bigras, par Mlle Geneviève de La Tour Fondue» le Canada 3 juillet 1944, p. 5

René LESCOP « Monsieur Bigras, par Geneviève de La Tour Fondue » Bulletin des études françaises septembre-octobre 1944, p. 72

Dostaler O'Leary «la Vie littéraire. Monsieur Bigras» la Patrie (du dimanche) 15 octobre 1944, p. 70

G R « Monsieur Bigms » la Presse 8 juillet 1944, p. 30

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