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LES SURVIVANCES FRANÇAISES AU CANADA

conférences d' Édouard MONTPETIT.

Fils d'André-Napoléon Montpetit, avocat et écrivain, et d'Adèle Labelle, Édouard Montpetit naît à Montmagny le 26 septembre 1881. Après ses études classiques au Collège de Montréal et ses études de droit à l'Université de Montréal, il est admis au barreau en 1904. Il exerce sa profession jusqu'en 1907, année de son départ pour Paris où il se spécialise en sciences politiques. Professeur à l'École des Hautes Études commerciales et à la Faculté de droit dès 1910, il abandonne ces deux chaires en 1920 pour devenir secrétaire général de l'Université de Montréal. Directeur des relations extérieures en 1931, et directeur général de l'enseignement technique de la province de Québec en 1941, il participe très activement à la vie culturelle et scientifique du pays, au sein de l'ACFAS, du Cercle universitaire, du Comité France-Amérique... Il donne des cours sur le Canada dans plusieurs grandes universités européennes et américaines. Il reçoit un nombre considérable de distinctions honorifiques: chevalier de la Légion d'honneur, officier de l'Instruction publique (France), chevalier de l'Ordre de Léopold de Belgique, médaille de l'École libre des sciences politiques de Paris, médaille de la Société royale du Canada... Il meurt à Outremont le 27 mars 1954. Il avait épousé Hortense Varin le 23 janvier 1904.

Premier ouvrage d'Édouard Montpetit, les Survivances françaises au Canada renferment le texte de deux conférences qu'il prononça à l'École libre des sciences politiques, à Paris, les 13 et 20 juin 1913. Ces conférences sont précédées des discours de Louis Madelin et d'Étienne Lamy, qui présentèrent l'auteur à son auditoire français. Après avoir insisté sur la fidélité des Canadiens vis-à-vis de la France, Louis Madelin, pour sa part, se plaît à reconnaître en la personne du conférencier « un témoin de la vitalité » du sang français, puisant « une fois de plus dans le spectacle de notre race, partout où nous la rencontrons, le droit d'avoir confiance en son avenir».

Dans sa conférence initiale, Édouard Montpetit brosse tout d'abord un tableau de l'histoire des Canadiens français depuis la conquête, en mettant l'accent sur leur courage et leur volonté de résistance. Il raconte également comment les luttes politiques conduisirent finalement à l'avènement de la confédération, qu'il considère comme étant une autre victoire des siens. « Les Canadiens français au moins dans la province de Québec [...] sont donc les maîtres de leurs destinées. Ils sont chez eux, ils parlent librement leur langue ; ils ont leurs lois qui sont françaises. Au Parlement fédéral ils exercent leur influence. »

Abordant la question d'une littérature nationale canadienne-française, Montpetit invite ses compatriotes écrivains à « observer de préférence les choses qui les touchent, dont ils subissent l'influence et qu'ils exprimeront d'autant mieux qu'ils les auront davantage aimées, comprises et méditées » ; à peindre «le détail de nos mœurs » et à « pénétrer jusqu'au silence de l'âme canadienne, pour en manifester les sensibilités profondes et atteindre les sources de notre vie ». Montpetit persiste à considérer le Canada français comme une « province de France, la plus éloignée, la moins connue, la plus oubliée, mais une province de France quand même ». Il reviendra sur ce point dans Au service de la tradition française*.

La seconde conférence de Montpetit aborde la question de l'économie politique canadienne. Le conférencier fait preuve de beaucoup d'optimisme quant à l'avenir des siens et de son pays, qui lui semble une « synthèse de la France ». Les Canadiens français, note-t-il, « doivent, comme ils l'ont toujours fait, se servir des armes mêmes dont on pourrait les menacer et, dans un combat tout pacifique cette fois, le combat économique, assurer définitivement leur survivance par une suprême victoire ». Et d'en arriver à la conclusion : « Ainsi, les Canadiens français, cultivés, riches et puissants, serviront mieux l'Angleterre qui leur a laissé leur nationalité pour qu'ils en conservent toutes les qualités et qu'ils en recueillent tous les dons. Ils seront les associés de leurs voisins. L'action des deux races sera commune et de cette union naîtra une civilisation plus accomplie, plus variée dans ses manifestations. Et les Canadiens français poursuivront leur mission. »

Selon Camille Roy, qui eut « la bonne fortune » d'assister à la première des deux conférences, Montpetit a présenté « avec sobriété » le tableau de la vie historique des Canadiens français et celui de leur vie économique. « Madeleine » (pseudonyme de madame Wilfrid-A. Huguenin) ne ménage pas ses éloges au « conférencier sincère qui, dans un patriotisme très pur, s'emploie à renouer les liens intellectuels et les liens économiques entre la France et le Canada français ».

Jacques Cotnam.

OEUVRES

LES SURVIVANCES FRANÇAISES AU CANADA. Conférences faites à l'École libre des Sciences politiques, les 13 et 20 juin 1913,

Paris, Typographie Plon-Nourrit et cie, 1914, 91 p. [Les deux conférences parurent d'abord dans France-Canada [supplément de France-Amérique], août 1913, p. 17-19, septembre 1913, p. 25-30. et octobre 1913, p. 37-41].

ETUDES

Berthe Dalys, «Bibliographie. Les Survivances françaises au Canada », la Bonne Parole, novembre 1914, p. 14.

Maurice Hébert, « Deux protagonistes de notre pensée française : M. Olivar Asselin et Édouard Montpetit », le Canada français, mars 1958, p. 752-767.

Étienne Lamy, Présentation de la deuxième conférence, p. 53-55.

Léon Lorrain, « Édouard Montpetit (1882-1954)», MSRC, 1954, appendice B, p. 83-87.

Madeleine [pseudonyme de madame Wilfrid-A. Huguenin], « Chronique », la Pairie, 1er juin 1914, p. 4.

Louis Madelin, Présentation de la première conférence, p. 1-11.

Camille Roy, Érables en fleurs, p. 226-231.

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