Collections - Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
PIERRE QUI ROULE

souvenirs de Rémi Tremblay.

Quelques années seulement avant sa mort survenue à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) en 1925, Rémi Tremblay entreprend la rédaction de ses « mémoires », qu'il publie sous le titre Pierre qui roule. Le récit de ses aventures et mésaventures, depuis sa naissance en 1847 «sur les bords enchanteurs de la rivière Chibouette, non loin de Saint-Hyacinthe, petit village situé dans la banlieue de l'opulente ville de Saint-Barnabe », jusqu'à son voyage autour du monde, est l'occasion de rappeler, en particulier aux folkloristes et aux historiens « une foule de choses qui s'oublient facilement ».

L'ouvrage est divisé en sept chapitres d'inégales longueurs. Dans le premier, Quéquienne, le narrateur, rappelle sa naissance et sa première enfance à Contrecœur et dans la vallée du Richelieu, que son père Quénoche doit quitter en 1838 pour avoir participé au mouvement insurrectionnel. Le père revient toutefois à Contrecœur, en compagnie de son frère, fuyard comme lui, peu après l'amnistie.

Le chapitre II, rempli des premières pérégrinations de Quéquienne entre Saint-Barnabe, Contrecœur et Sainte-Victoire, se développe autour des premiers exploits à l'école primaire, qui font surgir un rêve : celui de devenir soldat. Au chapitre III, la famille Quénoche émigre aux États-Unis et s'installe à Fisherville d'abord, puis à East Douglas et se fixe, après quelques autres pérégrinations, à Woonsocket. C'est l'occasion de décrire les conditions de travail des émigrés dans les filatures de coton vers 1860.

Avec le chapitre IV s'accentue la crise, industrielle qui force la famille Quénoche à réintégrer Sainte-Victoire où Quéquienne occupe divers emplois avant de s'enrôler dans l'armée américaine en 1863. Après dix-huit mois de service il s'enfuit, comme il l'a raconté en 1884 dans son roman Un revenant. Épisode de la Guerre de Sécession aux États-Unis*. De retour au pays, il s'inscrit à l'école militaire, rencontre Grosperrin dont il cite plusieurs vers, puis s'exile de nouveau aux États-Unis dans les briqueteries de East Cambridge. Il entre, enfin, dans le journalisme.

Le chapitre suivant rappelle la mise sur pied de l'Association Saint-Jean-Baptiste de Woonsocket et la fondation du Club dramatique. Quéquienne collabore au Protecteur canadien puis au Pionnier de Sherbrooke. Il a, en effet, décidé de venir s'établir avec son père dans les Cantons de l'Est. C'est là qu'il fait ses débuts en politique, non comme candidat, mais comme orateur.

Les chapitres VI et VII, surtout consacrés à sa carrière journalistique depuis 1877 dans des journaux aussi divers que la Minerve, le Canard, la Gazette de Sorel..., fait aussi mention des séjours comme traducteur au Parlement d'Ottawa, et aussi des voyages en Europe, au Mexique, aux Antilles et autour du monde.

Écrits dans un style alerte et vigoureux, les souvenirs de Rémi Tremblay se lisent comme un roman. L'auteur, bien servi par une mémoire fabuleuse, a su sauver de l'oubli une série d'anecdotes souvent savoureuses, parfois humoristiques, dans lesquelles il n'a pas toujours le plus beau rôle, et a su prouver à ses concitoyens le contraire du proverbe, « Pierre qui roule... ».

Aurélien Boivin.

OEUVRES

PIERRE QUI ROULE,

Montréal, Librairie Beauchemin limitée, [1923], 234 p.

ETUDES

Louis Claude, « Livres et Revues », la Revue moderne, février 1924, p. 46.

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