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EN MOCASSINS

études, poèmes et légendes de l'abbé Arthur Guindon.

Fils de Michel Guindon, commerçant, et de Marie-Louise Bazanaire, Adolphe-Pierre-Arthur Guindon naît à Saint-Polycarpe (comté de Soulanges) le 12 janvier 1864. Après ses études classiques au Collège de Montréal, il étudie la théologie au Grand Séminaire de Montréal et au séminaire Saint-Sulpice de Paris. Ordonné prêtre le 21 septembre 1895, il étudie un an à Paris et entre, en 1896, chez les sulpiciens à Issy. Professeur de mathématiques au Collège de Montréal en 1897, il y occupe les postes d'économe de 1898 à 1906 et de vice-procureur de 1906 à 1908, avant d'être nommé vicaire à Notre-Dame de Montréal. Il meurt à Montréal le 26 juillet 1923.

En 1920, l'abbé Arthur Guindon fait paraître En mocassins. C'est une étude sur les Hurons-Iroquois et les Algonquins, suivie d'essais poétiques et littéraires. Dans la première partie, l'auteur, se fondant sur les travaux et récits de Sagard, de La Potherie, de Lafitau, de Charlevoix, de Parkman et de Schoolcraft, trace d'une façon très sommaire un portrait de quelques tribus indiennes habitant l'Amérique Septentrionale. Il insiste sur leurs mœurs, leurs arts, leurs occupations, leurs divertissements et leurs institutions. Cette étude contient bien peu de renseignements de première main ; le texte est un « tissage » d'éléments empruntés ici et là aux divers chroniqueurs de la vie indienne.

La seconde partie, intitulée « En marge des mythologies et des folk-lores [sic] sauvages. Quelques essais », contient huit textes dont quatre poèmes d'inégales longueurs. De fait, Guindon a puisé dans le patrimoine indien les thèmes ici abordés : « le Windigo », « Stances aux anciens Algonquins d'Oka », « le Génie du Lac des Deux-Montagnes », et « Un ancien nid du tonnerre » sont autant de poèmes dont le lyrisme coïncide avec l'anecdote mythologique. Les textes en prose, pour leur part, sont des légendes indiennes que l'auteur a lues ou entendues et qu'il a retranscrites en respectant le caractère traditionnel de la transmission orale. L'originalité d'Arthur Guindon se remarque davantage dans ses neufs dessins hors-textes qui illustrent un être ou un événement mythiques dont il est fait mention. Certains sont remarquables par leur puissance imaginaire et leur rendu pictural ; citons « le Concert d'Oka. Génie du Lac des Deux-Montagnes » dans lequel la composition n'est pas sans rappeler les toiles de Jérôme Bosch, ou, encore, « le Bain des squelettes » dont la morbidité semble avoir plu à Guindon.

Quoi qu'il en soit, ce premier ouvrage de l'abbé Arthur Guindon conserve bien peu d'intérêt, car il se contente de réactualiser certaines données concernant les Indiens. Il y manque sa propre interprétation ou ses remarques personnelles. Ses quelques dessins laissent pourtant entrevoir de grandes possibilités au plan de l'imaginaire. Il est d'ailleurs le premier Blanc à tenter d'illustrer des légendes et des personnages issus de la tradition indienne ; de là son importance toute relative.

Roger Chamberland.

OEUVRES

EN MOCASSINS,

Montréal, Imprimerie de l'Institution des sourds-muets, 1920, 240 p.

ETUDES

Émile Dubois, « En mocassins », l'Action française, décembre 1920, p. 569-571 [reproduit dans Autour du métier, p. 99-103].

Alcide Matagan [pseudonyme attribué à Ubald Paquin], « Chronique littéraire », le Nationaliste, 4 juillet 1920, p. 2.

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