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CONTES DE CHEZ NOUS

recueil de Rodolphe GIRARD.

Le recueil de Rodolphe Girard, Contes de chez nous (1912), contient dix contes et deux textes dramatiques. Trois contes se rattachent visiblement aux romans précédents de Girard : « Un enlèvement au dix-septième siècle » reprend le décor et l'un des thèmes de l'Algonquine* (1910), tandis que «Françoise la blonde», histoire d'un amour tragique à Paspébiac, et « la Fille du pochard », récit du geste généreux d'un jeune dandy envers une famille pauvre, répondent aux deux volets du roman Rédemption* (1906). Quatre autres, dont l'action se déroule dans la région trifluvienne, sont probablement inspirés par les souvenirs d'enfance de l'auteur. Dans « le Castor de mon oncle Césaire », un chapeau qui aurait autrefois appartenu au patriote Chénier est volé à son propriétaire à l'heure de sa mort, mais le voleur n'en retire que du malheur. « La Guignolée » peint la frayeur du petit Girard devant la quêteuse qui passe la veille du Jour de l'An. « Le Fer à cheval de ma tante Joséphine » expose une aventure cocasse arrivée à une jeune fille sur le point de coiffer sainte Catherine. « Le Glas », plus lugubre, raconte la mort de deux amants, dont l'un, sonneur de cloches, se pend à la corde de son carillon. Enfin trois contes offrent d'amusants tableaux de mœurs : « le Monsieur qui sait le bridge », expérience pénible d'un confrère de Girard importuné en villégiature par des fanatiques du bridge ; « Noé Brunel et Narcisse Bigué », nouvelle version de Roméo et Juliette au village ; et « l'Auto de la famille Robichon », voiture qui véhicule un amour heureux.

Le premier texte dramatique, « Dialogue sur les morts », est une courte saynète inspirée de Musset, laquelle met en présence une belle veuve de trente ans et un ami d'enfance dont les condoléances finissent par ressembler curieusement à une déclaration d'amour. L'autre pièce, moins spirituelle mais pleine d'humour, est une comédie en un acte, « le Doigt de la femme », où nous voyons un carabin récalcitrant tomber sous le charme d'une jolie camarade de sa sœur.

Variés et souvent originaux, ces textes de Girard comportent, parmi des lourdeurs et des développements fades, quelques pages assez réussies. Plusieurs en sont relevées par l'esprit de leur auteur, dont les dialogues enjoués faisaient les délices des spectateurs au début de notre siècle. Car enfin Girard, malgré les faiblesses de son recueil, ne mérite pas la condamnation de Jules Fournier, qui ne lui accordait que le mérite d'être un «patriote» et «contribuer médiocrement à développer chez nous l'industrie du bois à pulpe ».

David M. Hayne.

OEUVRES

CONTES DE CHEZ NOUS,

Montréal, [s.é.], 1912, 242 p.

ETUDES

Jules Fournier, «Bibliographie», l'Action, 26 octobre 1912, p. 1.

Madeleine [pseudonyme de madame Wilfrid-A. Huguenin], « Chronique », la Pairie, 4 novembre 1912, p. 4.

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