Collections - Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
LE COEUR EN EXIL

recueil de poésies de René Chopin.

René Chopin naît au Sault-au-Récollet le 2 avril 1885, de Jules-N. Chopin, médecin, et de Léocadie-Délia Brousseau. Après ses études classiques au collège Sainte-Marie, il s'inscrit en droit à l'université Laval à Montréal. Admis à la Chambre des notaires le 1er mars 1910, il part pour Paris et fait un bref séjour à Rome. À son retour, en 1911, il exerce le notariat à Montréal. Par suite de la parution de son recueil de poésies le Cœur en exil, il collabore à l'Action, au Nigog et à la Revue moderne. En 1944, il devient critique littéraire au Devoir. Il meurt à Montréal le 28 juin 1953.

Publié en 1913 à Paris, à l'instigation de Marcel Dugas qui a lu le manuscrit, le Cœur en exil demeure un phénomène isolé dans la production littéraire de l'époque. Rien ne le rattache à l'école du terroir, ni à l'exotisme coloré du Paul Morin du Paon d'émail* paru en 1911.

En scrutant l'œuvre, le lecteur découvre une inspiration symbolique qui semble avoir échappé à l'attention des contemporains. Dès le poème liminaire, le poète définit son rôle d'initiateur à la beauté par l'image du cerisier ancré sur la falaise et luttant désespérément contre l'assaut tumultueux de la tempête. La métaphore inscrit l'opposition entre la dimension verticale de la poésie et les préoccupations médiocres de la société urbaine : « Ô Poète isolé ! Comme ce pâle arbuste, ° Dans ta fragilité, ° Prends racine au rocher orgueilleux et robuste ° De l'Idéalité. » Le recueil est partiellement résumé par le poème liminaire. À la façon de l'arbre courageux, Chopin aspire à la conquête de l'idéal par la voie exclusive du rêve. Il souhaite que la réalité, souillée au contact des humains, puisse retrouver son innocence originelle. Malgré des efforts soutenus pour produire en mai quelques « rares et méritoires fleurs », le cerisier, comme le poète d'ailleurs, redoute l'avenir et pressent la menace du gel.

Le recueil est divisé en six parties distinctes et d'inégales longueurs : « Peintures canadiennes », « Écrans de neige », « Effets de neige », « le Cœur vierge », « les Branches du cyprès » et « Poèmes ». Cette architecture très simple groupe des poèmes inédits, mais également plusieurs poèmes publiés antérieurement dans les journaux. Deux titres s'annoncent plus significatifs : « le Cœur vierge », dont les vers amoureux reflètent la candeur printanière des amours non accomplies, et « les Branches du cyprès », où percent les échos plaintifs de la déception amoureuse et où le rêve devient le refuge par excellence du cœur meurtri.

Les symboles les plus révélateurs employés par Chopin sont le vent, le feu et le givre.

Le Cœur en exil fait du vent une force cosmique hostile au rêve et à l'homme, une puissance maléfique que les tabous des hommes ne peuvent conjurer : « Dehors, c'est un simoun, c'est la tempête, ° Le sifflement ° Âpre et strident des fantastiques bêtes ° Dont le tourment ° S'aigrit, fait rage et s'exalte en tempête. » Par l'emploi des adjectifs (âpre, strident, fantastique), le poète suggère habilement les désordres provoqués par la présence du vent. À partir de profondes et excessives sensations auditives, au-delà du phénomène acoustique (l'ouïe agressée par la force et la continuité du bruit), le poète ouvre une porte sur l'inconscient et l'effrayante complicité des instincts insaisissables, capables de détruire l'homme en le poussant à la violence et à la colère. La clameur du vent pénètre peu à peu dans l'âme du poète pour y chercher la réponse à son insatiable question : « J'accorde mon angoisse à la clameur farouche ° De ta plainte nocturne, ô vent âpre et dément ! ° Comme il résonne en moi ton sublime tourment, ° Fanfare de l'espace, ô ténébreuse Bouche ° Du Vide qui s'exprime, ô sonore élément ! » Sans faire du vent un froid symbole abstrait, le décor intérieur (l'âme du poète) se substitue au spectacle extérieur et prend la dimension maximale que le poète a entrevue. Chopin ressemble à une harpe dont les cordes vibrent en syntonie avec les sons de même fréquence. Le vent, symbole de l'irrationnel et des ténèbres tumultueuses où se débat le poète, plonge celui-ci dans un univers nocturne irréversible.

C'est pourquoi sans doute, le feu, élément de couleur et de chaleur, prendra une importance parallèle au moins égale à celle du vent : « Le bois s'anime et flambe à des lueurs soudaines. ° Un songe lumineux y dore le sommeil ° De la rose sauvage et de la mousse naine. » Le soir de printemps est traversé par la lumière du soleil, timide clarté crépusculaire qui ne peut effrayer l'amant de la nuit. La nature est transfigurée par ce baiser de la lumière et revêt un nouvel éclat rassurant, bien que provisoire. Au saisissement extérieur dont rayonnent les formes et les couleurs correspond le délicat éclairage du songe lui-même, enfin accepté et apaisé ; la rose accède à l'extase et cette extase est partagée par le poète, témoin ébloui.

L'été, à midi, le soleil figure le brasier, la conflagration totale de l'univers, feu qui endort et laisse sans défense : « [...] Comme un brasier ° Midi flambe. Le bois somnole extasié ° Sous la blessure d'or de tes vibrantes lames. » À la présence du feu est liée l'extase, à cette différence près que le plaisir et la douleur resteront inséparables et complémentaires dans leur affrontement. La brûlure semble participer à l'extase, à la fois en la provoquant et en la paraphrasant. Une chose est certaine, le feu de la douleur soustrait le poète à la durée, du moins à la perception de cette durée. Il tient lieu de la seule passion humaine que Chopin aura avouée, lui qui fut très avare de confidences sur le sujet.

Plusieurs textes conjuguent ainsi l'ardeur du feu et l'impatience de la passion inassouvie : « ô flamme des lèvres suppliées ° Par le vierge et le puissant désir, ° Pulpes tièdes et lubrifiées ° Où se crispe le jeune plaisir ! »

Un troisième symbole, véritable antidote du soleil, revêt d'importantes significations dans l'œuvre de Chopin. Le givre, élément intermédiaire entre deux saisons excessives, évoque tout autant une complicité créatrice qu'un frein aux excès du soleil.

Quelques poèmes insistent sur la « créativité » du givre, associant les arborisations dans les vitres au jeu plus ou moins conscient de la main d'un artiste : « Peintre léger, fugace, ° Le Givre aux caprices d'argent, ° Si tôt pour qu'il s'efface,

° Grave un dessin toujours changeant. » L'œil s'occupe et se distrait aux méandres du dessin, complice à la fois de la lumière et du froid, éléments aux puissants et multiples caprices.

Le givre créateur n'en trahit pas moins l'ennemi caché sous ses dentelles, le froid où s'engourdissent la mémoire et le songe. Or, le poète n'a pas renoncé à eux : « Le soir est déchiré de dentelles de givre, ° Mais tandis que le gel étreint les troncs tordus ° Où le verglas met un miroitement de cuivre, ° Voici mes souvenirs, mes songes assidus, ° Voyageurs attardés en des palais de givre ° Et qui semblent perdus. » Ainsi le givre confirme la souffrance, il tue, il étrangle, il abolit le mouvement salvateur, il paralyse. L'arbre est emprisonné, le poète est un captif et sa maison est transformée en « palais de givre ». La léthargie de l'hiver menace son esprit, ralentit le rêve pour sceller finalement le sentiment de claustration qui lui refusera même les consolations de l'écriture. On ne s'étonne plus alors de constater que l'œuvre de Chopin repose sur les thèmes de l'exil, de la solitude et de l'amour idéal.

Le titre même du recueil, le Cœur en exil, constitue une invitation en ce sens. Dans un premier temps, l'esprit du poète appréhende des paysages polaires où l'homme, si intrépide qu'il fût, courrait à l'échec et à la mort : « Les fiers Aventuriers, captifs de la banquise, ° En leurs tombeaux de glace à jamais exilés, ° Avaient rêvé que leur gloire s'immortalise : ° Le Pôle comme un Sphinx demeure inviolé. » Sans doute la mort est-elle le résultat d'une trop grande témérité des hommes hantés par leur volonté d'immortalité ; Chopin l'interprète autrement. La mort, à travers son poème, est la réponse même du Nord (le froid) à la trop grande ambition de l'homme. Le Nord défend ses frontières vierges et « punit » l'envahisseur.

Pour Chopin, qui n'a jamais quitté son pays, il est vraisemblable que la notion d'exil soit tout autre que ce que telle évocation d'aventures peut laisser supposer. Il précise d'ailleurs la nature de son propre exil : « À vous tous, mes Aînés, mon désir se révèle, ° Je rêve parmi vous un exil triste et beau... ° Et j'évoque à vous voir sous forme nouvelle, ° Érable vigoureux ou frêne ou blanc bouleau. » Chopin s'adresse souvent aux arbres dont l'élan vertical sublime son propre rêve d'abandonner une société industrielle où les nécessités de l'existence l'emportent sur les préoccupations esthétiques. C'est du moins une hypothèse à examiner.

Plus fréquent encore que l'exil, la solitude est un thème que l'œuvre expose sous différentes formes. Exil ou solitude statique à l'intérieur d'un tombeau de glace : « [...] Fuis, Passant, le Pôle chimérique ° Où je dors calme et seul. » Devant la mort consécutive à l'échec de son projet démesuré, le poète aura l'ultime consolation d'avoir contemplé des spectacles interdits.

L'aventure représente également une forme d'exil, le voyage, et illustre maints aspects de la solitude : « Je suis le Vagabond, je suis celui qui passe. ° Je consulte la Nuit, j'interroge l'espace, ° Mais nulle voix à mes problèmes ne répond. ° L'Ombre victorieuse étend partout ses voiles ° Et dérobe à mes yeux ces phares, les étoiles. ° Mon frère, prends pitié du pauvre Vagabond ! » Vagabond à la recherche de la lumière, le poète sait que sa démarche incertaine, mal assurée, l'enfonce dans l'angoisse. La solitude, d'abord physique, acceptée intimement comme destin exemplaire, ou peut-être choix personnel, n'en est pas moins difficile à assumer. Le poète s'interroge sur la condition humaine et propose à ses frères une expérience qui les embarrasse ou leur répugne. Il n'en faut pas plus pour que le poète doute de sa propre action et offre ses confidences à des témoins impartiaux, les grands arbres : « Seul, dans l'ombre que font les arbres, haute voûte, ° J'admirai l'éternel règne du Végétal. » Obsédé par la précarité de l'existence, auprès de l'arbre centenaire, le poète découvre la sérénité et la sagesse. L'arbre le rassure en l'enracinant dans sa permanence.

La solitude du poète est décuplée par l'incompréhension de la foule pour l'expérience poétique, sans doute, mais Chopin connaît également la solitude amoureuse de l'homme qui a voulu idéaliser l'amour. Son timide souhait d'une « Ève jeune et belle » ne semble pas avoir trouvé d'écho autour de lui : « Las de moi-même et de ma longue solitude ° Je rêve du bonheur la douce plénitude " Que donne une Ève jeune et belle, plus que sœur. » Il se peut que tel aveu soit davantage un constat d'égoïsme qu'un élan réel vers la femme. Le poète s'est éveillé mais il n'a pas nommé en lui l'obstacle majeur à la communication. Même le bonheur escompté par Chopin ne pénètre pas la réalité, la femme à aimer restant une image de la femme originelle, telle qu'elle apparut au matin de la création, Femme éternelle opposée finalement à la femme concrète.

D'ailleurs, le même poème insiste sur le climat de promesse dont pourrait s'auréoler la rencontre amoureuse, promesse qui en retarde encore la réalisation : « Les fleurs du val n'ont pas ta beauté liliale, ° Ève en robe de fée, ô doux corps puéril ° Qui me promet l'immense ivresse initiale ! » Le choix des adjectifs (lilial et puéril), en plus d'exagérer la fragilité du corps féminin, trahit l'éloignement du poète, uniquement fasciné par les mystères du désir et méprisant au fond les exigences de la chair. L'esprit dénie la chair, l'amour repousse la sexualité, le contact charnel profane le sentiment.

Dès la parution du recueil, les critiques se montrèrent favorables, à deux ou trois exceptions près, dont le père Armand Chossegros, qui exprima de nettes réserves. Il reprocha au poète son manque de sobriété dans le choix des images, mais surtout la superficialité de l'inspiration : « Du Dieu infini et personnel dont les cieux chantent la gloire, et dont les beautés de la création ne sont que les vestiges de la Beauté, rien dans ce livre ; des mystères de l'au-delà et de la mort, rien non plus. »

Choqué de voir un critique littéraire juger une œuvre à partir de critères moraux et religieux, Marcel Dugas protesta vigoureusement au nom des principes de l'art : « Au fond, ces gens-là ne veulent pas de littérature ; l'art est leur ennemi ; ils ont décrété que la religion — c'est-à-dire la religion telle qu'ils l'entendent — doit tenir lieu de tout ; ils ne permettent pas que l'on prenne du plaisir à un paysage et que l'on s'amuse aux jeux de lumière et d'ombre, au ruissellement des bijoux, à l'analyse du cœur humain. »

Hors de cette controverse, l'originalité du recueil réside dans le fait que Chopin, discrètement, dénonce la solitude qui échoit au poète en vertu de son art. Son expérience confirme celle d'Émile Nelligan, victime de la société bourgeoise de son temps, et qui a crié sa détresse dans la célèbre « Romance du vin ». Bien malgré lui, Chopin expérimente la solitude de l'artiste, mais il prend l'initiative de fuir les préoccupations uniquement matérialistes de ses contemporains. Il annonce le repliement de Saint-Denys Garneau qui, après avoir publié un mince recueil, choisira délibérément de rétablir le silence un instant rompu par la magie de son verbe.

René Chopin ne mérite évidemment pas la consécration d'un Nelligan ou d'un Saint-Denys Garneau, mais il représente valablement un jalon intermédiaire qui a permis de passer de l'un à l'autre sans dépaysement.

Marcel Plamondon.

OEUVRES

LE COEUR EN EXIL,

Paris, Georges Crès et cie, 1913, 179 p.

ETUDES

[Anonyme], « Histoire et Littérature. Les auteurs. Joseph-René Chopin », l'Événement (supp.), 7 janvier 1928, p. 10. —

Samuel Baillargeon, Littérature canadienne-française, 1957, p. 194-198.

Hermas Bastien, Témoignages, p. 152-155.

Claude Bellavance, « René Chopin, poète de la solitude », Mémoire de licence présenté au Département d'études canadiennes, Québec, université Laval, 1967, II, 39 f.

Jean Charbonneau, Des influences françaises au Canada, t. I, p. 117-130.

Lucille Chopin, « Bio-bibliographie de M. René Chopin », Montréal, École de bibliothécaires, Université de Montréal, 1944, 54 f.

Colette [pseudonyme d'Édouardine Lesage], « le Cœur en exil », la Presse, 4 octobre 1913, p. 2. —

Albert Dandurand, la Poésie canadienne-française, p. 171-175.

Louis Dantin [pseudonyme d'Eugène Seers], « René Chopin. Le Cœur en exil — Dominantes », l'Avenir du Nord, 9 mars 1934, p. 1-2 [reproduit dans Poètes de l'Amérique française, t. II, p. 57-721.

René Deguire, « René Chopin », Cahiers de l'Académie canadienne-française, 1972, p. 91-97.

Marcel Dugas, Nocturnes, p. 47-49 ;

« À propos de M. René Chopin. (Fragment) », le Nigog, mai 1918, p. 154 ;

Apologies, p. 89-110 [reproduit dans Littérature canadienne. Aperçus, p. 75-941. —

Roger Duhamel, Lettres à une provinciale, Montréal, Beauchemin, 1962, p. 21-23.

Jules Fournier, « Un nouveau livre canadien. Le Cœur en exil, par M. René Chopin », l'Action, 28 juin 1913, p. 4.

Alain Grandbois, « René Chopin, chantre des beautés du monde », le Petit Journal, 12 janvier 1964, p. 34.

Marcel Henry [pseudonyme de Marcel Dugas], « M. Edmond Léo, critique littéraire », l'Action, 28 juin 1913, p. 4 ;

« le Poète René Chopin », l'Action, 30 août 1913, p. 1 ;

« Lozeau et René Chopin », le Devoir, 9 mai 1917, p. 2.

André Langevin, « Nos écrivains. René Chopin », Notre Temps, 6 septembre 1947, p. 1-2.

André Lapierre, « le Sentiment de la nature chez René Chopin ». Thèse de maîtrise ès arts, Ottawa, Université d'Ottawa, 1968, X, 157 f.

Jules Léger, le Canada français et son expression littéraire, p. 169-171. —

Edmond Léo [pseudonyme d'Armand Chossegros]. « Causerie littéraire. Le Cœur en exil par René Chopin », le Devoir, 27 septembre 1913, p. 1.

Léon-Victor [Léon Paquin], « l'Influence parnassienne sur la littérature canadienne-française en général, et, particulièrement, chez Émile Nelligan, Paul Morin, René Chopin et Arthur de Bussières ». Thèse de maîtrise ès arts, Montréal, Université de Montréal, 1953, f. 65-88.

Liseur [pseudonyme], « Cœur en exil. Recueil de vers par M. René Chopin », le Nationaliste, 21 septembre 1913, p. 3. —

Madeleine [pseudonyme de madame Wilfrid-A. Huguenin], «Chronique», la Patrie, 29 septembre 1913, p. 4.

André Major, ALC, t. IV, p. 135-142.

Gilles Marcotte, Une littérature qui se fait, p. 107-116.

Jean-Claude Martin, « Un poète original », le Quartier latin, 26 octobre 1933, p. 5.

Paul MORIN, « René Chopin, poète magicien », Qui ? Art. Musique. Littérature, mars 1953, p. 41-46.

Louis-Adolphe Nantel, « Lettre parisienne », la Patrie, 20 septembre 1913, p. 3.

N. P., «le Cœur en exil de M. René Chopin », le Pays, 27 décembre 1913, p. 8.

Jeanne Paul-Crouzet, Poésie au Canada, p. 232-248.

Marcel Plamondon, « la Thématique de l'exil et le Cycle des saisons dans la poésie de René Chopin ». Thèse de maîtrise ès ans, Québec, université Laval, 1972, XIII, 147, XVI f.

Adjutor Rivard, « les Livres », Bulletin du parler français au Canada, novembre 1913, p. 102.

Turc [pseudonyme de Victor Barbeau], « Au fil de l'heure. Symphonies », la Presse, 3 janvier 1920, p. 8.

Plan du site | Droits d'auteur | Confidentialité | Déclaration de services aux citoyens | Accès à l'information
© Bibliothèque et Archives nationales du Québec