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L'AVENIR DU CANADA

Nos droits à l'indépendance politique, essai de l'abbé Wilfrid MORIN.

Né à Valleyfield le 1er novembre 1900, d'Arthur Morin et de Rose-Victoria Avon, Wilfrid Morin fait ses études au Collège de L'Assomption et s'inscrit en théologie du Grand Séminaire de Montréal, où il est ordonné prêtre le 11 juin 1927. Vicaire à Maisonneuve puis au Très-Saint-Nom de Jésus, il est, par la suite, professeur à L'Assomption, vicaire à Nôtre-Dame du Rosaire de Villeray, professeur à l'externat classique de Saint-Sulpice et vicaire à Saint-Georges. Il fait deux séjours en France, entre 1934 et 1939. Il se rend aussi en Terre Sainte et en Égypte. De retour à Montréal, il enseigne au collège Jean-de-Brébeuf et sert à titre d'aumônier à l'hospice Saint-Henri, de janvier 1941 à sa mort, survenue le 29 mai 1941 au lac Guindon, dans un accident qui emporta aussi Louis Francœur et Léo-Pol Morin.

SOUS-TITRÉ Nos droits à l'indépendance politique, l'Avenir du Canada fut la thèse de doctorat de l'abbé Wilfrid Morin, soutenue à l'Institut catholique de Paris. Dans la partie initiale de sa thèse, assurément plus objective que la seconde, l'abbé Morin pose certains principes et, à la lumière de nombreux philosophes, sociologues et historiens, parmi lesquels prédominent les penseurs catholiques, il analyse ce qui constitue une nation. Il tente de cerner le sens des mots : nationalité, nation, État et patriotisme. Il avance que les seuls critères valables en matière de nationalisme sont d'ordre psychologique et spirituel, et que le nationalisme est avant tout un sentiment et une inspiration. Cette première partie est de toute évidence écrite en fonction de la seconde, intitulée « les Conclusions s'imposent » et dans laquelle, après avoir affirmé qu'il existe une authentique nation laurentienne, l'auteur, disciple avoué de Lionel Groulx, plaide les droits de cette nation « de vivre et surtout de se survivre au moyen d'une indépendance politique plus complète et plus ethnique, dans le ton et dans l'amplitude de son génie propre, coulé tout entier dans le moule unique de la culture et de la civilisation française ».

La confédération fut un « marché de dupes », croit Morin. « On n'a pas cessé de léser la foi jurée. Les traités demeurent toujours, des témoins impuissants de nos droits aussi bien que des garanties qu'ils exigent. »

Mettant plutôt en relief le vouloir-vivre collectif que le pouvoir-vivre collectif, évoquant l'histoire et ce qu'il estime être le droit naturel et celui du premier occupant, Wilfrid Morin insiste sur la nécessité d'un changement constitutionnel : « C'est assez temporiser, c'est assez parlementer. Nous n'en perdons que notre temps et notre salive. Ce qu'il nous faut, c'est l'autonomie. »

Toutefois, l'auteur de l'Avenir du Canada ne se place qu'au seul niveau idéologique ; s'il revendique l'indépendance politiquer de la terre laurentienne, il ne propose, cependant, aucune action concrète qui soit de nature à hâter cette indépendance. À d'autres reviendra le soin de formuler des programmes politiques. Bien qu'il n'hésite point, par ailleurs, à prédire que la Laurentie indépendante sera économiquement viable, Morin n'offre aucune analyse détaillée à ce sujet. Il se contente plutôt d'affirmer qu'il convient d'avoir foi en l'avenir.

Quelles seront les caractéristiques nationales de la Laurentie ? Ce sera un pays de langue française et de religion catholique. Bien qu'il reconnaisse, à un moment, que la religion n'est pas un élément essentiel de la nationalité, l'abbé Morin lui confère effectivement, ce rôle. Ce n'est qu'à la lumière de la religion catholique qu'il semble capable de concevoir l'avenir du peuple laurentièn : « Seul peuple catholique et missionnaire, providentiellement attitré, nous sommes encore le seul peuple à lutter contre tous les empiétements du protestantisme. Nos autorités ecclésiastiques et laïques ne cessent de combattre l'erreur qui cherche à s'infiltrer cauteleusement dans nos mœurs et notre foi. [...] Grâce à l'adhésion de notre peuple à une foi austère et semeuse de résignation, nous sommes le peuple-rempart contre toutes les atteintes du communisme, parce que notre mystique place le bonheur plus haut que les biens de ce monde et que pour armer nos courages et relever nos volontés nous envisageons de préférence la récompense éternelle. »

François-Albert Angers estime que l'ouvrage de Morin « est important pour nous de par la preuve même qu'il établit. Le droit que nous avons à l'indépendance, en effet, conditionne notre droit de revendiquer, dans la Confédération, toutes les conditions nécessaires à notre plein développement, c'est-à-dire la plus large mesure d'autonomie. »

Jacques Cotnam.

OEUVRES

L'AVENIR DU CANADA. Nos droits à l'indépendance politique,

Paris, Fernand Sorlot, 1938, 253 p. ; Guillemot et de Lamothe ; [réédité sous le titre :] l'Indépendance du Québec. Le Québec aux Québécois !, Montréal, Alliance laurentienne, [1960], 253 p.

ETUDES

[Anonyme], « Trois morts dans une horrible tragédie », la Presse, 30 mai 1941, p. 3. 35.

François-Albert Angers, « les Livres. Nos droits à l'indépendance politique, par Wilfrid Morin, prêtre », l'Action nationale, janvier 1940, p. 83-84. —

Raymond Barbeau, Avertissement à l'édition de 1960, p. 9-10.

Yves de La Brière, Préface, p. 9-23.

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