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L'ALGONQUINE

roman de Rodolphe Girard.

Avec son quatrième roman, l'Algonquine (1910), Rodolphe Girard revient au roman historique. L'action du prologue commence le 5 août 1652, à Paris : cédant aux instances de son fils Gaston, le comte Louis d'Yville consent à conduire l'enfant au théâtre de Tabarin. Rentrant à pied après la représentation, père et fils sont bousculés par une foule de vagabonds sur le Pont-Neuf et le petit est enlevé par un prétendu cul-de-jatte. Sa mère, inconsolable, meurt bientôt après.

Le récit proprement dit débute vingt ans plus tard, à Québec, avec l'arrivée du gouverneur Louis de Buade, comte de Frontenac. Du même bateau débarque un jeune homme débraillé, Giovanni, qui se distingue aussitôt en sauvant la vie à une noble demoiselle, Johanne de Castelhay, menacée par un cheval emballé. La belle Johanne ne tarde pas à s'éprendre de son sauveteur. Mais c'est sur une Algonquine réfugiée chez les Castelnay que Giovanni jette son dévolu. L'Indienne Oroboa s'enfuit de la maison et Giovanni la poursuit. Il rencontre en route le comte d'Yville, qui mène une troupe à Trois-Rivières : le comte s'émeut à la vue de ce jeune homme qui lui ressemble et l'accepte dans sa compagnie. De son côté, Johanne, déguisée en cavalier, suit les traces de son idole. À, la nuit tombante, elle rencontre Oroboa, dans une clairière, et réussit à tirer de l'Indienne le secret de son amour pour Giovanni.

Dans l'intervalle, la troupe du comte est tombée dans une embuscade iroquoise : Yville est laissé pour mort, et Giovanni est fait prisonnier. Johanne et son guide arrivent à temps pour libérer le captif, mais la jeune fille est blessée à mort: Le guide reconduit Giovanni vers le Cap-de-la-Madeleine ; cherchant un refuge contre la tempête, ils retrouvent, dans une grotte, Oroboa, qui soigne les blessures du comte. C'est là que se dénoue le roman : en Giovanni le comte retrouve son fils Gaston, qui pourra épouser Oroboa.

Roman d'aventures émouvantes et d'amour tendre, aux incidents multiples et souvent invraisemblables, l'Algonquine témoigne, dans ses nombreux passages descriptifs, du goût incorrigible de son auteur pour les épithètes recherchées et les comparaisons outrées. Comme tous les romans de Girard, celui-ci, malgré le succès relatif de son prologue, sent trop l'effort pour plaire longtemps au lecteur.

David M. Hayne,

OEUVRES

L'ALGONQUINE. Roman des jours héroïques du Canada sous la domination française,

Montréal, la Compagnie de publication de « la Pairie », [1910], 65 p. ; le Temps, 6 octobre-11 novembre 1910 ; le Droit, 18 juillet-28 août 1931.

ETUDES

[Anonyme], « l'Algonquine », la Presse, 25 octobre 1910, p.4.

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