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Ô CANADA! MON PAYS! MES AMOURS !

chanson, de George-Étienne CARTIER.

Fils de Jacques Cartier et de Marguerite Paradis, George-Étienne Cartier naît à Saint-Antoine (comté de Verchères) le 6 septembre 1814. Il fait ses études au Collège de Montréal (1825-1831) puis s'initie au droit dans l'étude d'Édouard-Étienne Rodier. Admis au barreau en 1835, partisan de Louis-Joseph Papineau dès 1834, il prend part aux événements de 1837 et doit se réfugier aux États-Unis. Accusé de trahison, il revient à Montréal plaider sa cause et reprend l'exercice du droit (1839) avec son frère François-Damien. En 1848, il commence une carrière politique ininterrompue jusqu'à sa mort et devient partisan de Louis-Hippolyte Lafontaine contre Papineau. Député de Verchères (1848-1861), de Montréal-Est (1861-1872) et de Provancher (1872-1873), il est le chef canadien-français du parti conservateur pendant près de vingt-cinq ans. Secrétaire provincial (1854), procureur général (1856), ministre de la Milice (1867), il est créé baronnet en 1868. Partisan de l'abolition de la tenure seigneuriale, de la codification des lois, de l'organisation de l'enseignement primaire dans le Bas-Canada, il est (avec John Alexander Macdonald) à l'origine des Statuts refondus du Canada (1859). Père de la confédération, il a consacré toutes ses énergies à l'établissement du système fédératif de 1867. Il meurt à Londres le 20 mai 1873. Il a épousé le 16 juin 1846 Hortense Fabre, fille d'Édouard-Raymond Fabre.

À VINGT ANS, George-Étienne Cartier est patriote. Et sans doute amoureux. Il chante son pays parce que « c'est l'usage » (ou « d'usage »). parce que noblesse oblige, parce qu'il prétend descendre d'un frère de Jacques Cartier. « Laissez-les partir, c'est la canaille qui s'en va », dira-t-il des émigrés en Nouvelle-Angleterre. Dans « Ô Canada ! mon pays ! mes amours ! », la « canaille » est déjà partie. Le pays est propre, gentil, limpide : le fleuve suit son « majestueux cours », les montagnes (« altières ») suivent leurs «penchants» ; vallons, forêts, chutes, tout est concours d'« objets ». Les sujets sont absents, réduits à « l'amante enjouée » (printemps), au « moisonneur, l'été [qui] joyeux s'apprête » ; « Et tout l'automne et tout l'hiver, on fête. » On ne travaille pas, on attend le touriste, on soigne son image de marque, son folklore ; joie de vivre, galanterie, hospitalité spoken. Le mot d'ordre est : paix, tranquillité, bien-être. Ce pays idyllique est naturellement identifié à la femme, ou plutôt à la « belle » : « D'une Française elle a tous les atours, ° L'air moins coquet, pourtant assez pour plaire. » La rengaine est à peine troublée, le roman, à peine stimulé par la « main parjure » d'Albion. Les enfants se joignent en ronde et « le beau jour déjà commence à poindre ». Qu'est-ce qu'un nuage dans un ciel si vaste, si bleu ? Le futur baronnet, qui mourra à Londres, annonce sereinement la couleur. D'une version à l'autre, le « vieil adage » ne bouge pas, ni les saisons, ni les bis, ni les possessifs (mon, mes, le mien). Dans la Minerve du 29 juin 1835, la strophe « Chaque pays [...] » précède la strophe « Le Canadien [...] » ; dans le Répertoire national*, c'est l'inverse. Dans la Minerve, chez Auguste Achintre (1868), dans la Bonne Chanson*, on trouve « l'étranger souvent parjure » (avec ou sans virgule) plutôt que « d'Albion la main parjure ». C'est moins obscène.

Laurent MAILHOT.

OEUVRES

« Ô CANADA ! MON PAYS ! MES AMOURS ! »,

RN, I, 1848, p. 308-309 [parut d'abord sous le titre « Chanson de M. G. É. Cartier », dans la Minerve, 29 juin 1835, p. 3] ; « 0 Canada ! mon pays », dans Charles-Honoré LAVERDIÈRE, le Chansonnier des collèges, 2e édition, 1854, p. 8-9 ; « O Canada ! mon pays ! mes amours ! », Recueil de chansons canadiennes et françaises, 1859, p. 35-36 ; la Minerve, 24 juin 1884, p. 2 ; le Courrier de Saint-Jean, 10 septembre 1897, p. 1 ; la Patrie, 6 septembre 1902, p. 18 ; le Passe-temps, 21 juin 1913, p. 234-235 ; dans Charles-Emile GADBOIS, la Bonne Chanson, I, [Saint-Hyacinthe, s.é.,1937], p. 16.

ETUDES

Jean-Charies BONENFANT, « Cartier, sir George-Étienne », DBC, X, p. 155-166.

Laurent-Olivier DAVID, « Galerie nationale. Sir George », l'Opinion publique, 29 mai 1873, p. 253-255.

MADELEINE [pseudonyme de madame Wilfrid-A. HUGUENIN], « Chronique. Ô Canada ! mon pays, mes amours », la Patrie, 23 juin 1902, p. 4.

Eugène RENAULT, « Canada [sic], mon pays, mes amours ! », la Minerve, 28 janvier 1889, p. 2.

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