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NOUVELLE RELATION DE LA GASPÉSIE

du père Chrestien LE CLERCQ.

LORSQUE paraît la Nouvelle Relation de la Gaspésie, en 1691, le père Chrestien Le Clercq est en France. Dès 1615, les récollets avaient envoyé des relations en France et le père Le Clercq ne fait que suivre l'exemple de ses prédécesseurs. Sa relation est toutefois la plus importante. Elle porte sur les six premières années de son ministère et de sa vie parmi les habitants de la Gaspésie, et s'alimente aux souvenirs d'une mémoire récente, puisqu'elle paraît cinq ans seulement après la fin de son séjour dans la péninsule. À ce titre, elle contraste avec un autre ouvrage de Le Clercq, paru la même année à Paris, le Premier Établissement de la Foy dans la Nouvelle France*.

Désirant donner un témoignage aussi exact que possible sur le pays et ses habitants (les Micmacs), Le Clercq s'attache à décrire le plus minutieusement possible ces « Gaspésiens », leur origine, leur naissance, leur habillement, leurs parures, leur logement, leur nourriture, leur langue, leur religion, leur organisation politique, leurs jeux, leur vie sociale, leurs maladies et leur mort. Les différents chapitres contiennent des notations intéressantes sur la façon dont le missionnaire conçoit et exerce son ministère ainsi que des renseignements sur la population d'origine française et ses activités sur terre et sur mer. Mais l'essentiel de l'ouvrage est destiné à faire connaître les « Gaspésiens », que Le Clercq respecte et comprend, attitude assez rare pour l'époque : « Quoi que l'on puisse dire, j'avoue pour moi que je les estimerais incomparablement plus heureux que nous, et que la vie même de ces Barbares serait capable de donner de la jalousie, s'ils avaient les instructions que Dieu nous a données pour nous sauver. »

De lecture facile, la Nouvelle Relation de la Gaspésie est rédigée dans un style vivant et livre des renseignements précieux sur la vie du missionnaire et sur les peuplades autochtones.

On comprend difficilement pourquoi Charlevoix a fait une critique acerbe de la Nouvelle Relation de la Gaspésie, dans son Histoire et Description générale de la Nouvelle-France*, alors que William F. Ganong, dans l'édition anglaise parue en 1911, affirme que «nulle part notre littérature n'offre peinture plus belle de la vie familiale des Indiens ».

Frédéric OGÉ.

OEUVRES

NOUVELLE RELATION DE LA GASPÉSIE, qui contient les Moeurs & la Religion des Sauvages Gaspesiens Porte-Croix, adorateurs du Soleil, & d'autres Peuples de l'Amérique Septentrionale, dite le Canada,

À Paris, Chez Amable Auroy, 1691, 572 p. ; 1758 ; Imprimé à Paris, & se vend à Lyon chez Thomas Amaulry, 1692; New Relation of Gaspesia. With the Customs and Religion of the Gaspesian Indians, translated and edited, with a reprint of the original, by William F. Ganong, Toronto, The Champlain Society, 1910, XI, 452 p.

ETUDES

G.-M. DUMAS, « Le Clercq, Chrestien », DBC, I, p. 449-552.

William F. GANONG, Introduction de l'édition de 1910, p. 1-41.

Archange GODBOUT, dans Jean-Jacques LEFEBVRE [éditeur]. Centenaire de l'histoire du Canada de François-Xavier Garneau, [Montréal], Société historique de Montréal, 1945, p. 269-290.

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