Collections - Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
HISTOIRE DU CANADA DEPUIS SA DÉCOUVERTE JUSQU'À NOS JOURS

de François-Xavier GARNEAU.

Fils de François-Xavier Garneau, tour à tour voiturier, sellier et aubergiste, et de Gertrude Amiot-Villeneuve, François-Xavier Garneau naît à Québec le 15 juin 1809. Après ses études primaires (1814-1823), il fait un stage de deux ans comme clerc du greffe sous la direction de Joseph-François Perrault, greffier de la Cour. Il entre ensuite comme clerc-notaire chez Archibald Campbell qui lui ouvre sa bibliothèque et il reçoit sa commission de notaire le 23 juin 1830. Le 20 juin 1831, il s'embarque pour l'Europe et devient secrétaire de Denis-Benjamin Viger à Londres. De retour au pays le 30 juin 1831, il collabore au Canadien et lance l'hebdomadaire éphémère, l'Abeille canadienne. En 1836, il ouvre une étude et publie des « extraits historiques » dans le Canadien. Des soucis financiers l'obligent à devenir caissier à la Banque de l'Amérique septentrionale britannique en 1837. Il n'en continue pas moins à publier des poèmes et des extraits historiques dans le Canadien et lance un autre journal, l'Institut. Greffier de la ville de Québec en 1843, il est victime de sa première attaque d'épilepsie. De 1845 à 1848, il poursuivra la publication de son Histoire du Canada qui reçoit un accueil inespéré. La Chambre à majorité anglaise lui vote une somme de mille dollars pour continuer ses recherches. Par la suite, Garneau travaille à la deuxième (1852), puis à la troisième édition (1859) de son histoire, malgré une santé chancelante qui ne cesse de se détériorer. Terrassé par une crise d'épilepsie, il meurt à Québec le 3 février 1866 après quelques jours de maladie. Il avait épousé le 25 août 1835 Marie-Esther Bilodeau.

PAR son envergure, par la richesse de sa documentation, par son style épique et par la philosophie de l'histoire nationale qui la sous-tend, l' Histoire du Canada de Garneau est sans conteste l'oeuvre la plus importante de la production littéraire du XIXe siècle canadien-français.

On ne peut parler de l' Histoire du Canada sans évoquer le climat dans lequel elle fut conçue : les deux insurrections, de 1837 et de 1838, le Rapport de lord Durham, le douloureux exil de plusieurs centaines de patriotes et, enfin, l'Acte d'Union de 1841. Il va sans dire que la psychologie collective du petit peuple canadien-français — lui qui avait rêvé aux temps de la Nouvelle-France de régner en maître entre l'Acadie et les Grands Lacs — fut profondément marquée par ces déconvenues militaires et politiques. Il devint alors évident aux Canadiens français des années 1840 que leur histoire, faute des conditions politiques normales, ne se révélait guère un épanouissement progressif, mais plutôt une lutte incessante pour la survivance.

Âgé d'une trentaine d'années, notaire formé par Archibald Campbell, riche des souvenirs d'un séjour de deux ans en Europe, doué d'une bonne culture générale, auteur de plusieurs poésies (Poèmes épars*) parues dans le Canadien et la Minerve, Garneau vit l'atmosphère politique des années 1830. Il est sympathique aux patriotes et admirateur de Papineau. Le 15 février 1837, il écrit son premier article sur les hauts faits militaires de ses ancêtres.

Garneau a lu les encyclopédistes et les romantiques ; il a observé la vie parlementaire à Londres et à Paris ; il connaît l'histoire de certains peuples opprimés — l'Écosse, l'Irlande, la Pologne — en côtoyant pendant deux ans Thomas Campbell, Daniel O'Connell et Krystyn Lach-Szyrma... Il semble que c'est à la suite de l'Union des Canadas et dans l'abattement moral qui suivit que Garneau résolut de rédiger une histoire du Canada des origines à l'établissement du gouvernement parlementaire (1792). Il connaît, certes, les difficultés auxquelles une recherche de telle envergure aura à se heurter. Mais il se met résolument à la tâche sans ménager sa santé.

L' Histoire du Canada est donc le résultat d'un effort soutenu. Le premier tome voit le jour en 1845, le deuxième en 1846, le troisième en 1848, le quatrième en 1852. L'ouvrage connaît un retentissement considérable : les uns y voient une fresque historique extraordinaire, les autres y trouvent trop de critiques à l'égard de la religion et de la tradition nationale. Attentif aux éloges et aux objections, l'auteur reprend son texte sans relâche. Ainsi paraissent les deuxième et troisième éditions de son Histoire du Canada, publiées respectivement en 1852 et en 1859. Entre le texte de la première édition et celui de la troisième il existe au-delà de vingt mille variantes de faits, de style, d'interprétation et de ponctuation. Après sa mort, son fils Alfred et son petit-fils Hector continueront à remanier, à leur façon, l'oeuvre de leur ancêtre. C'est ainsi que paraîtront la quatrième édition de l' Histoire du Canada en 1882, chez Beauchemin et Valois, à Montréal ; la cinquième (1913-1920), la sixième (1920) et la septième (1928) chez Alcan, à Paris. Pour commémorer le centenaire de l'ouvrage, les Éditions de l'Arbre publièrent, en 1944-1946, l' Histoire du Canada en huit volumes suivis d'un index. Enfin, en 1969, les Amis de l'Histoire (copyright : François Beauval, Paris) feront paraître le texte de Garneau d'après sa quatrième édition, agrémenté de nombreuses illustrations, mais sous un titre fautif : Histoire du Canada français.

Ces précisions bibliographiques sont nécessaires pour comprendre que l'ouvrage de Garneau a subi d'innombrables métamorphoses. Plus précisément, il se constitua en trois étapes : de son vivant, l'auteur a préparé lui-même trois éditions ; les cinq éditions qui suivent introduisent les changements et les notes explicatives qu'Alfred et Hector Garneau ont jugé bon d'y apporter ; l'édition de 1969 reprend le texte de la quatrième édition sans explication aucune. Il va de soi que le vrai visage de Garneau historien ne se saisit bien qu'à partir des trois premières éditions de son Histoire du Canada : les métamorphoses du contenu et du style coïncident avec les intentions de l'auteur. C'est pour cette raison que nous suivons la troisième édition, la dernière publiée du vivant de l'auteur, comme le texte sur lequel s'appuie l'analyse et auquel renvoient les références.

L' Histoire du Canada de Garneau s'ouvre par un « discours préliminaire » souvent cité où l'historien fait une profession de foi dans les idées libérales et rappelle les progrès de la science en général et de la connaissance historique en particulier, en Occident, depuis la Renaissance.

Divisé en cinq livres et seize chapitres, le tome premier raconte l'histoire du pays aux XVIe et XVIIe siècles. L'introduction n'est qu'une présentation générale des conditions des grandes découvertes. Garneau remonte aux Anciens et au mythe de l'Atlantide pour chercher l'origine des connaissances sur l'Amérique. Il ne s'étend pas sur le voyage de Colomb, passant rapidement aux voyages de Cabot, de Verrazzano et des pêcheurs français. La découverte du Canada par Cartier fait l'objet d'un court chapitre au cours duquel on suit le navigateur dans chacun de ses voyages. De 1543 à 1603, c'est l'abandon temporaire du Canada auquel la France, déchirée par les guerres de religion, ne pense plus.

Le livre premier couvre la période 1603-1632 qui correspond à l'établissement permanent de la Nouvelle-France. Le voyage de Pont-Gravé et de Champlain prélude à l'expédition de de Monts en Acadie et à la fondation de Port-Royal. Mais l'assassinat d'Henri IV marque un temps d'arrêt, alors que les projets de la marquise de Guercheville sont à l'origine de difficultés entre les colons et les jésuites. Après la fondation de Québec, en 1608, ce sont les premières expéditions de Champlain contre les Iroquois. S'y ajoutent les tensions provoquées par la traite des pelleteries. Au lendemain de l'arrivée des jésuites, Richelieu forme la compagnie des Cent-Associés. Jacques Ier d'Angleterre concède l'Acadie au chevalier Alexander tandis que les huguenots sont exclus de la Nouvelle-France. La fin du premier livre met en évidence trois événements : la guerre entre la France et l'Angleterre, la prise de Québec par les Kirke, et le traité de Saint-Germain en 1632.

Le court livre II est une description géographique du Canada, suivie d'un tableau des nations indiennes dans lequel Garneau présente leur mode de vie, leur état politique et culturel et leur religion.

Le livre III (1632-1663) comprend deux chapitres de récit et deux chapitres de description. Après la reprise de Québec et le retour de Champlain comme gouverneur, un chapitre est consacré à la guerre sans merci entre les Iroquois et les Murons ; il se termine par des considérations sur la dispersion de ces derniers et sur les vives attaques des Iroquois contre les établissements français. L'arrivée du baron Davaugour marque le début de longues dissensions entre l'évêque et le gouverneur. Pendant ce temps, la France réorganise l'Acadie rétrocédée. Mais, dès les premières escarmouches avec l'Angleterre, c'est la guerre en Acadie, l'abandon de La Tour et l'héroïsme de sa femme, dont Garneau relate les exploits en plusieurs pages. Tandis que la guerre se poursuit, La Tour se met sous la protection de Cromwell et de l'Angleterre jusqu'à ce que l'Acadie soit rendue à la France, en 1667. Garneau brosse ensuite un tableau des gouvernements civil et ecclésiastique du Canada, en 1663. L'auteur insiste sur les efforts de Colbert pour peupler la colonie et décrit l'organisation du Conseil souverain et de l'appareil judiciaire et administratif, réponse au pouvoir absolu des gouverneurs. En même temps, monseigneur de Laval arrive à Québec, établit le séminaire et crée des paroisses. C'est à l'occasion de ce chapitre que Garneau trace un portrait célèbre et controversé de monseigneur de Laval.

Le livre IV (1663-1689) s'ouvre sur un exposé des luttes de l'État et de l'Église. De longues pages sont consacrées à la louange de Talon et de son activité. Après le traité de Sault-Sainte-Marie qui consacre la suprématie française, Frontenac arrive au Canada et on assiste à son affrontement avec François-Marie Perrot dont le clergé prend le parti ; l'opposition de monseigneur de Laval à la traite de l'eau-de-vie aboutira au rappel de Frontenac. Dans cette période les découvertes des missionnaires et des voyageurs se multiplient. Le chapitre II est un long exposé des voyages des pères Druillettes, Raimbault, Jogues, Marquette, Hennepin et d'autres dont les exploits sont devenus célèbres. La description se termine par l'évocation des difficultés de La Salle et la découverte du Mississippi. Enfin, l'arrivée de La Barre coïncide avec la reprise des incursions iroquoises. Provoqués par Dongan, gouverneur de la Nouvelle-York, les Iroquois partent en guerre contre les Français et le tout se termine par le massacre de Lachine, en 1689.

Le livre V et dernier de ce tome est consacré à la période de 1690-1701. Le premier chapitre décrit les colonies anglaises en 1690. Garneau dresse d'abord un bref historique de la colonisation anglaise en Amérique. Passant des premiers établissements à la confédération de la Nouvelle-Angleterre, il brosse un tableau géographique, politique et économique pour établir, dans un passage souvent cité, les différences entre colons anglais et français. Avec la ligue d'Augsbourg et la reprise des hostilités entre la France et l'Angleterre, la guerre recommence au Canada. Les Iroquois en profitent pour se livrer à de nouvelles incursions. Après avoir pris Port-Royal, l'amiral Phips assiège Québec en 1690. Il est repoussé et les Français peuvent reprendre leurs expéditions contre les Iroquois pour laisser le Canada dans un état heureux en 1696. Cependant, la guerre continue en particulier à Terre-Neuve et à la baie d'Hudson où Iberville se livre à ses exploits. Le volume s'achève sur le traité de Ryswick, la mort de Frontenac et la paix de 1701 avec toutes les tribus indiennes.

Le tome II de l'Histoire est consacré à la Nouvelle-France au XVIIIe siècle et aux débuts du Régime anglais jusqu'à l'invasion américaine.

Au début du volume (livre VI), Garneau transporte le lecteur en Louisiane dont l'histoire est retracée de 1683 à 1744. Le premier chapitre s'étend sur l'établissement de la Louisiane et sur les projets de Louis XIV qui y envoie La Salle et Beaujeu. Après avoir rappelé les démêlés de La Salle, ses désillusions et son assassinat, Garneau célèbre les nouveaux exploits d'Iberville qui organise l'établissement de la Louisiane. Tandis qu'une colonie canadienne s'établit à Détroit, la guerre reprend en Europe au sujet de la succession d'Espagne. Le Canada, qui connaît une paix relative avec les Indiens à la suite du traité de Montréal, en 1701, peut se permettre quelques incursions en Nouvelle-Angleterre. Mais la faiblesse de l'Acadie y attire les Anglais ; Port-Royal est assiégé et les hostilités reprennent à Terre-Neuve. Le traité d'Utrecht en 1713 met un terme à la guerre, consacrant l'humiliation de Louis XIV avec la perte de Terre-Neuve et de l'Acadie.

Au début du livre VII, Garneau continue à traiter des affaires européennes. L'échec du système de Law affaiblit la France et ses colonies. Sous le monopole de Crozat, la Louisiane décline rapidement et plusieurs projets de commerce avec le Mexique échouent. L'essai de réorganisation se heurte à la famine, à la guerre contre l'Espagne et surtout aux Natchez qui complotent, en vain il est vrai, la destruction des Français. Au Canada, durant cette période, Vaudreuil cherche à étendre le pays, ce qui occasionne des difficultés frontalières avec l'Angleterre, à l'est et en Acadie. De même, de nombreux problèmes surgissent au sud lorsque les colonies anglaises interdisent le commerce avec le Canada. Après un tableau du Canada à la mort de Vaudreuil, Garneau évoque la découverte des montagnes Rocheuses par La Vérendrye, en 1743.

Le livre vu comporte un premier chapitre récapitulatif sur la situation commerciale de 1608 à 1744. C'est une étude sur la raison d'être des colonies, sur les richesses de la pêche et des pelleteries et sur l'effet néfaste des guerres sur ce commerce. Garneau y dresse un état de tous les secteurs de l'économie depuis l'exploitation des mines jusqu'à l'agriculture, en passant par la construction des vaisseaux, les salines et les manufactures. Revenant sur le système de Law, Garneau y décrit la faillite du trésor et dénonce le trafic auquel se livrent les fonctionnaires publics. De 1744 à 1748, la coalition contre Marie-Thérèse a fait renaître la guerre en Europe. Les hostilités se transportent au Canada et principalement au Cap-Breton et à Louisbourg qui tombe aux mains des Anglais. La paix de 1748 n'est qu'une trêve : les Anglais en profitent pour accroître leurs possessions en Amérique.

En 1755, la guerre de Sept ans éclate en Europe et en Amérique où l'Angleterre possède d'immenses ressources en regard de la faiblesse numérique des Canadiens. Toutefois, au cours de la première année, ces derniers tiennent tête aux Anglais. Malgré les dissensions entre Montcalm et Vaudreuil, Oswego est emporté par les Français. De nouveau la victoire sourit à la France qui prend et rase le fort William Henry, en 1757. L'année suivante, Montcalm se distingue encore à la célèbre bataille de Carillon. Mais, alors que les renforts n'arrivent pas de France, l'Angleterre se prépare à l'attaque avec des forces accrues.

Le livre X (1759-1763) raconte longuement les derniers jours de la Nouvelle-France. La victoire de la Montmorency n'empêche pas les Anglais de prendre Québec lors de la bataille des plaines d'Abraham, en septembre 1759. Montcalm est mort et la France se désintéresse du Canada qui, malgré la victoire de Lévis, au printemps de 1760, est déjà condamné par l'arrivée des renforts anglais. Garneau s'arrête ici pour brosser un tableau de la France et de l'état lamentable dans lequel les abus de Bigot ont plongé le pays.

Le livre XI clôt le deuxième volume de l' Histoire. La réorganisation du pays par l'Angleterre donne lieu à un long passage sur le régime militaire et la loi martiale, sur l'abolition des lois françaises, sur la situation religieuse et sur le système politique. Sous Carleton, les lois françaises sont rétablies et le Conseil législatif est mis sur pied en 1774. Dans le second chapitre, Garneau décrit la situation des provinces anglaises en 1775 et les débuts de la révolution américaine. Après avoir exposé les difficultés de l'Angleterre avec ses colonies, le Congrès de Philadelphie et les griefs des colons, Garneau raconte les débuts de l'invasion du Canada par Montgomery et Arnold.

Les cinq livres du troisième et dernier tome couvrent l'histoire du Canada de 1775 à 1840.

Le premier chapitre du livre XII reprend la suite du récit de l'invasion du pays par les « insurgents ». Bien que les Américains, par leur propagande, se gagnent de nombreux sympathisants parmi les Canadiens, l'attaque de Québec, à la fin de l'année 1775, se solde par un cuisant échec. Le gouverneur Haldimand succède à Carleton et, par crainte des Américains, gouverne le Canada avec suspicion et maladresse. Le récit des malheurs de Du Calvet (Appel à la justice de l'État*), qui occupe plusieurs pages chez Garneau, est révélateur de la situation qui prévaut au pays. L'agitation dans la colonie conduit le gouverneur à mener une enquête sur l'administration de la province. Bientôt, une nouvelle constitution sera accordée : c'est la constitution de 1791.

La première édition de l'Histoire publiée entre 1845 et 1848 s'arrête ici. En 1852, Garneau publie, en même temps que la deuxième édition, un supplément à la première qui conduit le récit de 1791 à 1840 et forme les livres XIII, XIV, XV et XVI.

Au cours du livre XIII, Garneau s'attache à décrire et à commenter le contenu et les conséquences de la constitution de 1791. C'est une époque troublée par la révolution française en Europe et par les desseins dominateurs du parti anglais au Canada. Durant cette période instable, Craig occupe le poste de gouverneur et la situation se détériore en raison de son manque de souplesse. Le Parlement est deux fois dissous et des journalistes du Canadien sont emprisonnés.

Le livre XIV est consacré essentiellement à la guerre de 1812. Le premier chapitre n'est qu'une relation des constants accrochages et des allées et venues des deux armées aux abords de la frontière. En 1813 et 1814, la campagne s'intensifie et les batailles se multiplient. Les Américains doivent battre en retraite et l'action se déroule plus au sud jusqu'à ce que le traité de Gand mette fin à la guerre. Le gouverneur du Canada, George Prévost, subit les conséquences des hostilités et doit renoncer au pouvoir.

Dans le livre XV, l' Histoire du Canada est réduite essentiellement aux débats constitutionnels de 1816 à 1828. La question des subsides constitue le noeud du problème dans les premières années. L'état des finances, déjà confus, est aggravé par les abus de l'administration. Les incidents se succèdent au Bas-Canada, du refus de la liste civile à la dissolution du Parlement. Aussi, dès 1822, les marchands anglais de Montréal projettent-ils, par leur agent Ellice, une union des deux Canadas pour laquelle ils entreprennent des démarches secrètes. Les efforts de Papineau et de Neilson contribuent à faire avorter le projet. L'année 1827 voit une nouvelle crise : l'agitation déborde du Parlement et s'étend dans tout le pays où se multiplient les assemblées publiques. Des journaux s'enflamment, leur rédacteurs sont arrêtés. À l'Assemblée, les discours se font plus violents.

Le dernier livre, le XVIe de l'Histoire du Canada de Garneau, porte sur la période troublée de 1829 à 1840. Le rapport de la Chambre des communes fait naître l'espoir au Canada mais pour peu de temps ; et, après une courte période de calme, la presse et les députés reviennent à la charge. Les assemblées publiques se multiplient, une émeute a lieu à Montréal en 1832 ; en 1834, les Quatre-vingt-douze Résolutions sont adoptées. La politique de l'Angleterre se durcit et les autres colonies qui appuyaient le Bas-Canada le laissent à lui-même de 1835 à 1837. Le Parlement ne suffit plus à canaliser les oppositions et l'agitation grandit dans les campagnes : des groupes armés se forment, des associations secrètes se constituent. Malgré la victoire de Saint-Charles, les troupes des patriotes sont trop faibles et trop isolées pour résister longtemps aux forces gouvernementales qui les écrasent. Plusieurs patriotes sont exécutés, d'autres envoyés en exil. En 1840, l'union des deux Canadas est réalisée, événement que Garneau considère comme une catastrophe pour la nation canadienne-française.

L'Histoire du Canada s'achève par une courte conclusion maintes fois citée où l'historien exhorte les Canadiens français à se garder des aventures et à rester « fidèles à eux-mêmes », c'est-à-dire à leurs traditions.

En tant que récit historique, l'ouvrage de Garneau frappe d'abord par la richesse de sa documentation en ce qui concerne la géographie, la vie politique du pays et les faits militaires. En revanche, la vie sociale, la culture et l'économie sont traitées d'une façon plutôt générale. Le mérite de l'auteur est d'autant plus à souligner que, à l'époque où il entreprit la rédaction du premier tome de sa fresque historique, la documentation dont il disposait était restreinte. Parmi les sources imprimées qui lui fournissaient l'essentiel de l'information, figuraient quelques relations de voyage, celles de Cartier et de Champlain, et les Relations* des jésuites en édition du XVIIe siècle. On comprend alors que le récit de Garneau, du moins jusqu'en 1720, suive substantiellement l' Histoire et Description générale de la Nouvelle-France* de Charlevoix.

Ce ne fut qu'en 1846, après avoir rédigé et publié les deux premiers tomes de son Histoire, que Garneau put consulter, à Albany, la riche collection des copies de documents exécutées à Paris pour le gouvernement de l'État de New York, contenant des documents officiels et la correspondance des dirigeants de la colonie. Peu après, il examina les copies de documents que Papineau avait fait préparer pendant son séjour, pour le gouvernement du Bas-Canada. Au lendemain de la parution du troisième volume, en 1848, l'archevêché de Québec ouvrit à l'historien ses archives épiscopales. En même temps, lord Elgin lui permit de consulter la correspondance des gouverneurs jusqu'en 1828. De nombreux remaniements apportés à la deuxième édition de l' Histoire du Canada attestent que Garneau a su profiter de ces nouvelles sources de renseignements. Il en allait de même pour la troisième édition de l'Histoire, celle de 1859, alors que l'auteur put puiser dans les Documents de Paris et dans les Documents de Londres, copiés d'après les archives d'Albany. Il profita également des pièces d'archives publiées dans les cinquième et sixième volumes de l' History of Lower Canada de Robert Christie (1855-1856). À tout prendre, la documentation de première main de Garneau demeura malgré tout réduite au regard des exigences de l'histoire érudite. Mais, dès la première édition, l'ordonnance remarquable de l'oeuvre s'affirme. Les remaniements postérieurs, innombrables, il est vrai, portent surtout sur le style et sur des points particuliers ; les jugements sont rarement modifiés dans les deuxième et troisième éditions de l' Histoire du Canada. Bref, les grandes lignes de l'ouvrage ainsi que sa philosophie demeurèrent intactes.

S'il n'est pas le premier à écrire une histoire du Canada, Garneau éclipse cependant ses devanciers par l'envergure et la qualité littéraire de son oeuvre. Les chroniqueurs de la Nouvelle-France ne satisfont plus le lecteur des années 1840. Les contemporains de Garneau qui se sont essayés à l'histoire n'ont produit que des livres de second ordre : l' Histoire du Canada* de Bibaud est un ouvrage sans relief dont le parti pris favorable à l'administration britannique heurte la sensibilité des Canadiens français ; l' Abrégé de l'histoire du Canada de Perrault est un simple manuel sans attrait ; les deux volumes de William Smith, The History of Canada from its First Discovery to the Constitution, la première histoire du Canada en anglais, publiée en 1815, est une synthèse d'inspiration britannique, partiale et injuste envers le Régime français. Face à ces écrits, l'ouvrage de Garneau se présente comme une fresque imposante, bien équilibrée dans ses structures, solidement documentée, compte tenu des circonstances, écrite avec chaleur et traversée d'un esprit national qui a de quoi réconforter les Canadiens français au sortir des tristes événements de l'Insurrection et de l'Union.

Une autre qualité de l'Histoire de Garneau est la fermeté de ses jugements. De caractère indépendant, passionnément attaché à la culture et à l'esprit français, l'historien n'en critique pas moins sévèrement l'ancienne mère patrie chaque fois qu'il trouve sa politique injuste envers la Nouvelle-France. Il sait aussi reconnaître les bienfaits des institutions britanniques alors même qu'il dénonce les procédés machiavéliques de ses compatriotes anglophones. Sur le plan de la politique intérieure, Garneau est partisan d'un partage net des pouvoirs entre l'Église et l'État ; ici il n'hésite pas à porter des jugements vigoureux qui le feront parfois taxer d'« impiété ».

L' Histoire du Canada se révèle aussi une oeuvre de qualité par ses aspects strictement littéraires : langage, style et rapports signifiants entre la documentation historique et l'esprit créateur de l'écrivain. Encore ne faudra-t-il pas oublier que, sur le plan de l'écriture, Garneau est un autodidacte. Ce n'est pas sans difficulté qu'il invente son langage ; laborieusement il corrige son style ; sans relâche il perfectionne son récit. Il n'appartient pas à ceux qui livrent du premier jet dans une forme parfaite leur savoir et leur pensée.

Le style de Garneau s'appuie sur le substantif et le verbe. La phrase et le mot sont au service d'une narration où il faut nommer les hommes et les choses ; il faut les saisir dans leurs façons d'agir, dans leurs états d'être. La vie colle au récit qui se déploie comme un film ; les événements y ont leur pouvoir, qui est celui des hommes ; les institutions y ont leur valeur, qui est celle des dirigeants. Ainsi, le style narratif de Garneau nécessite un vocabulaire nominal qui permet d'évoquer le corps et l'esprit de ceux qui ont fait, pas à pas, dans la gloire et la défaite, l'histoire du Canada français.

Le discours historique de Garneau est essentiellement la construction d'une durée qui est une durée dans le passé. Rarement l'écrivain utilise le présent pour évoquer avec plus d'insistance un événement. On dirait qu'il est constamment conscient du recul qui sépare son regard des scènes ressuscitées à partir des documents. Il emploie donc de préférence le verbe au passé simple et aussi à l'imparfait avec les variations nécessaires qu'exige la grammaire face au déroulement et à la succession des événements passés.

Comme dans ses poésies et dans son Voyage en Angleterre et en France*, l'adjectif dans l' Histoire est sans importance. À peine caractérise-t-il ici et là un événement, souligne-t-il un énoncé. En général, il est peu déterminatif comme l'est également l'adverbe.

La phrase de Garneau se plie de maintes façons aux modes de la narration et de la description. Presque toujours il s'agit d'expliquer un événement politique, d'apprécier la stratégie d'une bataille, de saisir le geste d'un homme : d'où la nécessité d'employer fréquemment les relatifs et les combinaisons conjonctives. Il arrive que le souci de précision fasse naître des phrases enchevêtrées où le pronom relatif « qui » alourdit sans raison la marche des idées dans les mots. Le discours se ressent parfois d'une certaine lourdeur, surtout s'il convient de peser prudemment les jugements ou d'introduire dans un exposé détaillé une affirmation fort personnelle. Cependant, face à l'art d'écrire de son époque, le style de Garneau est nettement supérieur à ce qui se publiait alors au Québec : il possède l'incontestable mérite d'être un style dynamique au service de la science historique et de l'esprit constamment en éveil.

Dans sa narration autant que dans ses pages descriptives, Garneau consent rarement à enjoliver ses phrases d'images inutiles ou de mots décoratifs. Ses vocables sont voués à véhiculer un message sans qu'on leur impose de le faire. C'est pourquoi le discours historique ranime sous la plume de Garneau la vérité que les êtres ont façonnée. Au centre de l'histoire vivent les hommes que Garneau décrit à l'aide de quelques traits spécifiques comme le confirme ce portrait de Papineau : « C'était à M. Papineau de soutenir la position que le parti populaire avait prise dans les 92 Résolutions ; il en était le véritable auteur, il y avait résumé l'esprit et les doctrines de l'opposition canadienne depuis plusieurs années. Le sort de ses compatriotes y était attaché. Orateur énergique et persévérant, M. Papineau n'avait jamais dévié dans sa longue carrière politique. Il était doué d'un physique imposant et robuste, d'une voix forte et pénétrante, et de cette éloquence peu châtiée, mais mâle et animée qui agite les masses. » Bon exemple que ces quelques lignes où le profil de tribun se dégage directement d'une action politique précise. Ce portrait témoigne aussi de l'écriture de Garneau : le tout coule dans les substantifs qui nomment avec clarté l'homme et ses actions, alors que les adjectifs, parfaitement ordonnés dans des rythmes binaires, y servent d'intensificateurs. Le portrait de Papineau s'impose par la clarté d'exécution, l'équilibre entre le profil d'homme et le fond de la composition, autant que par une économie d'éléments langagiers.

Le vif succès que l' Histoire du Canada obtient au pays et ailleurs dès sa première édition tient au fait que l'ouvrage est à la fois une précieuse source de renseignements sur le passé et une oeuvre littéraire de qualité. Cette renommée ne s'est pas démentie pendant plus d'un siècle, comme en témoignent ses rééditions. Les manuels de littérature et les recueils de textes ont fait aussi la part belle à l'ouvrage de Garneau. La critique a longtemps considéré l' Histoire du Canada — et avec raison — comme un modèle d'écriture et comme un guide de pensée historique. Elle demeure le plus important monument des lettres canadiennes-françaises au XIXe siècle. Elle a renseigné plusieurs générations sur le passé du pays ; elle a inspiré d'innombrables poètes et prosateurs. Elle mérite encore aujourd'hui d'être lue, moins pour y chercher un modèle de science historique sûre que pour y retrouver une vision et une philosophie du passé collectif qui parle à tous ceux qu'intéresse l'avenir des « Canadiens ».

Pierre SAVARD et Paul WYCZYNSKI.

OEUVRES

HISTOIRE DU CANADA DEPUIS SA DÉCOUVERTE JUSQU'À NOS JOURS,

Québec, 4 vol. : t. I : Imprimerie de N. Aubin, 1845, 558 p. ; t. II : 1846, 577 p. ; t. III : Imprimerie de Fréchette et frère, 1848, 566 p. ; t. IV : Imprimé par John Lovell, 1852, 325 p. ; seconde édition, corrigée et augmentée, Québec, Imprimé par John Lovell, 1852, 3 vol. : t. I : XXII, 377 p. ; t. II: 454 p.; t. III: 410 p.; troisième édition, revue et corrigée, Québec, Imprimé par P. Lamoureux, 1859, 3 vol. : t. I : XXII, 371 p. ; t. II : 457 p. ; t. III : 373 p. ; quatrième édition, Montréal, Beauchemin & Valois, 1882, 4 vol. : t. I : XXII, 397 p. ; t. II: 467 p.; t. III: 407 p.; t. IV: 1883, 14, CCCXCVIII p. ; Histoire du Canada, cinquième édition, revue, annotée et publiée avec une introduction et des appendices par son petit-fils Hector Garneau, Paris, Librairie Félix Alcan, 2 vol. : t. I : 1913, LVIII, 607 p. ; t. II : 1920, XII, 744 p. ; [sixième édition, 1920 ; septième édition, 1928] ; huitième édition entièrement revue et augmentée par son petit-fils Hector Garneau, Montréal, Éditions de l'Arbre, [1944-l946], 9 vol. : t. I : 284 p. ; t. II : 300 p. ; t. III : 303 p. ; t. IV : 298 p. ; t. V : 316 p. ; t. VI : 317 p. ; t. VII: 230 p.; t. VIII : 194 p. ; t. IX : 295 p. ; Histoire du Canada français, Montréal, Les Amis de l'Histoire [et] Paris, François de Beauval, 1969, 6 vol. : t. I : 401 p. ; t. II : 344 p. ; t. III : 297 p. ; t. IV : 305 p. ; t. V : 296 p. ; t. VI : 350 p. ; History of Canada, from the time of its discovery till the Union Year (1840-41). Translated from « l'Histoire du Canada » of F. – X. Garneau, Esq. and accompanied with illustrations, notes, by Andrew Bell, Montreal, Printed by John Lovell, 1860, 3 vol. : t. I : XXII, 404 p. ; t. II : 382 p. ; t. III : 442 p. ; revised edition, 2 vol. : t. I : 1862, 556 p. ; t. II : 1866, 499 p.

ETUDES

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Y., « Histoire du Canada », le Canadien, 12 décembre 1845, 4 mars 1846 et 8 mars 1847 [les deux premiers articles sont reproduits dans] les Mélanges religieux, 30 janvier et 13 mars 1846, p. 848-849, 81-83.

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