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LES CONTEMPORAINS CANADIENS

essais de Sophog VELLIGUL (pseudonyme d'Adolphe OUIMET).

Avocat et journaliste, Adolphe Ouimet naît à Notre-Dame-des-Neiges (Montréal) le 25 avril 1840, du mariage de J. Ouimet et Delphine Poirier. Rédacteur à la Guêpe (1857), au Polichinelle et au Gascon (1858), il est admis au barreau le 2 septembre 1861 et exerce le droit pendant environ trente ans à Montréal. L'un des premiers collaborateurs de l'Opinion publique, en 1870, il fonde la même année le Franc-Parleur, avec Benjamin-Antoine Testard de Montigny et rédige ce journal jusqu'en 1878. En 1871, conjointement avec l'abbé Alphonse Villeneuve, l'un des principaux collaborateurs du Franc-Parleur, il fait paraître la Comédie infernale. Il publie également la Vérité sur la question métisse au Nord-Ouest (1889), écrite en collaboration avec Testard de Montigny. Nommé officier d'Académie par le gouvernement français en 1894, il meurt à Montréal le 13 mars 1910. Il a épousé le 25 août 1865 Marie-Adélaide Lhussier.

ADOLPHE OUIMET n'a que dix-huit ans quand il publie, sous le pseudonyme de « Sophog Velligul », les quatre fascicules qui forment les Contemporains canadiens. Inscrit à l'Institut canadien, le jeune homme tient à manifester sa dissidence contre l'orientation de cet organisme, en stigmatisant sur le mode humoristique quelques-uns de ses membres. Consacrés respectivement à Pierre Blanchet, Cyrille Boucher, Joseph Duhamel et Jean-Éraste-Protais d'Odet d'Orsonnens, et illustrés de caricatures signées « Mazel », les quatre portraits littéraires à la manière de La Bruyère révèlent des détails grotesques sur un ton satirique, voire incisif. L'auteur prend la peine d'expliciter ses intentions dans une préface humoristique où il avoue : « [...] j'ai peint l'homme tel qu'il se trouve, je ne l'ai pas flatté ». C'est le moins qu'on puisse dire.

La description physique de chaque personnage s'inspire largement de la caricature de « Mazel ». Ouimet s'attarde aux tics, aux petites manies de chacune de ses « victimes ». Le portrait moral, cependant, plus élaboré, comprend quelques lignes sur l'éducation du personnage, ses goûts, ses intérêts, ses idées et les étapes de sa carrière. Sur un ton moqueur, Ouimet s'en prend surtout aux activités de Blanchet, Duhamel et d'Orsonnens à l'intérieur de l'Institut canadien.

Il reproche au « citoyen » Blanchet, ce « poteau » de l'Institut, d'être un disciple de Robespierre et de Marat. Joseph Duhamel, «jeune lion civilisé », fait l'objet de vives réprimandes pour ses discours devant l'Institut. Éraste d'Orsonnens se fait houspiller à cause de ses créations littéraires. L'auteur de Felluna* ne serait qu'un autre Don Quichotte. Cyrille Boucher n'échappe pas à la plume caustique d'Adolphe Ouimet, qui lui conseille « d'imiter Lamennais dans son style et [de] ne pas le suivre dans ses erreurs ».

Ces quatre portraits, révélateurs surtout des positions de l'auteur, tiennent plus du pamphlet que de la caricature. Défenseur des intérêts cléricaux, ennemi des mauvais livres et des mauvais journaux, Adolphe Ouimet reproche à ses têtes de Turc leurs moindres déviations de la doctrine catholique. Dans un essai liminaire intitulé « « Inferius tendimus » ou l'Institut canadien de Montréal », il tend à démontrer comment l'Institut s'est écarté de sa devise, Altius tendimus, en sacrifiant ses principes et en introduisant dans sa bibliothèque des livres immoraux et dangereux.

En 1858, lorsque paraissent les Contemporains canadiens, les libéraux occupent une position de force à l'intérieur de l'Institut canadien. Le nom d'Adolphe Ouimet figure sur la longue liste des membres démissionnaires qui dénoncent cette association « comme dangereuse pour la jeunesse et pour le pays sous le rapport religieux, moral et national ».

Kenneth LANDRY.

OEUVRES

LES CONTEMPORAINS CANADIENS. 1 Blanchet. 2 Boucher. 3 Duhamel. 4 D'Orsonnens

[précédé de :] « Inferius tendimus ou l'Institut canadien de Montréal », Trois-Riviéres, [s.é.], 1858, 15, 68 p.

ETUDES

[ANONYME], « l'Institut canadien de Montréal », le Courrier du Canada, 28 avril 1858, p. 1-2.

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