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LA CONFÉDÉRATION

cantate d' Auguste ACHINTRE.

Né en 1834 à Besançon, orphelin de bonne heure, Auguste Achintre est élevé à Aix-en-Provence par son oncle, Joseph Achintre. Après des études à Aix et à Paris, il entre à l'école de cavalerie de Saumur, mais abandonne bientôt la carrière militaire pour se rendre en Haïti, où il fonde des journaux, publie quelques livres, s'occupe de politique, est emprisonné, condamné à mort — et gracié. Il vient d'être nommé ambassadeur d'Haïti à Washington quand il apprend que le régime du président Fabre Geffrard a été — provisoirement — renversé. Il s'engage alors dans une troupe de théâtre et arrive vers 1861 à Montréal, où il s'installe définitivement vers 1866, Choisissant de faire carrière dans le journalisme, il collabore notamment à l'Événement, au Pays et à l'Opinion publique, et meurt à Montréal le 26 juin 1886. Il ne paraît pas s'être marié.

CETTE CANTATE est un des rares monuments littéraires qui célèbrent la confédération. Monument, en effet, car il est fait de deux parties imposantes, l'une rappelant l'histoire, de Jacques Cartier à George-Étienne Cartier (les deux homonymes reliant les époques), l'autre étant le chant et le serment des provinces. L'auteur veut célébrer ce « peuple nouveau devenant Nation », mais surtout effacer les sujets de discorde passés : « Nos coeurs unis abjurent toute haine ». Cantate de la réconciliation nationale, qui commence par une association fraternelle des deux groupes : « Français, Anglais, enfants d'un même père ». que résume la carrière, « Fidèle à l'Angleterre, amicale à la France », de sir George-Étienne, à qui elle est dédiée et dont le chant 0 Canada ! mon pays ! mes amours !* cité en entier, est presque un hymne national.

Ce « nain [qui] s'est fait colosse », le Canada de 1867, est composé de quatre provinces symbolisées par l'activité principale de leurs habitants. Les « Laboureurs » du Bas-Canada vivent de valeurs terriennes : « Les plaisirs purs, le travail, la santé », tandis que les « Défricheurs de Forêts » du Haut-Canada sont gens actifs, les constructeurs du pays : « Pan, pan, pan !!! frappons en cadence. » Les pêcheurs et matelots de la Nouvelle-Écosse s'accordent au rythme de la « mer azurée » et du fameux « chant du mousse » (« Hisse le foc, largue l'amarre »), alors que les « Ouvriers » du Nouveau-Brunswick, « Dispos, joyeux », unissent la chanson au bruit de l'enclume et des marteaux. Au milieu de ces provinces, l'Acadienne, qui n'en est pas une, rappelée par la « douce Évangéline », verse sur ses malheurs des larmes qui vont sécher dans ce nouvel éden où « l'avenir m'offre, dit-elle, paix et bonheur ».

Bel exemple des services que la littérature peut rendre aux affaires politiques.

Clément MOISAN.

OEUVRES

LA CONFÉDÉRATION. Cantate,

la Minerve, 8 janvier 1868, p. 2 ; [s.l.n.é., 1868], 8 p. ; Cahiers de la société bibliographique du Canada, 1966, p. 96-103.

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