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ARCHIBALD CAMERON OF LOCHEILL

ou Un épisode de la guerre de Sept ans en Canada, mélodrame adapté du roman de Philippe AUBERT DE GASPÉ, par les abbés Camille CAISSE et Pierre-Arcade LAPORTE.

Joseph-Camille Caisse naît à Saint-Paul-de-Joliette le 14 juillet 1841, de Narcisse Caisse, cultivateur, et d'Émilie Perreault. Après ses études classiques au Collège de L'Assomption (1853-1861), il devient professeur de Belles-Lettres à cette institution, tout en poursuivant des études en théologie. Ordonné prêtre en décembre 1865, il occupe le poste de professeur de philosophie et celui de préfet des études. Nommé curé de Marlboro (Massachusetts) en 1899, il y passe les dernières années de sa vie. Il meurt le 15 novembre 1915.

Né à L'Assomption le 16 mars 1833, Pierre-Arcade Laporte est fils de Joseph-Antoine Lapone et de Josephte Savage. Il fait ses études classiques au Collège de L'Assomption (1850-1857) et est ordonné prêtre le 8 novembre 1863. Successivement professeur et préfet des études à L'Assomption (1863-1869), curé de plusieurs paroisses (1870-1899), il se retire à L'Assomption où il meurt le 14 février 1920.

« ARCHIBALD CAMERON OF LOCHEILL », mélodrame inédit des abbés Caisse et Laporte, créé le 19 janvier 1865 au Collège de L'Assomption, fut repris au même endroit le 11 juillet suivant, aux exercices de fin d'année et le 19 mars 1868, au profit des zouaves canadiens. Présentée de nouveau à Lévis le 9 mai 1878, par le cercle Montcalm, cette adaptation du roman de Philippe Aubert de Gaspé fut publiée avec de légères modifications, chez Beauchemin, en 1894, par George Walter McGown sous le titre les Anciens Canadiens. Une autre adaptation, de Georges Monarque, attribuée à tort à Alice Pépin, parut en 1931, sous le titre Blanche d'Haberville*.

Le mélodrame des deux abbés est centré sur les liens d'amitié entre Jules d'Haberville et Archibald Cameron of Locheill. Le premier acte s'inspire des chapitres III et IV du roman (« Une nuit chez les sorciers » et « la Corriveau »). Pendant que les miliciens attendent le signal du combat (1760), José raconte ces légendes aux soldats. Au deuxième acte, les adaptateurs prennent des libertés avec le texte de Gaspé : ils placent d'abord l'enlèvement d'Archibald par les Indiens, puis sa délivrance par Dumais ; ensuite seulement survient l'incendie du manoir d'Haberville sur l'ordre de Montgomery. Malgré ces bouleversements de l'ordre chronologique, les dialogues restent conformes au roman. Inspiré du chapitre XIV, l'acte final présente Jules, qui affronte Archibald sur les plaines d'Abraham puis se réconcilie avec lui.

À la représentation du 11 juillet 1865 on avait invité Philippe Aubert de Gaspé. Le vieillard reçut une ovation triomphale. Pour marquer l'événement, on frappa une médaille commemorative que Maximilien Bibaud remit au collège le 25 octobre 1865.

Les critiques de l'époque sont unanimes à reconnaître les valeurs patriotiques et morales du drame et sa fidélité à l'oeuvre d'Aubert de Gaspé. Jean-Baptiste Meilleur, dans son Mémorial de l'éducation du Bas-Canada *, affirme que « si la littérature canadienne peut s'enorgueillir à bon droit » du succès de la pièce, celle-ci vaut « surtout par la vérité et la moralité des faits y relatés ». La Minerve (14 juillet 1865) félicite « le collège de l'idée patriotique qui lui a fourni cette inspiration. [...] nous croyons revoir ces Canadiens du premier âge, dans toute leur simplicité sublime et le charme de leur héroïsme ».

L'adaptation théâtrale ne méritait pas tant d'éloges. Sa trop grande fidélité au texte original minimise l'action dramatique, sans cesse arrêtée par des dialogues plutôt livresques. Il s'agit avant tout d'un exercice de collège où les « acteurs se forment surtout à l'éloquence ».

Reine BÉLANGER.

OEUVRES

« ARCHIBALD CAMERON OF LOCHEILL ou Un épisode de la guerre de Sept ans en Canada »,

mélodrame en trois actes, manuscrit conservé aux Archives du Collège de L'Assomption, 1864, 115 f. Les Anciens Canadiens, drame en trois actes, Montréal, C.-O. Beauchemin & fils, 1894, 50 p ; [ 1917 ], 48 p.

ETUDES

[ ANONYME ], « Fête au Collège de L'Assomption », l'Ordre, 23 janvier 1865, p. 2 ;

« M. de Gaspé », le Canadien, 19 juillet 1865, p. 2 ; Biographie et Oraison funèbre du Révd. M. F. Labelle et autres documents relatifs à sa mémoire ainsi qu'à la visite de Philippe Aubert de Gaspé, Écr., au Collège de L'Assomption, Montréal, Imprimerie de « la Minerve », 1865, p. 50-54 ;

« Collège de L'Assomption », la Minerve, 14 juillet et 26 octobre 1865, p. 2 ; le 19 janvier 1865 au Collège de L'Assomption, Montréal, Eusèbe Senécal, 1865, p. 36-41 ; Hommage d'un médaillon présenté par M. Maximilien Bibaud, doyen de l'École de Droit du Collège Ste-Marie, Montréal, Imprimerie de « la Minerve », 1865.,16 p.

Georges BELLERIVE, Nos auteurs dramatiques anciens et contemporains, p. 15.

Anastase FORGET, Histoire du Collège de L'Assomption, Montréal, Imprimerie populaire, 1933, p. 202-203, 288-295, 436, 493.

Jean-Baptiste MEILLEUR, Mémorial de l'éducation du Bas-Canada, p. 165-169.

Georges MONARQUE, Blanche d'Haberville, drame en cinq actes en vers, Montréal, Librairie d'Action canadienne-française, 1931, 167 p.

Pierre-Georges ROY, Dates lévisiennes, Lévis, [ Imprimerie « le Quotidien »], II, 1932, p. 235-236.

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