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ANGELINA

Épisode de l'insurrection canadienne de 1837-1838, nouvelle de Er DE SAINT-ROCH (pseudonyme de Jean-Éraste-Protais D'ODET D'ORSONNENS).

CE FEUILLETON de la Guêpe est un des premiers écrits à mettre fin à la conjuration du silence relative aux événements de 1837-1838, et encore le fait-il d'une façon très défavorable. Jean-Éraste-Protais d'Orsonnens est bien conscient des blessures profondes qu'ont laissées ces événements et du risque qu'il court en les remémorant : « C'est avec beaucoup de prudence et de réserve, écrit-il, que l'on doit dérouler sous les yeux du public quelqu'un des drames politiques des années 1837-38. » C'est dans cet esprit qu'il prend à partie les patriotes.

Dans un village de la région du Richelieu, le marchand général Granger héberge madame Douglass et sa fille Angélina, qu'un incendie vient de ruiner. Oscar Granger, le fils du marchand, se sent très rapidement attiré par le charme de la jeune Anglaise. Les patriotes voient d'un très mauvais oeil cette possibilité d'alliance et somment Granger de chasser les Anglaises. Le docteur Guilbault, un des chefs du mouvement révolutionnaire, conseille au marchand de résister et explique comment un groupe d'aventuriers forcent les notables à se joindre à eux en les intimidant et en les menaçant d'ostracisme. Il s'offre à venir lui prêter main-forte en cas d'attaque. Les Granger barricadent leur maison et s'apprêtent à subir le siège des insurgés. Une nuit, les patriotes attaquent et menacent de mettre le feu à la demeure si les deux Anglaises ne sont pas renvoyées. On échange des coups de feu. Oscar est blessé mais les rebelles sont repoussés. Madame Douglass meurt des suites de l'émotion et sa fille est confiée aux dames de la Congrégation. Deux ans plus tard. Granger meurt à son tour et laisse Oscar héritier d'une belle fortune. Les jeunes gens continuent à se fréquenter et leur amour se révèle quand Oscar sauve Angélina d'un naufrage. Sur les entrefaites, on apprend que le chef patriote Émile Lacroix, qui soulevait les campagnes en 1837, est à l'article de la mort et qu'il désire reconnaître ses torts. Il avoue à Angélina qu'il n'était patriote que pour pouvoir se venger de madame Douglass qui avait repoussé ses avances dans sa jeunesse. Les deux jeunes gens profitent de la présence du prêtre au chevet du mourant pour annoncer leur mariage.

Selon Éraste d'Orsonnens, les véritables auteurs de la rébellion ne seraient qu'une poignée de fanatiques exploitant les malaises de l'époque pour satisfaire des passions personnelles : les bourgeois ont été embrigadés de force et le peuple s'est laissé berner.

Maurice LEMIRE.

OEUVRES

« ANGÉLINA. Épisode de l'insurrection canadienne de 1837-1838 »,

la Guêpe. 25 janvier-15 février 1859.

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