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LES ANCIENS CANADIENS

roman de Philippe AUBERT DE GASPÉ.

Avocat, écrivain, cinquième et dernier seigneur de Saint-Jean-Port-Joli, Philippe-Joseph Aubert de Gaspé naît à Québec le 30 octobre 1786, de Pierre-Ignace Aubert de Gaspé, conseiller législatif, et de Catherine Tarieu de Lanaudière. Mis en pension d'abord chez les soeurs Cholette (1795-1798), puis au Séminaire de Québec où il fait ses humanités (1798-1806), il est admis au barreau le 15 août 1811. Le 25 septembre de la même année, il épouse à Québec Susanne Allison. Il participe à une foule d'initiatives culturelles, sportives et même financières : il est vice-président de la première Société littéraire de Québec (1809), membre fondateur du Jockey Club (1815) et de la Banque de Québec (1818). Dès 1804, il reçoit une commission de lieutenant de milice de la ville de Québec et devient par la suite capitaine, puis major. Nommé shérif du district de Québec en 1816, il participe activement à la vie sociale de la capitale. Trouvé coupable d'un important détournement de fonds, incapable de rembourser la couronne, il est destitué de sa charge le 14 novembre 1822 et doit se réfugier au manoir de sa mère à Saint-Jean-Port-Joli. C'est là qu'il assiste son fils Philippe-Ignace-François dans la rédaction de son roman l'Influence d'un livre (1837). Emprisonné pour dettes le 29 mai 1838, il ne recouvre la liberté qu'en octobre 1841. Un petit héritage lui permet, en 1842, de revenir habiter Québec, rue des Remparts, et de renouer connaissance avec d'anciens amis. Assidu au Club des Anciens, il y fréquente entre autres François-Xavier Garneau et Georges-Barthélemi Faribault. Il se trouve ainsi mêlé de loin au mouvement de fondation des Soirées canadiennes et du Foyer canadien. En 1863, il publie les Anciens Canadiens puis, trois ans plus tard, ses Mémoires. Après sa mort survenue à Québec le 29 janvier 1871, parait Divers (1893), un recueil composite.

S'IL avait continué sa carrière de haut fonctionnaire au milieu de la brillante société de la capitale, Philippe Aubert de Gaspé n'aurait probablement jamais écrit. Mais sa destitution de la charge de shérif donna un cours totalement différent à sa destinée, en le contraignant à se retirer au manoir de Saint-Jean-Port-Joli. Pour cet aristocrate allié aux plus anciennes familles du pays, il ne s'agissait pas seulement de cacher sa honte mais encore d'échapper aux poursuites judiciaires. Le reclus de Saint-Jean se replia donc dans sa famille et se consacra à l'éducation de ses sept enfants. Déjà cultivé et raffiné, il employa ses loisirs à parfaire ses connaissances et fréquenta les meilleurs auteurs, tant anglais que français. Toute la vie familiale s'organisa en fonction des livres. Souvent le père faisait la lecture aux heures propices. Parfois même il montait de petites pièces de théâtre. Quand le fils aîné, Philippe-Ignace-François, se réfugia lui aussi au manoir après son esclandre à la Chambre d'assemblée, en 1836, le père lui proposa tout naturellement d'écrire un roman pour passer le long hiver. Comme le soutient Luc Lacourcière, la collaboration entre les deux hommes ne se borna pas à la légende de Rose Latulipe.

Quand donc Gaspé reprit la plume bien des années plus tard, il ne s'agissait pas d'une vocation spontanée, comme beaucoup l'ont prétendu à la suite de l'abbé Henri-Raymond Casgrain. Bien sûr, il n'était pas un écrivain chevronné et son manque de métier comme romancier n'échappa à personne. Si, toutefois, on le compare aux autres écrivains de son temps, on doit reconnaître que pas un seul n'avait une préparation plus adéquate.

Gaspé voulut, lui aussi, participer au mouvement de récupération de notre folklore et consigner par écrit quelques épisodes du bon vieux temps. Il ne manquait pas de modèles. Walter Scott, dont l'étoile brillait encore d'un vif éclat au Canada, avait été des années son auteur de chevet. Il aurait bien aimé rivaliser avec le grand maître, mais il répugnait à trop de contrainte, étant avant tout causeur et conteur. Ayant l'habitude du public, il savait choisir les anecdotes piquantes et tenir ses auditeurs en haleine. De là à organiser une intrigue !... S'il avait été plus sûr de l'accueil, le vieux conteur se serait peut-être contenté d'écrire ses Mémoires*. Mais, pour se conformer à la mode, il se hasarda dans le roman historique. Plusieurs le déplorent ; Gérard Tougas, en particulier, pour qui l'intrigue n'ajoute rien aux Anciens canadiens. Bien au contraire, nous semble-t-il, c'est à cause d'elle justement que l'on peut goûter les anecdotes du vieux temps.

Il est vrai que l'organisation du roman n'est pas exempte de gaucheries et qu'on ne le lit pas avec le même intérêt qu'Une de perdue, deux de trouvées*. Mais il semblerait injuste envers Gaspé d'évacuer de son récit toute la dimension affabulatrice. Sa prodigieuse mémoire, sa position sociale, le passé de sa famille faisaient croire à l'auteur des Anciens Canadiens qu'il était particulièrement désigné pour brosser un tableau de moeurs qui transmettrait aux générations futures la mémoire d'un mode de vie en voie de disparition. Né en 1786, Gaspé touchait par ses parents au Régime français. Il avait recueilli les témoignages de nombreuses personnes qui avaient vécu les années héroïques de la défaite. La guerre de la Conquête lui paraissait donc l'événement autour duquel il pourrait regrouper tous ses souvenirs, et aussi le plus propice à une action romanesque. Il imagina de mettre en scène deux amis, l'un canadien, Jules d'Haberville, l'autre écossais, Archibald Cameron of Locheill. L'action commence au printemps de 1757. Les deux jeunes gens viennent de terminer leurs études au Collège des jésuites et se préparent à passer en Europe pour servir, l'un dans l'armée française, l'autre dans l'armée anglaise.

Le jeune Arche, réfugié en France par suite de la défaite de Culloden, a été confié aux soins d'un oncle jésuite au Collège de Québec. Il s'est lié d'amitié avec Jules d'Haberville et a joui pendant tout son séjour en Nouvelle-France de l'affection et de l'hospitalité de la famille de ce dernier. Décidé à faire la paix avec son souverain, il rentre en Angleterre pour prendre possession de son héritage. Avant de partir, les deux amis vont passer quelques mois à Saint-Jean-Port-Joli. Pendant le trajet, ils sont témoins de la débâcle printanière sur la rivière du Sud, et Arche sauve presque miraculeusement le malheureux Dumais, emporté par les glaces. Le rescapé, hébergé chez le seigneur de Beaumont, voue à son sauveteur une reconnaissance éternelle. Le voyage est le cadre tout indiqué, comme dans Gil Blas, que l'auteur a d'ailleurs fréquenté, d'anecdotes, de contes et de descriptions. Arrivés au manoir, les collégiens sont témoins de la fête du mai et, plus tard, des préparatifs de la Saint-Jean. Avant son départ, Jules va faire ses adieux au bon gentilhomme, le sieur d'Egmont ; c'est l'occasion pour Gaspé de tenter une justification de sa conduite. Au cours du dîner qui précède le départ des deux amis, un présage avertit la famille d'Haberville de sa ruine prochaine. La sorcière du domaine lance des malédictions en ce sens.

Avec le chapitre XII s'ouvre la seconde partie du roman. Les Anglais ont commencé au printemps de 1759 l'invasion du Canada. Arche, officier dans l'armée britannique, a été désigné, à cause de sa connaissance du pays, pour procéder à l'incendie des habitations de la côte sud. Arrivé au manoir d'Haberville, il se révolte à la pensée d'avoir à pousser aussi loin l'ingratitude, mais les ordres de l'impitoyable Montgomery l'y forcent. Pendant qu'il contemple avec horreur les résultats de son acte. Arche tombe aux mains d'lndiens qui l'emmènent en captivité. Dumais, qui fait partie de la bande, reconnaît cependant son bienfaiteur et le délivre. Puis c'est la bataille des plaines d'Abraham. Les deux amis se revoient pour la première fois depuis leur retour. Le jeune Canadien grièvement blessé cherche quand même à provoquer son nouvel ennemi, mais l'Écossais, n'écoutant que son amitié, expose sa vie pour venir au secours de celui qu'il considère comme son frère.

Le sort des armes renverse désormais les rôles : l'opulente famille d'Haberville est complètement ruinée et le petit orphelin, jadis heureux de recevoir l'hospitalité canadienne, a recouvré son patrimoine et occupe maintenant le rang de major. Il jouit de la confiance du général Murray. Le plus tôt qu'il peut, il cherche à rentrer en grâce auprès de ses amis. Il explique sa conduite à la soeur du capitaine, la supérieure de l'Hôpital général, et obtient bientôt le pardon de Jules. Mais le seigneur d'Haberville, qui a la rancune tenace, se montre plus obstiné. Tenu à l'écart, Arche veille néanmoins aux intérêts de la famille. Alors que presque tous les officiers français sont forcés de vendre leurs biens à perte pour s'embarquer sur un mauvais navire, les d'Haberville obtiennent deux ans de répit. Après le naufrage de l'Auguste, le seigneur apprend d'un rescapé le service que leur a rendu le petit Écossais. Arche, sachant que le temps guérit bien des maux, attend sept ans avant de se représenter au manoir. Il trouve encore le capitaine intraitable, mais réussit à se faire pardonner. De nouveau reçu en ami, il peut enfin avouer ses sentiments à Blanche. Mais, à sa grande surprise, il essuie un refus. Bien que depuis l'enfance elle se soit sentie portée vers le jeune Écossais, la demoiselle d'Haberville n'a pas à donner la première l'exemple de la défection. Arche croit sa demande prématurée et s'enferme dans un silence finalement percé par Jules, qui intervient auprès de sa soeur pour la forcer à revenir sur sa décision. Jules pourra épouser une Anglaise et prêter le serment d'allégeance, — sa valeureuse conduite au service du roi de France lui en donne le droit — Blanche persistera dans sa fidélité au vieux pays car c'est pour elle la seule façon de prouver son patriotisme. Arche comprend ses sentiments et les respecte d'autant plus que la jeune fille s'engage à ne jamais épouser personne d'autre. Pour les mêmes raisons, il garde le célibat. Il achète les terres voisines et prend la famille Dumais à son service.

Une bonne part de cette intrigue repose sur des souvenirs de famille. Ruiné par les incendiaires anglais, le grand-père de l'auteur avait dû se réfugier au moulin des Trois-Saumons. Il avait bien connu par la suite l'un de ces incendiaires, Malcolm Fraser, et s'était lié d'amitié avec lui. Pour la reconstitution des lieux, Gaspé s'en remet à sa prodigieuse mémoire et les décrit avec une précision qui manque parfois de poésie. Mais la part de l'imaginaire est loin d'être négligeable. L'amitié de Jules et Arche, pivot de toute l'intrigue du roman, est le fruit de son imagination. Bien sûr, Gaspé s'était lié avec quelques anglophones de Québec, surtout quand il fréquentait l'étude de Jonathan Sewell. Il parle dans ses Mémoires de son amitié pour James Cartwright, qui ne peut se comparer cependant à celle de ses héros, laquelle n'a de pareille que celle de Castor et Pollux, ou de David et Jonathan. Aussi l'aménagement des diverses phases de l'amitié de Jules et Arche n'est-il pas toujours très heureux. Qu'il y ait eu des Écossais à Québec avant la conquête, rien n'est plus vrai, selon Henry Best qui a écrit une thèse sur le sujet. Pour le commun des lecteurs, toutefois, Gaspé se livre à des tours de force pour amener son protégé au Canada. Que Jules et Arche se soient épris l'un de l'autre et se soient juré une amitié éternelle, rien aussi de plus vraisemblable. Mais l'intensité qu'y a mise l'auteur rend cette amitié un peu équivoque. Il aurait fallu, d'après les canons d'Aristote, les liens du sang pour unir des hommes que séparent des drapeaux ennemis. Gaspé y supplée en renforçant les liens d'amitié. Les scènes entre les deux amis sont en général assez mièvres, quand elles ne pèchent pas par un pédantisme difficilement excusable chez un homme de goût. Il fallait aussi, pour couronner le roman, la présence de l'amour. Mais Gaspé ne pouvait l'exprimer ouvertement au risque d'encourir les foudres de la critique. Aussi l'esquisse-t-il d'une façon tellement discrète qu'on est surpris d'apprendre que Blanche et Arche nourrissaient de tendres sentiments l'un pour l'autre.

Cette intrigue, malgré ses maladresses, n'en demeure pas moins révélatrice des intentions de l'auteur. Dans la première partie de sa vie, Gaspé a été intimement mêlé aux Anglais, et il a toujours souffert du mépris plus ou moins camouflé que lui témoignaient les fils des conquérants. Certains gouverneurs ont eu des égards pour la noblesse canadienne, des Britanniques ont recherché des alliances avec les meilleures familles canadiennes ; le vieux seigneur leur en sait gré, mais cela ne suffit pas à faire oublier le mépris du plus grand nombre pour les « French and bad subjects ». Gaspé a toutefois vécu assez près d'eux pour comprendre leurs préjugés. Ils n'ont connu que des familles nobles ruinées, incapables de tenir leur rang, et un petit peuple réduit à la famine qui ne doit son salut qu'à l'accomplissement des tâches les plus ingrates. À leurs yeux, cette population de gueux n'est digne que de mépris. L'affabulation des Anciens Canadiens suggère les sentiments que devraient avoir les Anglais envers les Canadiens.

Une première partie, la plus longue, met en scène un jeune Écossais entouré d'affection et comblé de bienfaits par une noble famille canadienne. Arche contracte alors une dette de reconnaissance qui l'obligera pour la vie. Dans une seconde partie, le jeune homme ruine la famille de ses bienfaiteurs, mais en ressent une telle culpabilité qu'il consacrera le reste de sa vie à réparer sa faute.

Cette fable dicte bien aux Anglais l'attitude qu'ils devraient avoir à l'égard des Canadiens. Il est vrai que tous ne sont pas aussi bien placés qu'Arche pour comprendre et apprécier les vaincus de 1760. Fils d'un vaincu de Culloden, le jeune Écossais catholique débarque à Québec à l'âge d'or de la féodalité canadienne et peut ainsi connaître les opulents seigneurs canadiens et bénéficier de leur hospitalité proverbiale. Toutes les qualités dont il est témoin l'attachent davantage à sa famille d'adoption et au peuple tout entier. Rien de surprenant que, après avoir recouvré sa fortune et réintégré son rang, il préfère, aux fastes de la vieille Angleterre, la simplicité du Canada. Bien plus, il sait que les responsables de la ruine des Canadiens sont ses propres compatriotes, et lui en particulier. Dans tous ses rapports avec les vaincus de 1760, c'est donc le sentiment de culpabilité qui prédomine et il serait prêt à toute forme de réparation. Comme dans Jacques et Marie*, le bon Anglais pleinement conscient de ses torts serait prêt à renier sa race pour s'intégrer aux Canadiens.

Si, par ailleurs, les Anglais voulaient bien renoncer à leur morgue, ils trouveraient chez leurs nouveaux compatriotes toute la collaboration désirée. Pour Gaspé, le 28 avril 1760 marque la fin des luttes séculaires entre deux races. Il en voit le symbole dans « les ossements [des soldats anglais et français ] repos[ant] en paix près du moulin Dumont dans un embrassement éternel ». Jules, en mesure de choisir entre la France et son ancienne colonie, souhaite vivement revenir au Canada « après avoir prêté serment de fidélité à la couronne d'Angleterre ». Il ne voit qu'un seul obstacle à son changement d'allégeance, la volonté de son père. En fait le capitaine est beaucoup moins réticent que son fils ne l'avait d'abord cru : « Il a payé glorieusement sa dette à l'ancienne patrie de ses ancêtres. Il se retire avec honneur d'un service que les médecins déclarent incompatible avec sa santé. Qu'il consacre donc maintenant ses talents, son énergie au service de ses compatriotes canadiens. » Le capitaine se sent justifié d'adopter ce parti par l'attitude de la cour de France : « Le capitaine d'Haberville, trop fier, trop loyal d'ailleurs pour avouer ouvertement les torts de Louis XV envers des sujets qui avaient porté le dévouement jusqu'à l'héroïsme, n'en ressentait pas moins l'ingratitude de la cour de France. » Malgré son refus d'épouser Arche, Blanche convient « qu'il est naturel, il est même à souhaiter que les races française et anglo-saxonne, ayant maintenant une même patrie [. . . ] se rapprochent par des alliances intimes ». Jules est le premier à prêcher d'exemple en épousant une Anglaise, comme l'avait fait l'auteur lui-même, dont plusieurs filles s'uniront à des Anglais. Ces signes évidents de bonne volonté ne suffisaient pas, cependant, à vaincre les réticences des Anglais et le reproche de « French and bad subjects » persiste toujours.

C'est dans cette perspective qu'il faut lire les dix premiers chapitres, qui constituent une sorte d'introduction à l'action romanesque proprement dite. Cette première partie, nettement disproportionnée au jugement d'un esprit cartésien, n'en est pas moins la plus importante du roman, car elle répond le plus immédiatement au but que s'était fixé l'auteur : « Consigner quelques épisodes du bon vieux temps, quelques souvenirs d'une jeunesse, hélas bien éloignée. » C'était le bon vieux temps, celui qui a précédé l'arrivée des Anglais. Tout alors était beau, grand et bon.

Non seulement la nature était belle et généreuse, mais l'ordre social était parfait. À l'intérieur du régime seigneurial, les bonnes relations entre maîtres et serviteurs, entre seigneurs et censitaires assuraient le bonheur de tout le monde. À Gaspé, la seigneurie apparaît comme une vaste famille. Le seigneur détenait l'autorité suprême. On lui devait respect, considération et soumission. Mais le romancier n'insiste pas trop sur les aspects contraignants de la féodalité. Il préfère mettre en lumière la responsabilité du seigneur. Dans la perception des droits féodaux, point particulièrement pénible du régime, il rappelle la mansuétude du seigneur à l'égard de « débiteur[s] accoutumé[s] à ne payer [leurs] rentes que quand ça [leur] convient ». Le faux apparat dont s'entoure l'oncle Raoul pour cette occasion amuse plus qu'il n'impressionne, et chacun sait bien que la moindre raison peut servir de prétexte à éluder ce devoir, fût-ce la mort d'une pouliche. Pour reconstruire son manoir après la guerre, le seigneur aurait pu recourir à la corvée mais les censitaires se sont offerts spontanément. En fait, le caractère contraignant du régime a toujours cédé la place aux bons sentiments, fondés sur l'amour et l'estime.

Le seigneur, en effet, a gagné le coeur de tous ses paysans par son hospitalité et sa générosité. Personne ne se présente au manoir, fût-il le plus humble habitant, sans qu'on le fasse passer à la cuisine, où Lisette lui verse deux doigts de rhum. À l'occasion des fêtes, éclate la prodigalité du seigneur. Des jours à l'avance les cuisines bourdonnent d'activité et « le seigneur de céans serait accusé de lésinerie si, à la fin du repas, la table n'était pas aussi encombrée de mets que lorsque les convives y ont pris place ».

Quand survient le malheur, la responsabilité du seigneur est directement engagée. Après le sauvetage de Dumais, monsieur de Beaumont s'empresse de faire transporter le rescapé au manoir et insiste pour qu'il y reste jusqu'à son complet rétablissement. Il envoie même chercher à ses frais le plus habile chirurgien de Québec pour lui replacer la jambe brisée.

Les relations avec les serviteurs sont encore plus empreintes de bonté. Les maîtres établissent avec eux des liens qui sont aussi forts que la parenté. Le célèbre José n'est pas seulement apprécié, il est estimé et aimé. L'auteur s'élève contre ceux qui méprisent de tels serviteurs : « Des hommes au coeur sec comme l'amadou méprisent trop souvent ceux de la classe de l'humble José, sans posséder une seule de leurs qualités. » Jules se permet de le traiter avec toute la familiarité due à un être cher et même de se moquer un tantinet de lui en écoutant ses légendes d'un air sérieux. Sur son lit de mort, le vieux serviteur peut apprécier toute l'affection qu'on lui portait : il rend le dernier soupir dans les bras de Jules, entouré de toute la famille en pleurs. La mulâtresse Lisette n'est pas sans défaut et le capitaine d'Haberville avait cru préférable de l'émanciper plutôt que de la corriger. Mais l'esclave ne voulut pas quitter la maison, considérant qu'elle avait le droit de finir ses jours sous le toit de son maître.

Ces relations si affables entre inférieurs et supérieurs ne doivent toutefois pas nous faire prendre Gaspé pour un démocrate. Ce n'est point l'éloge des petites gens qu'il a voulu faire, comme l'a cru Camille Roy, mais celui du régime seigneurial. Pour le romancier, la noblesse constituait la fine fleur de la société canadienne. Par elle, les grandes vertus de bravoure, de ma gnanimité, de loyauté et de fidélité étaient cultivées comme un apanage. Des plus grands exploits aux simples mots d'esprit, tout était fait sur un mode qui illustrait les qualités de la race. Le régime permettant à ces familles de transmettre de génération en génération leur patrimoine conservait ainsi la quintessence d'une élite qui prétendait être d'une nature supérieure : « Né, comme toi, de parents riches qui m'idolâtraient, dit le bon gentilhomme à Jules, il m'était sans cesse facile de suivre les penchants de ma nature bienfaisante. » Depuis la conquête, la vie n'a fait que se dégrader, et c'est encore l'ordre social qui a été le plus perturbé.

La seconde partie du roman (chapitre XII et suivants) est en quelque sorte la contrepartie de la première. Les plus graves conséquences de la guerre seront à long terme la ruine des familles nobles canadiennes. Gaspé ne s'attarde pas trop sur les malheurs du peuple, dont c'est un peu le lot et qui, n'ayant que peu de biens, peut facilement réintégrer sa position première. Mais il en va bien autrement de la noblesse. Ceux qui ont dû vendre leur seigneurie à perte et retomber dans la roture ont subi un tort irréparable qui les empêche désormais déjouer leur rôle. Carleton et d'autres gouverneurs, qui ont continué à entourer la noblesse canadienne des égards dont elle jouissait avant la conquête, pouvaient flatter le vieux seigneur mais non le leurrer. Ces égards ne changeaient rien à la triste réalité : la race canadienne était décapitée.

Le devoir patriotique des familles nobles était donc de se perpétuer, même au prix des plus grands sacrifices. Pour cela, il fallait la sauvegarde du patrimoine et des relations avantageuses. Jules l'avait bien compris quand il s'écriait, en face d'Arche, sur le champ de bataille : « Amitié trahie, famille ruinée ! » La sauvegarde du patrimoine se pratiquait déjà dans la famille puisque les deux soeurs du capitaine d'Haberville avaient renoncé à leur dot et étaient entrées au couvent pour que leur aîné pût tenir son rang. Blanche, elle aussi, restera avec son frère sans demander de dot. Les alliances et les amitiés étaient aussi importantes que la fortune. Alliés aux plus puissantes familles du pays et même en relation avec des parents du faubourg Saint-Germain, les d'Haberville doivent cependant compter sur les faveurs du Nouveau Régime pour se maintenir en place. Sans jamais faire de bas calculs dans son amitié avec Arche, qui leur est si obligé, Jules trouve tout naturel qu'il s'entremette pour lui ouvrir une nouvelle carrière. Dans ce milieu, on donne avec magnanimité mais on espère toujours être payé de retour. De nouveau, nous dit son père, Jules pourra être utile aux siens.

Quelle différence d'élévation si on compare ces sentiments à ceux des nobles de Laure Conan dans la Sève immortelle* ! On se rend bien compte que l'idéologie nationaliste n'était encore qu'à ses débuts, vers 1860, et que la position des d'Haberville est certainement beaucoup plus près de la réalité que tous les sentiments patriotiques que l'on prêtera par la suite aux victimes de la conquête.

Il ne faut toutefois pas trop reprocher à Gaspé l'étroitesse de ses horizons. Il nous en a avertis, il interprète les événements de la conquête à travers les souvenirs de sa famille. S'il vibrait aux accents patriotiques de Garneau, il avait des choses une autre vision, qu'il croyait être le seul à posséder. Comme l'a remarqué avec un certain à-propos Nicole Deschamps, il y a une confusion de dates dans l'esprit de notre écrivain entre 1760 et 1860. Si la conquête avait commencé la déchéance des familles nobles canadiennes, l'abolition de la tenure seigneuriale l'acheva. Et c'est un peu l'apologie post mortem du régime que prononce ici Gaspé. L'oeuvre de ruine commencée par les Anglais a été achevée par les Canadiens eux-mêmes. Au cours de la campagne qui fut menée pour l'abolition du régime féodal, il s'est écrit des choses que Gaspé ne pouvait laisser sans réponse.

Ce plaidoyer pro domo ne se limite pas au domaine politique. Gaspé veut profiter de la tribune que lui offre sa publication et surtout de l'alibi que lui procure le cadre romanesque pour expliquer sa conduite personnelle. Celui qui résume ainsi son existence : «[...] cinq ans de bonheur, cinquante ans de souffrance » pouvait avoir beaucoup de choses sur le coeur. Il n'a jamais osé en parler ouvertement et dans ses Mémoires il a soigneusement éliminé toute allusion qui pouvait rappeler la période triste de sa vie ; ici, il faut entrouvrir la porte sur son monde intérieur.

Le vieux gentilhomme misanthrope, c'est bien lui, « car jamais ressemblance n'a été plus parfaite qu'entre ton caractère et le mien », dit-il à Jules. Ses propos enjoués et sa bonne humeur quasi naturelle ne doivent pas donner le change. Comme tant d'autres, il fait bonne contenance, mais la souffrance intérieure n'est que plus intense. Il croit même que la robustesse de sa nature lui a permis de souffrir plus que les autres : « Si la physiologie nous enseigne que nos souffrances sont en raison de la sensibilité de nos nerfs, et partant de toute notre organisation, j'ai alors souffert, O mon fils ! ce qui aurait tué cinquante hommes des plus robustes. » Bien sûr, il ne tente pas de s'excuser, ce serait de fort mauvais aloi. Reconnaissant ses faiblesses, il ne cache pas ses remords. Il a surtout eu le tort de suivre les impulsions d'une nature généreuse qui voyait le monde à travers le verre déformant de la naïveté. L'image de la fourmi blessée traduit peut-être plus directement que les mots l'idée qu'il se fait depuis de la société. Dès que l'une est blessée, les autres se précipitent pour la dévorer. L'homme de bonne compagnie est devenu, par suite de ses malheurs, profondément misanthrope. Comme Rousseau, il affirme : «[...] la civilisation fausse le jugement des hommes [...], le sauvage lui est bien supérieur ». « C'est alors l'intérêt, conséquence naturelle de la civilisation, qui cause l'ingratitude : plus l'homme a de besoins, plus il doit être ingrat. » Le coupable veut bien admettre sa responsabilité mais il croit que le châtiment a largement dépassé la faute. Pour une erreur de jeunesse, toute sa vie a été soudain brisée et personne ne lui a donné la chance de se reprendre. À la place d'une quelconque sympathie, ses anciens amis goûtèrent les plaisanteries qui couraient sur son compte. Les actes en apparence anodins qu'il pose au temps de sa prospérité, quelle importance ils ont acquise par la suite et comme il les a médités et ruminés : « Mais les remords cuisants qui vous poursuivent le jour, qui causent les longues insomnies, qui ne vous laissent ni trêve ni repos, qui font vibrer les nerfs de la sensibilité comme si de fortes tenailles les mettaient sans cesse en jeu avec leurs dents métalliques ! » Que de choses aurait encore à dire cet homme qui avoue : « J'ai refoulé mes plaintes dans le fond de mon coeur pendant cinquante ans ! »

Aussi, pour lui la catastrophe fait-elle partie intégrante de la vie. La défaite de 1760 est au centre de son roman comme sa destitution est au centre de sa vie. Son monde intérieur se divise selon l'avant et l'après. Avant c'était le bon vieux temps, l'Ancien Régime, celui des fêtes et des festins. Le bon gentilhomme le rappelle avec nostalgie : « Que mon coeur était léger, lorsque entouré de mes amis, je présidais la tablée du festin. » Depuis la catastrophe, il a dû se réfugier à Saint-Jean-Port-Joli pour se soustraire à ses créanciers et cacher sa honte, comme le seigneur d'Haberville se retire au moulin des Trois-Saumons. Un peu comme Stendhal qui décrit sous les traits de Fabrice Del Dongo le jeune homme qu'il aurait voulu être, Gaspé dépeint en Jules le jeune homme généreux et sans rancune qu'il n'a pas été. La courbe véritable de sa destinée épouse de beaucoup plus près celle du capitaine d'Haberville. Si, pour Jules, les malheurs de la conquête n'ont qu'une portée limitée parce qu'il commence sa vie et peut l'orienter de façon différente, il n'en va pas de même pour son père : « Quant à moi, dit le seigneur, vieux et usé avant le temps, par les fatigues de la guerre, j'ai une bonne excuse pour ne pas servir le nouveau gouvernement : ce n'est pas à mon âge d'ailleurs que je tirerais l'épée contre la France. » Pour lui, la conquête signifie donc la fin de sa carrière, la ruine de sa famille et la perte de ses amis en haut lieu. On comprend qu'il ait le caractère rancunier et qu'il ait eu du mal à pardonner. Cet homme blessé à mort conservera jusqu'à la fin de ses jours une amertume que rien ne pourra dissiper. Aussi était-il certainement beaucoup plus près de l'auteur que Jules.

Cette intrigue, malgré ses défauts, fait partie intégrante de l'oeuvre et lui ajoute une dimension sans laquelle le roman perdrait son identité. Évidemment, tout lecteur a tendance à découper les Anciens Canadiens en morceaux choisis. Il faut avouer que la composition s'y prête. Les diverses légendes et les nombreux contes ont leur charme propre et José, dans son langage populaire, obtient, tout comme Jos Violon, beaucoup plus de succès que madame d'Haberville. Le capitaine Marcheterre et Dumais sont également de dignes représentants de la tradition populaire. Gaspé réussit particulièrement ses descriptions, ce qui favorise encore les amateurs de morceaux choisis. Dans sa description de la débâcle, le conteur rivalise avec Fenimore Cooper qui rapporte une situation semblable dans le Dernier des Mohicans (chapitres VI et VII). Le mouvement propre à cette scène et surtout la terreur des spectateurs lui donnent une allure endiablée, inhabituelle chez le vieux conteur qui affectionne plutôt les natures mortes. Le dîner chez un seigneur canadien fait penser à un tableau de Chardin. Chacune des choses semble là pour elle-même, simplement pour l'agrément de l'oeil. Gaspé ressent un attrait irrésistible pour la table et y revient à plusieurs reprises au cours du récit. On sent qu'il prend autant de plaisir à voir qu'à manger.

Mais on aurait tort de mutiler ainsi le roman. Le charme du vieil écrivain ne tient pas à quelques morceaux mieux réussis, il vient de son style même. Gaspé a une vivacité de repartie, un sens de l'humour et une affection pour les propos joyeux, qui le rattachent à la tradition des Rabelais et des Montaigne. Comme eux, il n'est pas un artiste de l'écriture mais il réinvente le langage. Sous sa plume, certains mots ont souvent la saveur de l'inouï. Tout l'effet vient certainement de cette fraîcheur d'âme qui s'exprime dans la réponse du seigneur d'Haberville, lequel venait de demander, pour la forme, au curé s'il fallait croire aux présages : « Je crois, moi, qu'il faut y ajouter foi. » Notre écrivain n'a jamais perdu la foi au merveilleux. C'est probablement pourquoi il a toujours trouvé un enchantement à la lecture de Walter Scott et à la mythologie nordique. Tout naturellement, Gaspé peut faire intervenir des phénomènes surnaturels comme les présages ou les malédictions, car il vit sur la même longueur d'ondes que José et le père Romain Chouinard. Les histoires de sorciers de l'île d'Orléans et de bêtes à grand'queue veulent d'abord amuser. Dans les cas de bruits mystérieux ou de songes, il s'agit d'autre chose. Le capitaine d'Haberville, malgré toutes ses lectures, croit que le ciel l'a véritablement averti de sa ruine prochaine et madame d'Haberville reconnaît avoir vu en songe, au moment même du naufrage, madame de Mézière disparaître tout éplorée dans les flots. — Comment n'intéresserait-il pas les autres quand il est le premier captivé par ses propres récits ?

Ces qualités assurèrent au roman un succès immédiat. La première édition fut épuisée en quelques mois et l'auteur put faire paraître une deuxième édition, revue et corrigée, dès 1864. La même année, paraissait une traduction anglaise sous le titre The Canadians of Old. Depuis, l'ouvrage n'a cessé d'être réédité. L'accueil de la critique fut tout aussi favorable. La plupart des journaux firent des éloges sans réserve, et on parla même de chef-d'oeuvre. Dès cette époque, l'abbé Henri-Raymond Casgrain commença à tirer parti de ce succès en revendiquant sa part de mérite. Toutefois aucune de ces critiques ne se montre très pénétrante : on félicite Aubert de Gaspé d'avoir mis en valeur nos coutumes et nos traditions ; on reconnaît en lui le chantre émouvant de nos malheurs.

La première lecture vraiment nouvelle de l'oeuvre nous vient de Camille Roy. Il écrit au moment où l'agriculturisme a envahi la littérature, le roman en particulier, et il veut voir dans les Anciens Canadiens un éloge des moeurs simples et pittoresques de nos campagnes. Il fonde une partie de son interprétation sur le fait que le seigneur d'Haberville reçut Arche avec simplicité, pour ne pas dire frugalité. Il faut bien avouer que, à cette époque, la famille d'Haberville faisait de nécessité vertu et que c'est avec un serrement de coeur que l'on renonçait à l'opulence d'autrefois. Luc Lacourcière a consacré une bonne partie de ses recherches aux Anciens Canadiens et a pu rétablir les circonstances de la composition du roman, la part que l'abbé Casgrain a prise lors de la publication et, surtout, faire l'étude des légendes qui y sont racontées. L'interprétation récente de Nicole Deschamps ne manque pas d'originalité, mais paraît assez fantaisiste.

Maurice LEMIRE.

OEUVRES

LES ANCIENS CANADIENS,

publié par la direction du «Foyer canadien», Québec, Desbarats et Derbishire, 1863, 411 p. ; deuxième édition revue et corrigée par l'auteur, Québec, G. et G.-E. Desbarats, 1864, 407p.; Imprimerie Augustin Côté et cie, 1877, 2 vol. : t. I : 298 p. ; t. II : 240 p. ; Montréal, Librairie Saint-Joseph, Cadieux & Derome, 1886, 271 p. ; C.-O. Beauchemin & fils, 1899, 271 p. ; Librairie Beauchemin limitée, [ s.d. ], 279 p. [ 2 éditions ] ; 1913, 361 p. ; le Nationaliste, 24 septembre-3 décembre 1916 ; Montréal, Librairie Beauchemin limitée, 1925, 297 p. ; 1931 ; [ 1935 ], 279 p. ; l'Étrille, 7 septembre 1935-15 août 1936 [ incomplet ]; Supplément de l'Action paroissiale, 11 juin-? 1938 [incomplet]; Éditions Beauchemin, 1946, 279 p.; 1956, 188 p. [édition scolaire]; 1961 ; texte intégral conforme à l'édition de 1864, Montréal et Paris, Fides, 1961, 355 p. ; 1963 ; précédé d'une chronologie, d'une bibliographie et de jugements critiques, 1967, 359 p.; 1970 ; The Canadians of Old. Translated by Georgiana M. Pennée, Québec, G. & G.-E. Desbarats, 1864, 331 p. ; translated by Charles G. D. Roberts, New York, D. Appleton and Company, 1890, 287 p. ; 1897 ; 1898 ; Toronto, Hart & Company, 1891, 287 p. ; Cameron of Lochiel, Translated by Charles G. D. Roberts, Boston, L. C. Page & Company, 1905, XVII, 287 p. ; 1910 ; Seigneur d'Haberville (The Canadians of Old). A romance of the Fall of New France. Translated by Georgiana M. Pennée, Toronto, The Musson Book Company, [1929], XIV, 333 p.; Los Antiguos Canadienses. Traducción de J. L. Izquierdo Hernóndes ẽ Thomas Chandler Haliburton, El Relogero. Traducción de A. Gutierrez Castro, W. M. Jackson Inc., Buenos Aires, XIII, 370 p. Los Antiguos Canadienses, p. 1-207].

ETUDES

[ANONYME], « les Anciens Canadiens, par Philippe Aubert de Gaspé », la Minerve, 21 avril 1863, p. 1-2.

Henri-Raymond CASGRAIN, Philippe Aubert de Gaspé, Québec, Léger Brousseau, 1871, 123 p.

Verna Isobel CURRAN, « Philippe-Joseph Aubert de Gaspé : His Life and Works », Ph.D. Thesis, Toronto, University of Toronto, 1957, 299 f.

Albert DANDURAND, le Roman canadien-français, p. 70-80.

François DANIEL, Histoire des grandes familles françaises du Canada, p. 347-370.

Louis-Michel DARVEAU, Nos hommes de lettres, p. 242-250.

Narcisse DEGAGNE, «Philippe Aubert de Gaspé, étude littéraire», la Revue canadienne, 1895, p. 456-478, 524-551.

Nicole DESCHAMPS, « les Anciens Canadiens de 1860, une société de seigneurs et de va-nu-pieds», Études françaises, octobre 1965, p. 3-15.

Charles AB DER HALDEN, Études de littérature canadienne-française, p. 43-52.

David M. HAYNE et Marcel TIROL, Bibliographie critique du roman canadien-français, 1837-1900, p. 46-60.

Luc LACOURCIÈRE, «l'Enjeu des Anciens Canadiens », les Cahiers des Dix, 32 (1967), p. 223-254 ;

« le Triple Destin de Marie-Josephte Corriveau (1733-1763) », les Cahiers des Dix, 33 (1968), p. 213-242 ;

« le Destin posthume de la Corriveau », les Cahiers des Dix, 34 (1969), p. 239-271 :

« Présence de la Corriveau », les Cahiers des Dix, 38 (1973), p. 229-264 ;

« Aubert de Gaspé, Philippe-Joseph », DBC, X, p. 19-24.

Jules-Simeon LESAGE, Notes biographiques – Propos littéraires, p. 7-14.

André-Napoléon MONTPETIT, « Bibliographie. Les Anciens Canadiens », le Colonisateur, 14-24 et 28 avril 1863, p. 1.

Gérard PARIZEAU, «Deux seigneurs du Bas-Canada: Philippe Aubert de Gaspé (1786-1871) et Joseph Papineau (1752-1841) », Assurances, 1972, p. 1-29, 1974, p. 29-65 ; reproduit dans la Société canadienne-française au XIXe siècle, p. 357-380.

Damase POTVIN, « les Médecins des Mémoires et des Anciens Canadiens de Philippe Aubert de Gaspé, l'Information médicale et paramédicale, 18 mai 1954, p. 8-9.

Camille ROY, Nouveaux Essais sur la littérature canadienne, p. 1-63.

Pierre-Georges ROY, À travers les Anciens Canadiens de Philippe Aubert de Gaspé.

Norbert THIBAULT, « Études littéraires VII. Les Anciens Canadiens, par P. A. de Gaspé [...]», le Courrier du Canada, 20, 23 et 27 avril 1866.

Jules TREMBLAY, Autour du roman les Anciens Canadiens, [s.l.n.é., 1926], 36 p.

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