Collections - Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
[POÈMES ÉPARS]

de François-Réal ANGERS.

L'OEUVRE poétique de François-Réal Angers se résume à six pièces publiées dans les journaux de 1836 à 1843 et reproduites, à une exception près, dans le Répertoire national*. L'un de nos premiers romantiques (1830-1845), Angers partage les idées d'Étienne Parent et de François-Xavier Garneau sur le sort et l'avenir de la patrie. Il chante l'action et le rêve : la lutte du peuple pour la liberté, les prestiges de la légende.

Les quatre poèmes qui se rattachent au romantisme politique illustrent les hasards de l'histoire. Mis en musique par Napoléon Aubin et distribué aux abonnés du Canadien le jour de l'an 1836, le « Chant patriotique du Canada » rappelle que les descendants des vaincus de 1760 n'ont pas abdiqué leurs droits à la liberté. Unis aux fils d'Albion, ils souhaitent atteindre le but désigné par Papineau et O'Connell : l'émancipation de leur nation. Ils ne rejettent par l'éventualité d'un recours aux armes. Mais l'année suivante, quand le parti de Papineau opte pour la violence, le poème « Réconciliation » traduit les sentiments des modérés : « Attendez, l'heure n'est pas venue : la liberté n'a-t-elle qu'un chemin ? » Les événements suivent cependant leur cours et, en janvier 1838, dans « la Voix d'une ombre », Angers condamne tout à la fois le soulèvement prématuré et l'infamante répression. Cinq ans après, en ces jours heureux où, pour la première fois depuis la conquête, les Canadiens français reçoivent leur part du pouvoir exécutif, le chant « À saint Jean-Baptiste » proclame que le fait de raviver la vieille coutume de la Saint-Jean équivaut à retrouver le riche héritage français et, par la suite, à prendre place parmi les nations : « En retrouvant sa première énergie », le Canadien « pour toujours prend un nom ».

Malgré la banalité de la forme, ces poèmes ont connu un immense succès populaire qui a fait oublier « le Chant du voyageur canadien » (traduction de Thomas Moore) et « le Chien d'or », où pourtant Angers a su habilement tirer parti de la chanson, de l'épopée, du mystère et de la légende.

Jeanne d'Arc LORTIE.

OEUVRES

Chant patriotique du Canada. Hommage du petit gazetier à Messieurs les abonnés du Canadien. Le premier jour de l'An 1836. (Musique de Napoléon Aubin), [Montréal, « le Canadien », 1836, 4 p.] ; « Poésie. Chanson du Canadien », le Canadien, 8 janvier 1836, p. 1 ; « Chant patriotique du Canada », le Libéral, 17 juin 1837, p. 1 ; la Canadienne, 5 octobre 1840, p. 1 ; « l'Avenir », RN, I, 1848, p. 336-338 ; Recueil de chansons canadiennes et françaises, 1859, p. 38-39 ; la Presse, 23 juin 1885, p. 3. [« Ô Canada que tes jours étaient beaux »], le Canadien, 9 janvier 1837, p. 1 ; « Réconciliation », RN, I, 1848, p. 353-355. « Chant du voyageur canadien, traduction de la poésie de Thomas Moore », le Télégraphe, 12 avril 1837, p. 1 : dans Zéphirin CHAPELEAU [éditeur], la Nouvelle Lyre canadienne, 1858, p. 31 ; Journal de l'Instruction publique, mai 1860, p. 74 ; le Littérateur canadien, 20 juillet 1860, p. 25 ; le Défricheur, 14 février 1866, p. 1 ; le Courrier du Canada, 11 janvier 1871, p. 2 ; la Revue canadienne, août 1875, p. 584 ; la Minerve, 10 octobre 1885, p. 3 [sans titre]. « Le Canadien. Poésie », le Canadien, 3 janvier 1838, p. 1 ; « À Lord Durham », le Populaire, 13 juin 1838, p. 1 ; « la Voix d'une ombre », RN, II, 1848, p. 59-61. « Le Chien d'or. Légende canadienne. [Inédit]. 1840», RN, II, 1848, p. 134; Journal de l'Instruction publique, mai 1860, p. 73-74. [« Noble patron, dont on chôme la fête »], le Canadien, 28 juin 1843, p. 3 ; la Minerve, 30 juin 1843, p. 2 ; « À saint Jean-Baptiste », l'Artisan, 10 juillet 1843, p. 1 ; dans UN AMATEUR [pseudonyme attribué à Joseph LENOIR-ROLLAND], la Lyre canadienne, 1847, p. 84-85 [sous le titre « Chant canadien »] ; RN, II, 1848, p. 314 ; la Nouvelle Lyre canadienne, 1858, p. 58 ; Chant national. (Musique de Charles Sauvageau), Montréal, Typographie de Senécal, Daniel et compagnie, imprimeurs du « Journal de l'Instruction publique », 1859, 3 p.; Romance. Notre patron [présentée à la séance littéraire et musicale donnée au Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière par les membres de la Société Painchaud, 23 juin 1870, 1 f.] ; « Hymne à saint Jean-Baptiste », l'Opinion publique, 24 juin 1880, p. 306 ; « Chant canadien », l'Album des familles, 1er juin 1883, p. 179 ; « À saint Jean-Baptiste », la Presse, 23 juin 1885, p. 3 ; le Monde illustré, 27 juin 1885, p. 59 ; « St. John the Baptist », dans Lawrence Johnstone BURPEE, Songs of French Canada, translated into English, Toronto, The Musson Book Company Limited, 1909, p. 37-38.

ETUDES

[ANONYME], « Nécrologie », le Canadien, 30 mars 1860, p. 5.

Benjamin SULTE, « la Chanson de Moore », la Revue canadienne, août 1875, p. 580-585 ;

« la Vallée de l'Ottawa », la Revue canadienne, 3 septembre 1886, p. 1.

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